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The Movement #1-2

mardi 13 août 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Gail Simone / Freddie Williams II)

Deux policiers arrêtent deux jeunes un peu paumés. Après avoir vu qu’ils possédaient de la drogue, les forces de l’ordre
tentent de passer un marché. Si la jeune fille leur montre ce qu’elle a sous ses vêtements, les agents les laissent partir.
Mauvaise idée : ils sont rapidement entourés d’autres personnes les ayant filmés avec leur téléphone portable ou leur tablette.
L’action est ensuite retransmise aux médias par l’intermédiaire de Channel M, la chaîne créée par The Movement. Et qu’est-ce que
ce "mouvement" ? Simplement des jeunes super-héros qui veulent prendre les affaires de tout un quartier en main. Que les flics se contentent
du reste de la ville, le Mouvement se chargera de sa zone. A commencer par un corps gravement mutilé sous lequel se trouve une flaque d’eau
comme si la pluie n’était tombée qu’à cet endroit.

Gail Simone (essentiellement Birds of Prey) ne ment pas sur la marchandise avec sa scène d’ouverture : The Movement est une série
sur des super-héros activistes dans les tons très sombres. Les propriétaires des appareils portables sont tous affublés de masques et leur apparition
soudaine et multiple rappelle tout simplement la Cour des Hiboux que Batman a combattue récemment et leur présence dans une église rappelle des cultes
pas franchement rassurants. Par la suite, ça ne va pas vraiment s’arranger,
les héros ayant leur QG dans un bâtiment où des ouvriers clandestins ont péri dans d’atroces souffrances, ils enlèvent un officier de police corrompu
à deux doigts de leur torturer et récupère avec eux un adolescent sérieusement perturbé qui fait apparaître des démons. Si je comprends bien le principe
du "pouvoir au peuple" défendu par The Movement, l’équipe est constituée en majorité de graines de psychopathes.

Freddie Williams II, c’est l’artiste qu’on a pu suivre sur Robin puis Red Robin, un artiste très à l’aise avec les héros adolescents donc. Et même si
ces héros étaient de la famille nocturne, le trait de Williams II était clair et permettait des scènes de vie classique. Dans The Movement, on a visiblement
demandé à l’artiste de salir son dessin. D’où des cases avec plus de détails, plus sales (ça saigne et ça ne fait pas semblant) et à l’ambiance plus violentes.
Il faut dire que les pouvoirs des héros de The Movement ne prête pas non plus à la rigolade entre l’invocation (factice) de démons et le contrôle d’une horde de rats.
Mais là encore, tout n’est que logique : les endroits et les personnages ne respirent ni la sainteté, ni le bonheur.

The Movement est donc une série de super-héros pro-actifs bien glauque qui s’ajoute à la liste. Je ne m’attendais absolument pas à cela de la part d’une telle équipe et
j’avoue être assez déçu par le ton global de la série.

P.S. 1 : A noter l’apparition d’une nouvelle version d’un personnage Wildstorm dans le numéro 2.
P.S. 2 : Je n’avais noté que la série faisait partie de "The Edge", le label pas drôle de la gamme DC Comics.