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The Green Team : Teen Trillionnaires #1-2

jeudi 15 août 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Art Baltazar & Franco / Ig Guara)


Mohammed Qahtanii est un prince qui aimerait succéder à son père dans les affaires. Celui-ci lui a dit les choses clairement : si tu n’arrives pas à augmenter le chiffre d’affaires et la valeur des actions de l’entreprise, autant ne pas t’en mêler. Alors Mohammed tente un gros coup : il demande à son garde du corps de l’emmener à Poxpo, une exposition des inventions les plus révolutionnaires, soient-elles illégales. L’expo itinérante est le fruit de l’imagination de Commodore Murphy, un adolescent multi-milliardaire. Après avoir vu quelques concepts inédits et permettant aussi bien une application vicieuse que vertueuse, Mohammed met tout le projet dans l’embarras en twittant et lâchant quelques photos. Forcément, les adversaires du jeune génie richissime attaquent ...

The Green team est l’une des nouvelles séries de chez DC au rayon New 52 et une réinvention d’une série paru dans les années 70. Une initiative classique avec des héros très méconnus et laissés aux bons soins d’une équipe de créateurs de "seconde ligue". Alors comprenez bien ce que j’entends par "seconde ligue" : Alt Baltazar et Franco sont des créateurs très sympathiques et qui ont toujours su manier une écriture agréable avec beaucoup d’humour et des sujets souvent enfantins (les Tiny Titans, les Superman Family Adventures, Patrick the Wolf-Boy et bientôt Itty Bitty Hellboy). Mais ils ne sont pas aussi connus qu’un Jim Lee, un Geoff Johns ou même un Matt Fraction. Les scénaristes prennent un gros risque en changeant carrément de registre et en s’attaquant à une série entrant plus dans les standards des comics DC.
Du côté positif, on retrouve des personnages sympathiques (même si accumulant le pognon de façon indécente) qui sont rapidement développés. Au bout des deux premiers numéros, on comprend les motivations de Commodore Murphy ("64" pour les intimes, les amateurs de l’informatique 8-bit apprécieront) qui donnent au personnage une patine très humaniste pas si loin d’un Bruce Wayne ayant vécu la même chose que les héros de Runaways. De même, Mohammed a des ambitions différentes intéressantes qui peuvent créer un clash entre les deux (ou pas). Le riche texan et la bimbo ciné ont aussi leur rôle qui va provoquer quelques tensions et il ne reste que L.L. qui reste encore un peu transparente mais qui ne devrait pas tarder à gagner du poids. Si je parle de côté positif, c’est qu’il y a aussi des points moins enthousiasmants. Le premier est que je trouve que le titre manque d’humour, a contrario des couvertures signées Amanda Conner.
Dommage que Baltazar et Franco n’ait pas réussi à créer un titre à la même ambiance que le Spider-Man de Dan Slott. Il y a de l’action, mais celle-ci est trop tendue, il y a trop de colère et de panique chez les personnages (ce qui est logique) et l’ambiance n’est donc pas à la rigolade. Aucun personnage ne sert encore de ressort humoristique, histoire de rester dans un cadre assez fun.

C’est Ig Guara qui se charge du rendu graphique. Le dessinateur des aventures de Lockjaw & the Pet Avengers) continue l’évolution de son dessin après avoir réalisé quelques tie-ins de Flashpoint et le voilà sur une nouvelle série où on ne retrouve que des personnages humains. Le résultat est très convaincant avec tout ce qu’il faut là ou il le faut, des personnages aux morphologies véritablement différentes et des vilains au look très réussi. Mais lui non plus n’arrive pas à donner au récit de ton légèrement humoristique. Les combats sont violents et les personnages cherchent à s’en sortir du mieux qu’ils le peuvent. Quand il y a un gadget qui ne fonctionne pas, la mise en scène n’est pas là pour créer un gag mais juste une information supplémentaire sur ce qui se passe pendant les combats.

J’attendais certainement autre chose du duo de scénaristes, même si je comprends tout à fait qu’on ne peut pas leur reprocher de vouloir faire quelque chose de différent. Ceci étant, je pense aller jusqu’au bout du premier arc et ne pas poursuivre l’achat de ce titre à moins d’une apparition de quelques rayons de soleil. Moins sombre que sa série jumelle The Movement, Green Team aurait bien besoin d’être plus fun à mon goût.

P.S. Je n’avais noté que la série faisait partie de "The Edge", le label pas drôle de la gamme DC Comics.

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