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Solo Deluxe Edition

samedi 21 décembre 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Tim Sale, Richard Corbon, Paul Pope, Howard Chaykin, Darwyn Cooke, Jordi Bernet, Michael Allred, Teddy Kristiansen, Scott Hampton, Damion Scott, Sergio Aragones & Brendan McCarthy)

Ce recueil contient les 12 numéros de la mini-série.

Avec le concours de Trevor Goring & Brian Stelfreeze concernant les dessins et Diana Schultz, Jeph Loeb, Brian Azzarello, John Arcudi, Joe Kelly, Andrew Helfer, Chuck Dixon, Laura Allred, Lee Allred, Neil Gaiman, Steven Seagle, John Hitchcock, Rob Markman, Randee Carcand, Mark Evanier, Jono Howard, Tom O’Connor et Robbie Morrison pour les scénarios.


DC a eu une année 2013 assez difficile avec beaucoup de mauvaise presse. Qu’il s’agisse de l’affrontement avec son lectorat féminin (et ses créatrices maison) ou bien du fiasco des fameuses couvertures 3D pendant l’événement Forever Evil, on ne peut pas dire que la Distinguée Concurrence brille concernant le neuvième art alors que les séries du New52 connaissent exactement les mêmes soucis de persistance que les anciennes séries.

Alors il faut une caution culturelle à DC Comics, quelqu’un ou quelque chose qui montre que, oui, DC aussi aime la bande dessinée et qu’ils ont le culot de sortir des projets hors-normes. Et cette caution culturelle porte un nom, elle s’appelle Mark Chiarello qui a une belle position dans la hiérarchie de la maison d’édition. En effet, c’est grâce à lui qu’on a pu lire Wednesday Comics avec ces bandes dessinées publiées à l’ancienne en énorme format et qu’il a aussi eu la très bonne idée d’en format un très joli bouquin à couverture cartonnée qui peut rivaliser sans problème avec les Artist’s Edition de chez DC en matière de taille et de cran. En 2007, Chiarello se lance dans un projet assez insensé : Solo. Le concept : pas bien compliqué, c’est une carte blanche à un créateur, un dessinateur de préférence et quelqu’un qui a suffisamment de succès ou de bouteille pour être "culte". Et Chiarello donne dans l’anti-Image des années 90, préférant aller voir chez des gens discrets ou bien qui ont une réputation d’auteurs indépendants. Et le verdict ? Bien entendu, c’est qu’il marche admirablement bien.

Ce qui était déjà le cas avec Tim Sale se confirme avec les autres créateurs qui peuvent faire tout ce qu’ils souhaitent (était-ce réellement le cas ? Y a-t-il eu de l’auto-censure ? Très bonne question, dommage qu’il n’y ait pas dans ce volume de supplément "dans les coulisses"). Alors si j’ai été assez hermétique (fasciné mais hermétique) aux travaux de Brendan McCarthy, placé en dernière position pour - parions-le - ne pas flinguer la série en plein vol, les autres auteurs se font plaisir et nous font plaisir. D’autant que les invités peuvent aussi bien se servir des joujous de chez DC (de Batman à OMAC en passant par Flash) que de créer des univers beaucoup plus personnels, voire même intimes. Si ça n’est pas le cas, les autres artistes iront jouer la carte du récit de genre, du comics à l’ancienne, avec une sincérité que l’on ne peut pas leur retirer : ça fout les miquettes, ça dépote avec une énergie très 60’s, ça fume et ça sent le noir qui tache, bref, de la bande dessinée américaine hors super-héros. Et DC de montrer qu’ils ne sont pas bornés à l’Amérique en donnant aussi un espace à leurs collaborateurs européens comme Jordi Bernet (assez macho) ou Teddy Kristianensen, tout en finesse et accompagné de sacrés scénaristes.

J’aurais bien aimé que Solo gagne la taille d’un Absolute mais ç’aurait été un nouveau pavé pas forcément facile à lire. Si vous voulez une expérience de lecture différente, tenter d’approcher de nouveaux créateurs dont vous ne connaissez que le nom, ce tome de Solo Deluxe est fait pour vous et si vous aimez les superbes créations visuelles, c’est tout aussi pareil.

Un très bon bouquin donc.

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