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The Adventures of Augusta Wind #1-5

samedi 26 octobre 2013, par Mathieu Doublet

(IDW / J.M. DeMatteis / Vassilis Gogtzilas)

Augusta Webster est l’aînée d’une famille de trois. Elle aime à raconter des histoires à sa petite soeur et son
petite frère comme celle où elle arrive du ciel avec son parapluie et tombe amoureux de la famille, tellement qu’elle
s’y intègre. Mais le petit frère a vite fait de lui montrer des photos où elle est dans le ventre de leur mère et de
lui répondre que son histoire, c’est du grand n’importe quoi. Il faut dire qu’Augusta a des soucis, qu’elle voit des
créatures étranges aux fenêtres que personne d’autre ne voit. Alors quand elle rend visite du Doctor Warden, qu’elle voit
à nouveau ce serpin (serpent lapin) et qu’elle le suit, pourquoi le psychiatre se transforme-t-il en monstre géant ? Peut-être
est-elle Augusta Wind, jeune fille habitant dans le Castle Zero, dans le pays de Nowhere.

J.M. DeMatteis (JLI, Brooklyn Dreams, Life & Time of Savior 28 et plein d’autres choses (résultats de
la recherche sur son nom
). Avec Augusta Wind, il reprend
son obsession de l’histoire et de la conception de la réalité. En mélangeant pas mal d’histoires connues, à commencer par des soupçons
de Mary Poppins ou de Peter Pan, il dépeindra tout un univers histoire de son microcosme à son macrocosme, on touche alors à des éléments
qui rappellent les productions de Grant Morrison ou de Neil Gaiman, période Sandman. Les cinq numéros se lisent bien même j’avoue qu’il a
fallu que je reste bien concentré (les textes clairs sur des fonds translucides n’aident pas vraiment). L’histoire est celle d’une jeune fille
"messie" qui devra combattre un vilain pour le bien-être de l’univers. Du classique donc dans un emballage complexe, confus même, qui laisse un
goût certes agréable après la lecture mais dont on sent qu’on n’a pas tout à fait intégré. Alors oui, le fond de l’histoire est justement cette
ambiance féerique, éthérée, sans prise sur la réalité et qui ne demande pas de compréhension véritable, mais quand la forme s’y allie, j’ai toujours
le sentiment que cela permet surtout au scénariste de ne pas être aussi carré que nécessaire.

D’autant que pour les dessins, on a à faire à du bon mais du complexe. C’est Vassilis Gogtzilas qui se charge de la mise en image (Mister Universe,
Misery City, ...) en laissant les couleurs au soin de Carlos Badilla (sauf très probablement pour les cases peintes qui sont disséminées de ci de là).
Le trait de Gogtzilas sur Augusta Wind se rapproche de ce que pourrait faire un Sam Kieth sur lequel on aurait passé un coup de papier de verre. On retrouve les
mêmes cases déformées, largement délimitées par des larges coups de pinceau ; des monstres à la fois très effrayants, très dangereux mais visuellement sympathiques
et des personnages qui défient les lois de la proportion. Ajoutez à cela que le fond de l’histoire mélange réalité et onirisme et on pensera un peu à The Maxx.
Alors le style de l’artiste grec ne conviendra peut-être pas à tout le monde parce qu’il est assez sec, dur, nerveux, mais de mon côté, la pilule passe bien et la
confusion ne m’a jamais parue venir des images.

Au final, le sentiment général est plutôt bon, mais j’avoue aussi que The Adventures of Augusta Wind fait partie de ces récits qui gagneraient à être plus clairs ou
moins volontairement flous pour devenir des lectures que l’on pourrait conseiller à tout le monde. Bien entendu, malgré son thème jeunesse, il s’adresse quand même à
des lecteurs ados / adultes.


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