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Happy ! #1-4

samedi 6 juillet 2013, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Grant Morrison / Darrick Robertson)


Nick Sax est un ancien policier et maintenant un véritable mercenaire : comprendre par là, que pour la bonne somme d’argent, il va assassiner la personne de votre choix. Et celui-ci exécute ses contrats avec beaucoup de soin. Ca peut aussi bien être le cas d’un tueur en série se concentrant sur les prostituées ou bien une fratrie de petites frappes. Mais quand ces dernières sont accompagnées d’un vague cousin et que tout le monde sort ses armes à feu, Sax ne fait pas dans le détail. Dommage pour lui car il se met à dos le chef de la mafia locale. Comme si sa vie n’était pas assez compliquée, un petit cheval bleu ailé commence à danser devant ses yeux. Et l’apparition en question n’a qu’une idée en tête : amener Sax à sauver une petite fille prénommée Hailey. Bien entendu, pour Sax, la petite fille n’est qu’une victime parmi tant d’autres alors Happy le cheval va devoir être très convaincant pour amener le tueur désabusé et en piteux état à lui filer un coup de main.

Du Grant Morrison en creator-owned, autant dire que c’est assez rare pour être noté. On peut aussi le comprendre parce que Happy ! n’est absolument pas dans le créneau éditorial ni de DC Comics, ni même de Vertigo. Happy ! c’est du récit bien noir et bien gore comme on peut en trouver des tonnes chez Garth Ennis ou même Mark Millar. A vrai dire, l’histoire aurait été signée chez Avatar que cela n’aurait pas été très étonnant. Mais il s’agit de Grant Morrison, et quoi qu’on en dise, il reste un grand enfant avec un sens de la morale et surtout de la merveille assez développés. C’est le concept de base de Happy !, buddy-movie complètement foutraque où la pire des ordures doit faire équipe avec un Petit Poney. Le scénariste passera donc des scènes les plus glauques aux instants d’espoirs les plus magiques ce qui leur donnera forcément un peu plus de force. Alors, on est loin du créneau meta-comics habituellement présent chez Morrison, quoique le rapport entre les gens et leurs héros de fiction soit toujours d’actualité dans Happy !. On pourra aussi noter un twist assez convenu qu’on voit arriver au fur et à mesure du récit.

Si l’affiliation avec Garth Ennis existe, c’est peut-être aussi parce que Darrick "The Boys" Robertson se charge de la mise en image. Plus crado que sur Wolverine, le dessinateur va y aller franco dans la tripaille avec des explosions de crânes et un Père Noël des plus pervers. Les personnages sont ultra-détaillés avec des expressions pas toujours des plus glamours. On notera dès la couverture la ressemblance entre Nick Sax et Bruce Willis comme si Happy ! était une espèce de Die Hard maltraité dans un cadre malsain. Passons sur le clin d’oeil à d’éventuels acquéreurs de droit et concentrons-nous sur le travail de Robertson qui est, dans son genre, clair comme de l’eau de roche. C’est musclé, c’est graphique, ça déménage et on comprend toujours ce qui se passe dans les pages.

Au final, Happy ! se repose surtout sur son concept de base assez sympathique et sur son fan-service (à partir du moment où faire de l’ultra-violence peut être considéré comme cela). Le parcours du héros est assez linéaire et le sursaut d’intrigue assez léger (surtout pour du Morrison). A ranger dans le rayon classique et efficace en espérant que Grant Morrison ait vécu une expérience suffisamment agréable pour nous proposer d’autres choses, toujours en creator-owned.


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