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Sex #1-12

lundi 18 août 2014, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Joe Casey / Piotr Kowalski)


Simon Cooke est un ancien super-héros. Il décide de raccrocher son costume d’Armored Saint et de revenir à la tête de la Cooke Company. Niveau business, ses partenaires sont heureux de le revoir surtout s’il se décide à être aussi concentré sur les affaires qu’il le promet. Or, après la perte d’un être cher qui connaissait sa double identité et l’aidait dans sa tâche, on peut dire que Simon Cooke est tout sauf concentré. Absent, la tête de six pieds de long, il y a visiblement quelque chose qui le trouble. N’y aurait-il quelque part dans la tête de Simon Cooke quelques verrous à faire sauter ? Et si le super-héros devait apprendre à avoir une vie sociale (et sexuelle) après avoir vécu une vie monacale pendant presque toute son existence ?

Voilà le concept de Joe Casey. Dans son courrier des lecteurs (toujours provocateur), il dit aimer les comics, et même les comics de super-héros, mais ne pas apprécier ce qu’en font les deux grands. Il cherche à créer du comics fusion, comprendre par là, de la bande dessinée sans frontière cherchant aussi bien du côté des Américains que des Japonais ou de la BD européenne. Sex est assez représentatif de ce que Casey veut faire : on a à la fois un cadre très super-héroïque, mais aussi un récit lent qui se base sur son héros et ses démons intérieurs. Bref, plus à classer au rayon drame qu’au rayon action.
En fait, si on lit avec un peu de recul les quatre numéros de Sex (qui ne forment pas a priori un arc complet), on voit que c’est l’histoire d’un Batman puceau et que son job de super-héros l’a empêché d’avoir des relations sexuelles, d’apprécier une bonne murge de temps en temps ou même de s’amuser. Qu’en serait-il donc s’il devait arrêter ce passe-temps prenant ? On peut du coup anticiper l’identité de la mystérieuse Quinn et voir que le pauvre simili Batman n’a pas coupé le cordon.

Qui dit Batman va forcément dire Joker et Robin. Le premier est transformé en Old Man, un chef de la pègre qui est à l’exact opposé de Simon Cooke et le side-kick n’a pas encore rejoint un super-héros mais s’est entraîné pour être de tous les bons coups, fussent-ils illégaux doit gérer l’absence de son mentor alors qu’il garde les mêmes idéaux. Dans les parallèles, on retrouve bien entendu Catwoman qui prend ici les traits d’une mère maquerelle ou bien les incarnations du Riddler ou du Calculator (et là, on plonge dans les abysses des super-vilains de chez DC). On se doute bien que, quand tous les masques seront tombés, cela va causer du souci à notre héros.
Des concepts intéressants pour qui aime les super-héros et les réalités alternatives. Cependant, je dois avouer quelque chose : si Casey permet au lecteur de cogiter sur son passe-temps favori, il le fait de bien mauvaise manière. La lecture des deux premiers numéros a été tout simplement ennuyeuse. Il faut dire que le ton taciturne du personnage principal ne permet ni de s’identifier à lui, ni même de le trouver sympathique. Sachant que les autres personnages sont des opposés tout aussi extrêmes, on ne peut pas trouver de personnages auxquels adhérer facilement. Sachant que comme d’habitude, le comic-book est très bavard (sans pour autant apporter beaucoup d’informations), ça n’a pas été facile. Les deux numéros suivants sont plus faciles à suivre, une fois le concept de la série intégré.

C’est Piotr Kowalski qui dessine la série. Chez les Américains, il a déjà signé Malignant Man pour Boom ! mais a aussi bossé pour des éditeurs français sur des titres comme Urban Vampires (Vents D’Ouest-Glenat), La branche Lincoln (Le Lombard), ou Dracula l’Immortel (Casterman). On va donc retrouver un style graphique qui va plutôt chercher du côté des européens, comme une ligne claire sur laquelle le travail des ombres et des contrastes aurait été plus poussé. Beaucoup de détails dans des planches dont la mise en page est très claire mais qui souffrent d’une colorisation absolument hideuse. Brad Simpson utilise une palette très limitée de couleurs pour chaque case et quand il utilise des couleurs flashys, c’est le bazar très rapidement.
Ajoutons à cela que le lettrage de Rus Wooton est très fin et vous demandera de la concentration, d’autant que certains mots habituellement en gras dans les comics sont ici surlignés. De mon côté, je trouve ça absolument hideux. Alors essayer des trucs, c’est bien mais rendre une copie attrayante, ça n’est pas mal non plus.

Sex possède aussi son lot de scènes très explicites qui le réserve aux lecteurs adultes mais globalement, je trouve la série vraiment ennuyeuse. Je continuerai à prendre la série jusqu’à la fin du premier arc et lirai peut-être la suite sous forme de recueils.


Mise à jour après la lecture des douze premiers numéros : Avec Casey, il faut toujours relire les comics, surtout si vous y avez fait une allergie, comme ça a été mon cas. C’était déjà ce que j’avais ressenti avec Automatic Kafka que j’avais plus apprécié à la relecture.

Pour Sex, c’est grosso modo la même chose : j’ai préféré la seconde lecture à la première. Peut-être parce que je savais à quoi m’attendre, peut-être parce qu’avec douze numéros, il y avait plus de matière. Ceci étant, en douze numéros, on devrait avoir de quoi avancer dans l’histoire et finalement, non. Il faut dire qu’avec des recueils contenant huit numéros (le premier recueil est aussi disponible en français), la décompression est encore plus présente.

Du coup, on ne sait absolument pas ce que cherchent les personnages. Il y a des mini-rebondissements mais rien de bien passionnant. Tout juste est-il sympathique de NE PAS voir Armored Saint autre que par son dos ou ses bras, de s’apercevoir que en étant super-héros ou civil, il agit en parfait connard ou de voir que Shadow Lynx s’est éclaté les yeux à force de porter son masque tout le temps. Des idées ponctuelles qui montrent que Casey est tout à fait capable d’avoir de bonnes idées. Le sexe est présenté comme une dépravation dont Armored Saint ignorait tout et surtout condamne. Bien entendu, vu que c’est le titre de la série, Casey va en user et en abuser (les méthodes de Old Man pour éliminer ses ennemis sont franchement particulières).

Si Sex m’a moins déplu, je ne suis pas convaincu par la série malgré ses quelques bonnes idées. Je suivrai si jamais je trouve le reste de la série d’occasion.

3 Messages de forum

  • Sex #1-4 31 août 2013 23:45, par Franck from Mars

    Et bien, ce n’est pas très engageant. J’adore Joe Casey et je trouvais le dessin plutôt plaisant (hormis la couleur) en lisant les previews, mais, là, tu me refroidis. C’est marrant, j’ai l’air d’être le seul à trouver la colo abominable sur le forum de Comics Santuary. Je commençais à me demander si je voyais bien la même chose que les autres. Tu me rassures. ;-) Tu n’as pas suivi après la fermeture du forum de SP ? Dommage, tu faisais parmi de ceux que j’aimais bien voir là-bas. Heureusement, Onirique, c’est du solide. :’-))

    • Sex #1-4 1er septembre 2013 07:48, par Mathieu Doublet

      Merci, Franky. ;)

      Faudrait que je retourne sur CS, il reste encore pas mal de monde là-bas, mais il faut que je me limite à la partie "comics" du coup.

      • Sex #1-4 1er septembre 2013 22:29, par Franck from Mars

        C’est ce que je fais, perso. Au plaisir de te recroiser ici ou là-bas...ou sur Comics from Mars ;-)

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