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Bedlam #1-6

mardi 30 juillet 2013, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Nick Spencer / Riley Rossmo)

Il s’appelle Madder Red, c’est le pire des serial killers et son massacre ne va pas tarder à se finir. En effet, après avoir éliminé
tout un public de spectacle incluant de nombreux enfants et leurs professeurs, le tueur égorge une petite fille sous les yeux du protecteur
de la ville de Bedlam, The First. Après avoir été enfermé au commissariat le plus proche, il annonce que certains enfants ont des bombes déposées
dans leurs affaires et ceci dans différentes écoles. Son deal : soit on le tue, soit les enfants meurent. C’est forcément la panique en ville et les policiers
n’ont pas le droit d’éliminer le monstre. Ils n’en ont finalement pas le temps puisque ce dernier se fait sauter le caisson avec tout l’immeuble.

10 ans après, un autre tueur en série agit, éliminant des petits vieux et relançant une paranoïa publique. Tout cela intéresse fortement Fillmore Press, un homme
étrange, complètement décalé des réalités, voire même fou léger. Il cherche à contacter l’inspecteur Ramira Acevedo mais à beaucoup de mal à paraître un tant soit peu
sérieux. Ce qu’il ne peut bien évidemment pas lui dire, c’est qu’il est en réalité Madder Red, le tueur en série ayant passé du temps chez un étrange docteur l’ayant mis
sur le droit chemin.

Nick Spencer (Forgetless, Thief of Thieves, Morning Glories, The Infinite Vacation, ainsi que plusieurs séries chez Marvel) tape fort avec l’histoire
d’un serial killer auquel il faudra plus ou moins s’identifier ou tout du moins avoir de la sympathie. En présentant son anti-héros tout d’abord comme le pire des psychopathes puis
comme un homme plus proche du débile que de la menace, il joue avec le lecteur en lui présentant un personnage fragile : il cherche à faire le bien mais possède toujours des élans de taré
qui l’amèneront à lécher le canon d’un flingue et prendre deux balles dans le buffet pour sauver un jeune garçon qu’il ne connaît pas. Du coup, on se rend rapidement compte que Madder Red
n’est pas si loin que ça et que son identité secrète pourrait se briser à n’importe quel moment.
Concernant l’intrigue principale, qui montre comment la police va devoir collaborer avec un cinglé, rappelant un peu le concept de la série télévisée Castle à laquelle on aurait collé un
concept d’identité secrète complètement tordu, je l’ai trouvée peu claire. Car si Fillmore Press se concentre sur des meurtres en série concernant des personnes âgées, le fil rouge va concerner
une série de jeunes hommes. Autant cette intrigue a un fond assez intéressant, autant le passage d’une enquête à l’autre m’a semblé très léger, quelques scènes de vérification de la part de la police
de Bedlam auraient été les bienvenues pour montrer que les forces de l’ordre ne croyaient pas ce qui ressemble à un fou sur parole.

Riley Rossmo est la raison qui m’a poussé à prendre ce titre. En effet, j’ai beaucoup le travail de l’artiste depuis Cowboy Ninja Viking jusqu’au récent (et trop court) Debris. L’artiste
a tout ce qu’il faut pour réaliser les dessins de Bedlam. Il conçoit tout d’abord un superbe Madder Red, proche du Joker, gardant à la fois des proportions humaines mais aussi une souplesse qui lui donne
des allures de marionnette désarticulée. Avec son grand tablier de boucher, il est l’anti-thèse du héros de la ville et le dessinateur fera en sorte dans la scène d’ouverture de bien le montrer. Ensuite, il y a
tout le travail de Rossmo avec un trait à la fois fort en détail et parfois très brut auquel sont alliés des traits plus épais, plus ronds, plus agréable à l’oeil. De quoi voir des personnages qui plaisent même s’ils
sont carrément affreux. Une fois de plus, l’ambiance "à la Silent Hill" du cabinet du bon docteur avec ses infirmières torturées (sans le côté sexy du jeu vidéo) est très bien rendue. Bedlam, en tant que ville aussi,
est très particulière, rappelant un Gotham City qu’on voit rarement de jour.

D’ailleurs, on peut assez bien voir comment Bedlam prend le concept batmanien et le retourne comme une crêpe avec des concepts suffisamment bien présentés pour paraître novateurs. Voilà en quoi Bedlam est une série
dont le premier arc est réussi même si la toute première partie possède un début trop chaotique à mon goût. La fin de ce premier arc est assez ouverte et laisse entendre que le mystère censé être réglé ne l’est pas vraiment,
ce qui pourrait être assez mauvais pour l’anti-héros. J’ai arrêté de précommander la série après le départ de Riley Rossmo et son remplacement par Ryan Browne mais je prendrais avec plaisir le second recueil.


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