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Mondo #1-3

dimanche 17 novembre 2013, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Ted McKeever)

Quand un petit adulte maigrichon souffre-douleur de ces autres collègues travaille dans une entreprise nucléaire dont la
principale activité est de créer des poulets XXXXL pour pas cher, que peut-il se passer ? Un accident ? Oui, le pauvre Catfish Mandu
se trouve happé par la machine à transformer les poulets après que l’un d’entre eux, moins mort que prévu, le fait sursauter.
Mandu perd son bras gauche mais devient alors Mondo, version bodybuildée de lui-même à la couleur jaune d’oeuf. Et pendant ce temps, une jeune
fille cherche l’âme soeur. Non pas un raté comme elle en rencontre tant. Son type à elle, ce serait plutôt le style gorille super musclé.

Mais qu’est-ce qui a pris Ted McKeever (Meta 4) et le label Shadowline pour publier Mondo ? Ont-ils lu coup sur coup et la série Chew et le Coqman et Poussin
de Cyrille Munaro ? Peut-être. Je vous le dis franco, il n’y a strictement rien à comprendre dans Mondo. L’histoire est linéaire, consiste en la transformation d’un personnage tout maigre
en une montagne de muscles qui n’agira pas vraiment sur les événements et continuera à les subir malgré sa modification (a priori) positive dans un cadre où les présentateurs de télévision
pètent les plombs et où le contexte politique est forcément véreux. Ce dernier est une poule dès le début de l’histoire (il ne s’exprime que par le biais de "B’gok !" particulièrement bien placés)
et ça n’est pas l’oeuf qu’il ingérera qui améliorera sa condition malgré une conscience passagère plus élevée. Le personnage de la jeune fille est aussi rock’n’roll que le reste, bien décidée
à se trouver un homme, avec un caractère en acier à l’instar du flingue qu’elle planque à un endroit que je vous laisserai découvrir.
Pour vous allécher un peu plus, je vous annoncerai qu’on y parle aussi de satellite spatial venant d’Uranus (jeu de mots amplement utilisé) se jetant sur Terre et de pieuvre géante menaçant la plage de Venice Beach.

Et pourtant, croyez-le ou non, j’ai énormément apprécié. Il faut dire qu’un déclic s’est fait depuis que j’ai lu son Enginehead chez DC Comics et que
son style graphique est maintenant séduisant à mes yeux. Mondo n’échappe pas à la règle : on a des personnages uniques, déformés, au fort potentiel comique,
permettant de prendre des distances par rapport à une histoire très noire (d’ailleurs publiée en noir & blanc comme souvent chez l’artiste). La mise en page est elle aussi puissante avec
de grandes cases qui font leur effet. Sachant que McKeever n’a pas d’histoire à faire avancer, il va pouvoir se concentrer sur ses personnages et les décors en se payant quelques splash-pages
ou d’autres gags que l’on pourrait apparenter à du Tex Avery sous acide.

Bien qu’il n’y ait pas d’histoire au sens classique du terme, Mondo reste une histoire joyeuse à l’instar du sourire béat qui est figé sur le visage du héros-titre. En faisant du grand n’importe quoi, en
alignant les passages à la limite de l’hystérie et en laissant le destin se charger des plus grands moments de l’histoire avec tout le cynisme nécessaire, Ted McKeever signe un bouquin joli et divertissant.


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