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Batgirl Vol.1 : The Darkest Reflection

mardi 17 décembre 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Gail Simone / Ardian Syaf & Vicente Cifuentes)

Lu en numérique.

Ce volume contient les numéros 1 à 6 de la série régulière New52.


Barbara Gordon s’est fait tirer dessus par le Joker ce qui a provoqué une paralysie du bas du corps et un passage dans un fauteuil roulant. Mais ce passage est enfin arrivé à son terme. Grâce à la chirurgie actuelle, la fille du commissaire a eu la chance de pouvoir retrouver l’usage de ses jambes. Et bien entendu, après quelques moments de rééducation, elle a fait ce qui semblait être logique : reprendre le costume de la chauve-souris et redevenir Batgirl. Et ses liens avec son père ont parfois du bon puisqu’elle réussit à découvrir un gang de jeunes criminels dorés qui préfèrent séquestrer des familles innocentes plutôt que de les plumer par des voies plus légales. Barbara s’en donne donc à coeur joie. Et si la jeune femme sent qu’elle peut à nouveau vivre indépendamment (avec une colocataire - finances obligent), elle va se rendre que la vie est toujours aussi compliquée avec ou sans le masque. Avec : c’est le vilain Mirror qui attaque les survivants de catastrophe. Batgirl se trouve sur son chemin mais bloque quand il la menace, provoquant sans le vouloir la mort d’un officier de police et la haine de son co-équipier. Sans : surprise ! C’est sa maman qui l’a abandonnée il y a un bon nombre d’années qui refait surface. Et elle est du genre assez envahissante.

Comment pourrir un concept en quelques leçons ? On reprend le personnage original, on lui redonne son identité première, on garde une histoire iconique afin de continuer à vendre le bouquin (Killing Joke d’Alan Moore et Brian Bolland - décidément, DC n’aura de cesse de piller ce que le scénariste anglais lui aura fourni) et on efface tout le reste, même si les autres Batgirl ou le personnage d’Oracle étaient des choses intéressantes dans le Batverse. Ainsi Gail Simone garde le côté jeune femme maline et étant prête à en découdre avec les gros vilains tout en raccrochant ça à l’évolution logique du personnage une fois qu’elle a guéri. C’est plutôt bien pensé : la super-héroïne est sur le retour et pas tout à fait à son maximum au niveau self-control ce qui va déclencher quelques incidents qui auront le bon goût de devenir des fils rouges de série. Pour de nouveaux lecteurs, je pense que ça doit bien fonctionner et que le personnage a de la fraîcheur. En ce qui me concerne, je ne peux ôter Oracle de ma mémoire et voir Barbara aussi inexpérimentée me trouble beaucoup. Simone aidant, il y a des choses qui fonctionnent très bien à commencer par le duo de colocataires. Cette partie d’intrigue ne fait que commencer mais les scènes de vie sans costume sont très réussies. Ceci étant le personnage de la mère est assez pénible et on voit clairement qu’elle a quelque chose à cacher. En tout cas, c’est ce que Simone veut nous faire comprendre et c’est tout de même assez peu finaud. Les vilains sont à peu près du même calibre. Le premier est typique du revanchard costaud et le second (ou la seconde) n’offre pas une grande originalité outre son concept de départ.

Il faut dire aussi que les dessins n’aident pas vraiment l’intégration du personnage de la maman. Rouquine comme Barbara, elle devient un portrait presque craché de l’héroïne. Sur le coup, la paire Ardian Syaf et Vicente Fuentes (déjà rencontrée sur Brightest Day ou Flashpoint) ne différencie pas suffisamment les personnages. Elles pourraient être plus soeurs que mère et fille et le contraste avec Jim Gordon est particulièrement flagrant. Est-ce pour en faire une nouvelle meilleure amie de Barbara et reconstruire un trio "ordinaire" qui rappellerait celui de Birds of Prey ? Doit-elle avoir un âge précis pour rendre ses ennuis crédibles (car elle va certainement arriver avec un joli bagage d’embrouilles) ? Au final, je trouve que ça montre les limites soit des artistes soit des indications qu’on leur a données.
Pour le reste, je n’aime pas trop ce que les artistes ont produit. Là encore les indications qu’ils suivent certainement donnent une ambiance noire, pluvieuse, très connotée années 90, violence et dépression au programme. De quoi ne pas coller absolument avec le personnage qui, comble de l’histoire, est plutôt dans une phase qui devrait respirer la joie. La mise en scène est bonne mais la réalisation des cases, surtout des personnages en civil, laisse grandement à désirer.

La lecture de The Darkest Reflection (miam, quel titre accrocheur !) ne m’a pas rebuté mais ne m’a pas emballé non plus. Je me suis procuré ce volume en numérique à prix cassé et je ne suivrais la série qu’à ce prix-là.