Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Autres éditeurs > Fox Bunny Funny

Fox Bunny Funny

mardi 19 novembre 2013, par Mathieu Doublet

(Top Shelf / Andy Hartzell)

Lu en version numérique.


Dans la vie, c’est pas compliqué : soit on est loup, soit on est lapin. Forcément, quand on est loup, la vie est plus simple puisqu’on est le prédateur, fort, musclé, dominant sans personne pour nous bousculer, si ce ne sont d’autres loups encore plus forts. Mais au moins on ne se fait pas manger. Mais que se passerait-il si un jour un jeune loup ne voyait pas les choses de la même façon, ne se voyait pas en chasseur terrible, appréciait les créatures à longues oreilles pour leur joie de vivre et leurs moeurs différentes ?

C’est la question que nous propose Andy Hartzell (qui bosse actuellement pour la boîte de jeux vidéos Telltale) avec une transposition complètement transparente de notre société dans celle des loups. Si Fox Bunny Funny ajoute un rapport de mangeur à mangé dans son histoire qui n’existe pas dans notre monde, le parallèle avec des histoires parlant du racisme, de la religion ou de l’homosexualité est évident. Avec un héros qui lutte de toute ses forces contre un système qui le formate de toutes parts, des échanges entre voisins jusqu’aux oeuvres culturelles qui lui sont destinées, il semble n’y avoir rien à faire. D’autant que des stages de remise en forme lupine existent. Hartzell fonde son histoire en trois arcs classiques ce qui lui donne une belle solidité. Quant à la fin, suivant l’angle selon laquelle on la prend, elle peut autant prendre l’allure d’un happy end que d’une horreur sans nom montrant qu’un camp n’est nullement meilleur qu’un autre. Pour ajouter à l’universalité du propos, Fox Bunny Funny est absolument sans parole, ni aucun mot, les affichages faisant appel à des alphabets imaginaires.

Chaque planche de Fox Bunny Funny est découpé en six cases quasi-invariablement si ce n’est pour laisser la place à des splash-pages qui montrent aussi bien le côté percutant d’une action que la possibilité d’en mettre plein la vue au lecteur à travers un amoncellement de détails. Le trait d’Andy Hartzell est classique, plutôt à ranger dans une famille cartoon "funny animals" et uniquement en noir & blanc. Du coup, sans avoir de lecture de texte, le rythme est soutenu et les 100 pages du bouquin se dévorent d’une traite.

Très joli exercice de style qui laisse pas mal de questions en suspens sur le héros et l’univers dans lequel il vit, nouvel exemple de la bande dessinée engagée sur le thème de l’égalité et de l’identité, Fox Bunny Funny est une lecture qui ne devrait pas vous décevoir.


Pour acheter ce livre :

En VO : (mais comme je vous le disais la langue n’a aucune importance dans ce livre)

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0