Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Dark Horse > The Strain #1-11

The Strain #1-11

jeudi 29 août 2013, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Guillermo Del Toro, Chuck Hogan & David Lapham / Mike Huddleston)


Ephraim Goodweather joue au jeu vidéo avec son fils. Ce qui pourrait être une occupation banale ne l’est pas pour cet expert du C.D.C., la division fédérale s’occupant du contrôle des maladies infectieuses et autres contagions. En effet, après une période d’alcoolisme, Ephraim est divorcé et n’a plus que les week-ends pour profiter de son fiston. Voilà pourquoi l’annonce d’une quarantaine à l’aéroport JFK ne l’enchante vraiment pas du tout. D’autant que cette catastrophe se révèle des plus étranges. Aucune communication, aucun signe de vie, c’est à se demander comment l’avion a pu se poser, voire même comment l’un des verrous se débloque seul. A bord, il semble que tous les passagers sont morts, d’une mort paisible, sans aucune panique. En fait, il y a quatre survivants : un leader de groupe gothique, un père de famille stressé, une petite fille et le pilote de l’avion qui ne se souvient absolument pas de ce qu’il s’est passé. Alors que d’étranges coups de fils sont passés, il y a quelqu’un qui en sait plus que les autres, qui est au courant de l’origine d’un cercueil monté dans l’avion de manière illégale. Et la tragédie de l’aéroport lui rappelle les anciens contes que sa mère lui racontait alors qu’il mangeait sa soupe. Si le Sardu est bel et bien à New York, il ne lui faudra pas longtemps pour contaminer toute la planète.

Au départ, The Strain est une trilogie de romans écrits par Guillermo Del Toro et Chuck Hogan. David Lapham adapte le premier roman dans cette mini-série en 11 parties. J’avoue avoir mis bien du temps à me décider à lire cette mini-série et finalement, j’ai bien fait de lire le tout d’une traite. Car d’un numéro à un autre, il ne se passe pas forcément beaucoup de choses très importantes. Le premier numéro seul est d’ailleurs assez léger n’étant qu’une introduction (et encore sans montrer tous les grands personnages de l’intrigue). Par la suite, l’intrigue se déroule parfaitement même si, comme dans tout récit horrifique, on trouvera toujours un point ou deux par lequel les auteurs, dans un souci de réalisme, aurait pu passer. Ceci étant, 416 pages de roman (en format poche) ne peuvent pas être fidèlement retranscrites en comic-book, serait-ce en onze numéros. On assiste alors à la propagation de la maladie avec une conspiration bien sentie pour empêcher les héros d’arriver à leurs fins. Heureusement, Lapham ne se concentre pas sur l’incrédulité des scientifiques qui acceptent bien vite le fait que l’épidémie, tenant autant du vampirisme que du phénomène zombie, existe.
S’il y un souci à The Strain, c’est que malgré sa longueur, on ne peut pas vraiment se satisfaire de sa conclusion. Il faut lire The Fall (qui démarre le mois où j’écris ces lignes) et vues les ventes très légères de la première mini-série, on peut se demander comment Dark Horse peut se permettre de publier encore 22 numéros à ce prix. A moins que les deux prochains volumes passent en mini-série, ce qui n’est pour l’instant pas le cas de The Fall.

Si je ne suis pas un fan inconditionnel de David Lapham, je le suis en ce qui concerne le travail de Mike Huddleston (Sarcophage, Deep Sleeper, et plus récemment Butcher Baker etThe Homeland Directive). Contrairement à ses deux derniers boulots qui lui permettaient d’expérimenter plus librement son art. Avec une adaptation de romans qui doit plaire à des lecteurs différents de comics, Huddleston se contrôle, dirais-je. Il y a moins d’explosion colorées (ou alors si mais en rouge) et la mise en page est nettement plus sage. Pour le reste, c’est le grand plaisir de retrouver des personnages séduisants, cet art du trait à la fois très épais et très rond qui permet aussi d’avoir des monstres tentaculaires très effrayants. Le dessinateur sait amener les détails quand ils se font nécessaire et évoquer parfaitement des situations avec une économie de traits. Certes, il y a parfois le syndrome qui visage crispé à la petite pupille et la bouche grande ouverte mais en général, le travail d’Huddleston est remarquable.

The Strain est donc destiné à la fois aux fans du dessinateur qui seront heureux de le retrouver, aux fans des romans (qui ont une belle adaptation même si certains personnages voient leur rôle sabré) ainsi qu’aux optimistes qui pensent avoir une chance de lire la totalité de la saga en bandes dessinées. Pour ma part, je me limiterai aux recueils pour les nouvelles sagas ou à d’éventuelles promotions numériques ce qui arrive aussi chez Dark Horse sur son propre magasin virtuel.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com : (Compte-tenu du nombre de pages, il doit y avoir la totalité de la saga dans ces deux recueils.)

Sur Amazon.fr :

En VF : (Seul le tome 1 est paru pour l’instant chez Panini.)

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0