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Army of Darkness Digital Omnibus

jeudi 13 juin 2013, par Mathieu Doublet

(Dynamite / John Bolton, Andy Hartnell, James Kuhoric, Robert Kirkman, Shawn Spurlock & Robert Place Napton / John Bolton, Nick Bradshaw, Sanford Greene, Kevin Sharpe, Ryan Ottley, Filip Sablik, Nick Acs, Paul Azaceta & Michael O’Hare)

Ce recueil contient :
- Army of Darkness Movie Adaptation #1-3
- Army of Darkness : Ashes 2 Ashes #1-4
- Army of Darkness : Shop Till You Drop Dead #1-4
- Army of Darkness vs Re-Animator #1-4
- Army of Darkness #5-7 de la série régulière, arc appelé Old School
- Tales from the Army of Darkness #1


Ashley Williams est un vendeur dans une grande surface comme il en existe des milliers aux Etats-Unis. Il décide de passer un week-end tranquille dans une petit baraque au fond des bois avec sa petite amie. Sauf qu’il ignore que la baraque en question était précédemment louée par un vieux chercheur qui n’a pas cru bon de débarrasser ses affaires en partant. Il faut dire que le chercheur a peut-être subi les effets du Necronomicon, livre dont les pages sont faites en chair humaine, lesquelles sont inscrites avec ni plus ni moins que du sang. Autant dire, le livre de chevet de tout à chacun qu’Ash va lire dans un excès de débilité aggravée. Forcément, il ouvre les portes pour que le Mal puisse venir sur Terre et ce dernier ne va pas se gêner. Pour la faire courte, Ash va réparer tant que se peut les dégâts mais en récitant mal les mots, il va aussi se retrouver en pleine époque médiévale où les forces du Mal sont encore en activité. Il va falloir exploser du squelettes en compagnie de chevaliers mais d’abord, il va surtout falloir gagner leur confiance.

Hou en voilà un sacré pavé (mais sur tablette, c’est tout de suite moins lourd). 546 pages (même avec toutes les couvertures - normales et variantes), ça fait de la lecture. Et Dynamite va mettre les petits plats dans les grands pour que tous les lecteurs ne soient pas perdus même les jeunots qui ont dû se farcir le remake d’Evil Dead et qui n’ont pas vu les originaux. C’est ainsi qu’on démarre par l’adaptation du troisième épisode de la franchise. Superbement réalisé par un John Bolton toujours à la limite du photo-réalisme avec de superbes peintures, on retrouve l’essentiel du film, le "Ceci est une baguette magique !" majestueux, la gironde Sheila, les mini-Ash maléfiques et bien entendu toutes les armées de monstres dirigées par Evil Ash. Le final aussi est fidèle à l’oeuvre ciné. Je ne vous en dis pas plus, je ne vous gâche pas la surprise.

Toujours est-il que c’est à partir de ce moment que le comic-book prend des libertés avec le film. Car dans la première mini-série paru du XXIème siècle, Ashes 2 Ashes, on fait comme ci, finalement, Ash s’en était sorti et était revenu parmi les siens. Sauf que, comme d’habitude, Ash n’a pas prononcé les bons mots et s’est retrouvé dans le passé, grosso modo au moment où il va débarquer dans la baraque au fond des bois. Il l’apprend grâce au mage du moyen-âge qui a jugé bon de l’avertir afin qu’il répare ses erreurs. Et donc, même si l’histoire est censée se passer, voilà notre couple qui va sur les lieux afin de s’assurer que tout se passe comme prévu. Leur présence va bien entendu tout faire louper et relancer la machine.
Andy Hartnell va se faire plaisir et faire plaisir aux fans en remettant en scène un Ash royal et forcément cabotin, complètement à côté de la plaque mais entourée d’un halo de chance absolument ridicule. La plupart des personnages va servir à garder ce cocktail d’action et d’humour où le scénario n’est là que pour amener la prochaine péripétie, les gags et les bons mots. Tout cela en restant dans la logique de la franchise, en y insérant quelques bonnes idées et en créant de nouveaux enjeux pour Ash (dont le principal est de sauver Sheila).

