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Snapshot #1-4

lundi 22 juillet 2013, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Andy Diggle / Jock)

Jake Dobson est un jeune homme employé dans un magasin de comic-books. Il aime visiblement son travail et a un bon contact avec la clientèle.
Aujourd’hui, Jake a trouvé un téléphone portable dans le parc. Joli modèle et avec peut-être, qui sait, des photos un peu olé olé pour se rincer l’oeil.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le propriétaire du téléphone n’est pas du genre social : dans son carnet de contacts, une seule entrée : Bravura Acquisitions.
Et les photos ? Visiblement celles d’une personne morte, tuée d’une balle dans le crâne, un auriculaire en moins. Forcément, ça choque le jeune homme qui se paie une petite
frousse quand le téléphone sonne. Le propriétaire veut visiblement récupérer son bien mais quand il arrive dans la boutique et sort une arme à feu, cela ne présage
rien de bon. Le plus gros souci, c’est que la police non plus ne veut pas entendre parler de l’affaire, prétextant qu’il s’agit sans doute d’une mise en scène
et pas forcément d’un meurtre ayant eu lieu. Surtout quand le mort en question se présente au bureau de police, la bouche en coeur pour récupérer son téléphone.
Pour Jake, par contre, les choses ne font qu’empirer, et ça n’est pas pour possession d’un téléphone qui n’est pas le sien.

Andy Diggle et Jock, c’est l’équipe qui nous a proposé Losers chez Vertigo (qui a donné un film) mais aussi Green Arrow : Year One. En ce qui
concerne Snapshot, c’est plus dans la catégorie "thriller" classique qu’on pourrait le ranger. On a droit à un jeune héros qui tombe sur le mauvais objet par hasard
et qui se retrouve confronté à une menace plus forte que lui. On est à la limite du film d’horreur à la Freddy / Jason / Michael Myers, sauf qu’il ne s’agit point ici
de croque-mitaine mais de mafiosis étant de mèche avec la science et la finance. Autant dire, des hommes ayant le bras tellement long que le pauvre héros ne peut rien faire.
Le souci est qu’Andy Diggle ne développe pas vraiment cette idée de réseau. Il y a une raison logique à tout cela qui tient lieu de twist final mais qui ne m’a finalement pas
vraiment convaincu. La fin par contre est nettement plus intéressante, très éloignée d’un happy end que l’on retrouve trop souvent dans ce genre de production. Une tonalité
vraiment noire et finalement très réaliste ce qui la rend encore plus effrayante et réussie.

Côté dessins, on retrouve le trop rare Jock (ce dernier étant apparemment accaparé par son boulot au cinéma). C’est du sec, du coupé au couteau, à la serpe avec des personnages
tout en angle. Une utilisation des noirs & blancs forte à propos qui renforce l’ambiance du scénario. Ceci étant, on n’est pas dans un cadre d’un Sin City de chez Miller. La plupart
des scènes de Snapshot se déroulent de jour, un changement très appréciable pour ce genre d’histoire. Là encore, on tombe dans le domaine du récit de genre mais sans être présenté tel quel.
Un procédé plutôt malin puisqu’on ne peut à aucun moment prendre le récit en dérision, en lui collant une atmosphère toute faite. Les actions des différents protagonistes n’en sont que
plus fortes. On retrouvera aussi la patte de Jock dans le logo titre qui n’est pas sans rappeler celui de Scalped.

Snapshot est donc un récit court et fort avec une fin assez originale. Autant dire que l’identité de l’équipe artistique fait toute la différence et qu’il est heureux que ce soit
Andy Diggle et Jock qui aient pris le risque de raconter une histoire pareille. Avec d’autres auteurs, Snapshot aurait pu êter d’un classicisme à faire peur. Ca n’est heureusement pas le cas.


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