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Incredible Hulk #331-341

jeudi 5 décembre 2013, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Peter David / Todd McFarlane & John Ridgway)

Lu en VF : Hulk, l’intégrale 1987-1988.

Le docteur Bruce Banner a bien entendu des soucis. Il faut dire que depuis son accident avec la bombe Gamma qui a provoqué une transformation en Hulk à chaque moment de colère, c’est un peu inscrit dans ses gènes. Mais pour le coup, le Hulk vert qui terrorise les alentours, c’est en réalité Rick Jones, jeune homme ayant aussi son histoire avec la fameuse bombe. Voilà pourquoi Banner au sein de la base Gamma, accompagné par sa femme, le Doc Samson - lui aussi Gamma irradié et les Hulkbusters cherchent un moyen de neutraliser le géant de jade tout en essayant de sauver son alter-ego humain. Mais si Banner et Samson ont des intentions nobles, il n’en est pas de même des Hulkbusters ni même des décisionnaires du SHIELD derrière le fonctionnement de la base Gamma.

A l’époque, Peter David est un "jeune" auteur chez Marvel. Il a fait partie de l’équipe éditoriale sur Marvel Age et a écrit quelques numéros d’une série appelée Mark Hazzard : Merc (tirée du New Universe) ainsi que de Spectacular Spider-Man. Alors qu’Al Milgrom quitte la série et l’écriture de comics, c’est David qui reprend le flambeau faute de volontaires tandis que les autres scénaristes cherchent plus à écrire du mutant ou de héros tisseur de toile. Comme le dit l’auteur dans son introduction à ce tome (traduction d’un intro d’un des volumes Hulk Visionnaries), il n’est pas très friand des "Hulk Smash !" et préfère les dialogues un peu plus poussé. Du coup, que fait-il ? Il rapporte le Hulk gris des origines tout en lui donnant une personnalité plus poussée que sa version verte et destructrice. Un trait qui restera d’ailleurs assez frappant pendant une bonne partie du run de Peter David. Il reste donc à l’auteur de repartir sur les bases qu’on lui a données et de faire avec tout en plaçant ses propres intrigues.
Si vous cherchez du Peter David de haute volée comme on peut le lire dans X-Factor, attendez-vous à une légère déception. Bien entendu, c’est à une auteur moins expérimenté auquel on a à faire. Ceci étant, il réussit à mettre en place pas mal de choses, notamment l’avancée du Leader, un des vilains de l’univers Hulkesque qui, si je ne m’abuse, aura le loisir d’exister jusqu’à Future Imperfect, l’un des sommets du run de Peter David. Il y a des personnages diversifiés, des têtes brûlées, d’autres qui cherchent la rédemption, des naïfs (Doc Samson en tient une sacrée couche) et d’autres en pleine désillusion nettement plus tragique (la pauvre Betty en prend pour son grade). Quelques vannes passent mais j’avoue qu’elles m’ont moins touchées que d’habitude. Il faut dire aussi que la VF n’est peut-être pas le meilleur moyen d’apprécier les dialogues de David.

Aux dessins, un jeunot aussi puisqu’il s’agit de Todd McFarlane qui bosse chez Marvel depuis deux ans. Après des mini-récits dans la série anthologique Coyote puis la série Infinity Inc. On a droit dans ces numéros à presque la totalité de son run puisqu’il s’en ira sur Amazing Spider-Man avec le succès qu’on lui connaît après le numéro 346 (où Erik Larsen officie également). C’est peut-être l’âge qui me fait dire ça mais les dessins de McFarlane ont du mal à passer. Surtout pour les personnages humains. Mais c’est plus une question de goût qu’une question de savoir-faire. J’adore son Hulk qui est massif, terrifiant mais aussi en adéquation avec l’histoire. Tout comme Banner qui est un binoclard chétif à qui l’on donnerait des baffes. Il faut aussi dire que deux points assombrissent le graphisme du bouquin. Il y a tout d’abord les pages en papier glacé qui ne permettent pas aux couleurs de s’exprimer comme elles pouvaient le faire sur le papier bon marché de l’époque. Et toujours au niveau des couleurs, il y a cette manie d’utiliser du bleu et du blanc pour rendre l’effet des verres de lunettes. Ca peut paraître un détail mais cela m’a souvent gêné dans la lecture. L’effet est d’un mauvais goût assez prononcé. Un signe des temps où la colorisation n’était pas aussi évoluée que maintenant.

Au final, j’ai été un peu déçu par ce volume de Hulk. On sent les bonnes idées mais on ne voit pas vraiment où tout cela va nous mener et ça marque d’une certaine décompression du récit plus feuilletonnant que construit en arcs mieux définis. Et puis la VF m’a aussi beaucoup gêné. D’après ce que j’ai compris, les volumes Intégrale en VF ne sont pas allés au bout du run de Peter David mais il faut dire que les volumes Visionaries en VO se sont contentés de publier le run jusqu’au numéro 396, c’est à dire presque jusqu’à la fin de participation de Dale Keown, laissant plus de 70 numéros non compilés.


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En VO : (le premier Visionaries va du 331 au 339 avec la réimpression du numéro 77 du second volume datant de 2000 - technique !)

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En VF :