Par la suite, James Kuhoric va grosso modo reprendre le même schéma, les mêmes raisons et les déplacer à différents endroits en considérant qu’Ash a très mal fait son boulot et que le Necronomicon (avec l’Evil Ash) le poursuit. Le scénariste va donc se faire plaisir et faire référence à d’autres univers. Autant de clins d’oeil qui surprennent et amènent leur dose d’humour avec un commentaire intérieur "Rhôôôô, non, il n’a quand même pas osé !". Hé si ! Cependant, Kuhoric applique une logique sympathique et poursuit avec le crossover Army of Darkness / Re-Animator. Il y a de conspiration, des liaisons logiques entre les deux univers, mais je me doute tout de même que cela va faire bondir les puristes d’H.P. Lovecraft, Herbert West étant montré sous un jour complètement différent de la nouvelle ou bien des films de Stuart Gordon.
Editorialement, je me dis que Army of Darkness vs Re-Animator est en fait le début de la série régulière. En effet, Kuhoric va intégrer de nouveaux personnages récurrents qui feront ensuite leur apparition dans les numéros 5 à 7, autrement dit l’arc Old School. Mais l’appellation "vs." était trop belle commercialement pour passer à côté. Old School va remettre le couvert en renvoyant une fois de plus Ash dans les bois, histoire de régler ses comptes une dernière fois à d’anciens démons intérieurs.

Si Army of Darkness a réussi son coup, c’est certainement grâce à la présence de Nick Bradshaw aux dessins sur la première mini-série. Le dessinateur n’a a priori encore rien fait de marquant (une recherche sur Comic Book DB indique seulement un numéro 0 de Sacred Circles avant Army of Darkness) et débarque avec un dessin très punchy, très cartoon tout en arrivant à modéliser l’acteur Bruce Campbell comme un Toon à qui on va en faire voir des vertes et des pas mûres). Bradshaw, c’est un peu comme si Sam Raimi et Tex Avery étaient fusionnés : il y a un dynamisme dans la mise en page, une folie destructrice, des passages complètement gores et néanmoins réjouissants, forcément des expressions de visages aux petits oignons et une malléabilité des corps tout en gardant ce qu’il faut de réalisme et d’expertise dans le dessin. Alors oui, sur certaines planches, c’est parfois brouillon quand une tonne de personnages débarquent, la faute peut-être à un encrage pas suffisamment marqué. Et Dynamite va trouver en la personne de Sanford Greene, l’artiste parfait pour combler les absences de Bradshaw. Les styles sont différentiables dès qu’on s’attarde sur les planches mais ils sont aussi suffisamment proches pour que cela ne trouble pas la lecture d’un même arc (si Ashes 2 Ashes est complètement réalisé par Bradshaw, les trois mini-séries suivantes voient les deux artistes alterner les numéros). Greene est à mon goût légèrement moins bon que Bradshaw, et je ne vois pas d’autres termes que "moins sexy" en ce qui concerne son trait. Mais au grand jeu du "prenons une page au hasard et trouvons qui l’a dessinée", je me suis fait avoir plus d’une fois.

Au moins avec Kevin Sharpe, on est sur un terrain complètement différent. Le dessinateur qui a commencé chez Avatar, passé par Marvel, débarque chez Dynamite en réalisant des numéros pour G.I. Joe. Je disais donc qu’on était à cent mille lieues de ce que Bradshaw et Greene ont fourni. Je sais que c’est mal de citer d’autres dessinateurs pour évoquer un style et pourtant je ne vais pas m’en priver. Pour ses numéoros de Army of Darkness (il réalise aussi l’arc suivant non inclus dans cet Omnibus), Sharpe est à rapprocher de J. Scott Campell mais aussi de Dustin NGuyen. Autant dire des artistes aux styles différents, ce qui vous laisse peut-être pas plus avancé qu’au début sauf à comprendre qu’une fois de plus, on n’a pas à faire à un manchot. Les cases sont moins détaillées dans les décors mais le sont plus sur les personnages qui bénéficient de zones d’ombres dès le trait et sans attendre l’apparition du coloriste. Et du détail sur les personnages, il y en a vraiment beaucoup ce qui donne l’impression de pages plus rugueuses mais qui contiennent leur lot d’efforts.

Au final, vous l’aurez compris, j’ai été conquis par cet Omnibus même avec ce sentiment de reprendre la même recette au niveau du scénario (le syndrome "ça n’avance pas beaucoup votre affaire") car le thème s’y prête et qu’on est dans le comics de franchise. Les dessins m’ont vraiment beaucoup plu et je ne peux que vous conseiller cette lecture si vous êtes fans de la trilogie de Sam Raimi.


Pour acheter ce livre : (dispo également sur Comixology ou au format Kindle entre autres car il doit certainement être aussi dispo sur la boutique Dark Horse)

En VO :

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :

En VF :

Je peux me tromper mais je ne trouve pas de lien concernant la série. Dommage qu’elle n’ait jamais été traduite.

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