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The Bean Vol. 1-3

samedi 9 novembre 2013, par Mathieu Doublet

(Bean Leaf Press / Travis Henson)

Bean est un jeune garçon qui travaille dans l’auberge "La dague d’argent" dirigée par l’ogre irascible Gort.
Etre le garçon à tout faire n’est pas chose facile mais il le fait sans trop rechigner, essayant toutefois d’écouter
ce que les clients racontent afin de peut-être en savoir plus sur ses parents qu’il n’a jamais connus. Avec Ravna la serveuse
humaine et Groggle l’ogre cuisinier, ils forment comme une petite famille. Les choses tournent au vinaigre quand Groggle envoie
Bean chercher quelques champignons et baies dorées. C’est en pénétrant dans la forêt que le garçon se fait capturer par une mystérieuse
silhouette. Il va apprendre qu’il a une destinée et que s’il veut survivre, il a intérêt à suivre les consignes de son ravisseur.

J’ai découvert la série The Bean de Travis Henson grâce à un projet Kickstarter
alors que la série avait déjà une vie propre. Les projets permettent simplement au webcomics (disponible gratuitement ici)
de passer à la version papier. Tiré d’un roman qu’il a co-écrit avec Aimee Duncan, The Bean est donc une bande dessinée d’heroic-fantasy dans la plus pure tradition.
On y trouvera un jeune héros à la grande destinée, capable de changer tout l’univers qu’il a autour de lui suivant ses choix ; le combat du bien et du mal ; des créatures
magiques ; des factions dont l’intérêt géopolitique les amène soit à coopérer soit à se battre et bien entendu, pas mal de machinations se déroulant dans des alcôves secrètes.
Du classique donc, que Hanson va tout faire pour passer à l’image avec un soin particulier. Car si l’histoire avance assez lentement (le premier volume présente les personnages et
que les deuxième et troisième lancent la grande action et font se rencontrer les principaux protagonistes), il y a vraiment un sacré travail sur l’ambiance, que ce soit dans
les lieux que nous traversons ou bien les personnages que nous rencontrons. Il y a une richesse dans l’univers de Darkleaf qui permet à The Bean d’être plus qu’une énième bande dessinée
de bastons entre humains, gobelins, elfes, dragons et ogres.

Une richesse que l’on va retrouver dans les graphismes. Publié en noir & blanc, c’est un euphémisme de dire que le graphisme de Travis Hanson est détaillé. Dès qu’un décor apparaît,
c’est la petite claque devant les yeux du lecteur. Que ce soit une forêt, une grotte ou bien un auberge, il y a un soin du détail qui force le respect et qui, comme je le disais, donne
de l’épaisseur au récit. On sent l’amour que porte l’auteur à son histoire et rien ne pourrait être plus convaincant. Avec un encrage qui permet de lire facilement les planches malgré cette
avalanche de détails (les personnages sont bien détourés et on les reconnaît facilement), les pages de The Bean se dévorent sans faire d’effort. L’artiste fait aussi preuve d’une conception sans
faille concernant ses personnages. Bean est un jeune homme véritablement innocent ; les ogres sont terrifiants mais demeurent sympathiques et Thaddeus (un dragon un peu particulier) a toutes les mimiques
nécessaires pour en faire un personnage attachant dont il faut tout de même se méfier. Les personnages féminins ne sont pas en reste mais sont à cent mille lieues des clichés habituels du genre. Ne comptez
pas vous rincer l’oeil sur le bikini d’une sosie de Red Sonja, il n’y en a pas.

The Bean est donc une série à suivre pour peu que vous puissiez vous laisser emporter dans un univers riche et que vous ne cherchiez pas la fin de l’histoire à tout prix. On est dans
la grande famille de l’heroic fantasy à la Donjons & Dragons et autres Seigneur des Anneaux, ce qui implique une longue, très longue saga. Espérons entre temps qu’Hanson déclenche le lancement du projet pour que
quatrième volume de la série.


Pour acheter ces livres :

Le premier volume est disponible chez Amazon.com :

Pour le reste, autant aller sur le magasin de l’auteur.
(Sachant qu’il y a une version numérique très bon marché pour les deux premiers volumes.)