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51 Serif St.

mardi 24 septembre 2013, par Mathieu Doublet

(Autopublié / Horatiu Radoiu)

(Note : la couverture n’est pas celle de la version papier mais celle proposée par Comixology.)


Ivan Rosdower est un arnaqueur, du genre criminel qui s’est quand même fait chopper et mettre en prison. Sauf qu’Ivan pense toujours être plus malin que les autres alors quand il entre dans la maison se situant 51 rue Serif, il ne rend pas tout à fait compte de la gravité de la situation. Malgré le malaise qui l’a pris aux tripes en passant les portes de ce bâtiment de réhabilitation des prisonniers, il compte toujours être le plus malin et trouver une sortie à ce traquenard dans les plus brefs délais. Mais une fois rentré à 51 Serif street, il n’est pas sûr de pouvoir en sortir.

Projet Kickstarter ayant bien fonctionné, 51 Serif St est un récit glauque avec des ambiances à la limite de l’horreur. On est dans le cadre d’une lutte psychologique assez rude qui n’est pas sans rappeler l’ambiance de Silent Hill sans les monstres qui vous courent après. D’ailleurs, l’histoire d’Horatiu Radoiu est un huis clos dont la maison est un personnage à part entière. Pourtant, on ne le verra quasiment pas, n’étant présente que par les commentaires du personnage principal qui ressent l’étau se resserrer sur lui. L’histoire d’amour qui se développe est à l’image du bouquin : étrange, relevant de l’obsession et pas saine pour deux sous. Le twist est un peu plus trouble avec l’arrivée de personnages dont l’identité n’est pas bien cernée et le final est d’une logique implacable par rapport à ce genre de récit, forcément très cynique.

Si Horatiu Radoiu compose la totalité de son livre, autant dire que la partie graphique est finalement la plus faible après avoir certainement été le moteur de la participation au projet. Dès le début on pense à un graphiste, Dave McKean. On pourrait aussi penser à des gens comme Ben Templesmith ou Ashley Wood ou plus proche, Metron3. Radoiu partage avec tous ces artistes, une pratique d’une noirceur certaine qui travaille le contraste de ses personnages et évite d’avoir à trop se pencher sur les décors. La noirceur quasi-totale fonctionne parfaitement bien puisqu’elle ajoute encore plus de pression par rapport à cette maison (maudite ?). Ceci étant en travaillant sur une espèce de photo-montage étrange (on voit les dents des personnages comme sur une radiographie), Radoiu se repose sur un gimmick sympathique mais limité. Avec des cadrages de visages qui ne montrent parfois pas la tête entière et des designs de protagonistes pas suffisamment travaillés, je me suis senti complètement perdu au moment de la révélation du bouquin où trois personnages doivent se partager le sort du pauvre anti-héros. Si je mise sur une présentation du Dieu, du Diable et d’une troisième force, c’est loin, très loin d’être clair.

Avec un texte bourré de coquilles, 51 Serif Street est une histoire fascinante mais qui risque d’en rebuter plus d’un. Habituellement, je suis souvent agacé par cette utilisation des images peu lisibles mais pour cette fois, j’ai été happé par l’ambiance et par le texte. Un bouquin qui a une personnalité mais loin d’être parfait.


Le site de l’auteur : http://www.51serif.com/ (où vous trouverez des choses nettement plus lisibles)

Vous pouvez vous procurer le livre en numérique sur Comixology,

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