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The Abominable Charles Christopher vol. 2

jeudi 6 juin 2013, par Mathieu Doublet

(Abominable Books / Karl Kerschl)

L’hiver est une saison peu commode quand on est une créature sauvage car il manque tout simplement à manger. C’est ce que Christopher apprend en faisant trembler toute la forêt avec les bruits qui sortent de son ventre. Il lui faut donc se nourrir et heureusement, compter sur les bonnes volontés même si celles-ci ne se rendent pas compte de la quantité que peut avaler la gigantesque créature. Peu importe, c’est l’intention qui compte. En se nourrissant auprès d’un putois bossant pour la compagnie alimentaire Sissy Skunk, il ne se rend pas compte qu’il va se mettre lui, le putois et un vieux loup épris de justice dans de beaux draps. Comme aller se plaindre de la présence de pièges à loups dans la forêt auprès des humains, c’est le meilleur moyen de se faire soi-même chasser.

Karl Kerschl, artiste extraordinaire, comme ils pourraient l’appeler de l’autre côté de l’Atlantique, continue son bonhomme de chemin avec son personnage de prédilection dans cette compilation de webcomics (toujours disponibles gratuitement à l’adresse http://www.abominable.cc) de septembre 2009 à ... Bonne question, une partie des archives est manquante. (Edit : en fait, le site a été hacké et karl Kerschl remet les strips au fur et à mesure en ligne. Il n’y a rien de plus épuisant, croyez-moi.) Bref, il y en a plus d’une centaine, racontant le destin de Charles Christopher, montrant que la forêt cache une sombre mafia, que des animaux ont aussi besoin de conseils psychologiques (entre l’écureuil schizophrène et la chouette complètement allumée, ça fait des clients au médecin criquet). L’auteur nous montre aussi le lien qui se fait entre le récit principal et l’histoire des ours Vivol et Moon Bear. C’est peut-être les moments les plus tragiques du bouquins qui ne va pas être aussi traumatisant que le premier (encore que, ça ne saurait tarder). Pour l’instant, tout cela sent le tome de transition avec des choses qui se mettent en place et surtout l’arrivée du roi enfant Gilgamesh, capricieux, combattant mais faisant aussi visiblement pipi au lit. La relation qu’il va construire avec Charles Christopher (dont le mutisme et les flash-backs sont assez troublants) est très intéressante et m’a intrigué au plus haut point.

Le dessin de Karl Kerschl vous le connaissez. Si ça n’est pas le cas, vous n’avez qu’à jeter un coup d’oeil au lien ci-dessus pour vous faire une idée. Et si vous êtes trop feignants pour cliquer sur un lien, je vous dirais bien quelque chose que la morale réprouve. N’étant pas un mauvais gars, je vous la fais courte et informative : le style de l’artiste est minutieux, tout en finesse dans les textures des animaux, les effets aquarelle qui composent les décors, les visages des animaux qui se trouvent entre l’illustration d’un livre documentaire et le cartoon à l’américaine comme on peut le voir chez tous les grands studios d’animation. Le découpage est carré et ultra-lisible avec un rythme forcément très maîtrisé pour fournir des moments de comédie réussis et d’autres plus émouvants l’étant tout autant.

Bon, je n’ai plus rien à ajouter. C’est de la très bonne bande dessinée, point barre. Vous n’avez plus qu’à acheter ce volume et le précédent. :)


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur le site de Lounak Werehouse. Comme je le disais pour le volume précédent, 40$ peut paraître assez cher mais le bouquin en vaut
largement la peine. Et la dédicace ne coûte que 20$ de plus (enfin, quand l’artiste aura le temps d’en refaire).