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X-Factor TPB 16-19

dimanche 2 juin 2013, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Peter David / Leonard Kirk, Neal Edwards, Paul Davidson)

Ces recueils reprennent respectivement les numéros 233 à 236 (plus un vieux Wolverine #54), 237 à 240, 241 à 245, 246 à 249 de la série régulière.


Contacter Josef Huber, aussi connu sous le nom d’Isolationist, ça n’est pas très facile. Il vous faut traverser un désert arctique, défoncer les murs d’une forteresse imprenable et bien entendu avoir des bêtes tout droit sorties de l’Enfer, histoire de faire bon effet. Huber, qui n’a pas l’habitude d’être dérangé, tire d’abord avant de causer mais se détend quand il apprend ce qu’on lui offre : l’Apocyalypse. Le nom commun, pas le premier des mutants. Pour lui qui souffre d’entendre les pensées de tout ceux qui l’entourent, verrait d’un bon oeil une petite purge. Surtout s’il s’agit de super-héros.
De son côté, Layla et Madrox fêtent leurs retrouvailles. Madrox va être nettement content d’apprendre que, pendant son absence, X-Factor est retombé entre les pattes de Val Cooper, Havok et Polaris, d’autant que des jeunes se prenant pour des super-héros se font massacrer. Mais pour Havok, tout ceci concerne la police et pas la spécialité de l’agence de détectives que Madrox a monté. Forcément, ça risque de coincer concernant la direction que doit prendre l’équipe.

Oui, je chronique 4 recueils d’un coup ! Parce que je les ai lus les uns à la suite des autres et surtout parce qu’ils sont très légers, 4 ou 5 numéros tout au plus. Mais bon, c’est Peter David au scénario donc vous savez bien que ces recueils auront de quoi satisfaire votre soif de lecture. Au programme : un commentaire acide sur les émissions de jeux / télé-réalité dans Together Again for the First Time ; la rédemption de Rahne et l’amour de Layla pour Madrox seront développés dans The Road to Redemption et poursuivis dans Breaking Points. A partir de là, Peter David a complètement cassé ses jouets, détruit ses personnages, reconstruit son équipe. Du grand art qui laisse entendre que les choses ne peuvent pas forcément prendre une bonne tournure (sauf à considérer le cas de Madrox et Layla qui s’arrange même si tout se fait souvent dans la douleur). David reprend des personnages qu’il a utilisés quelques recueils avant (voire même 15 ans avant paraît-il pour Isolationist) et se permet de les faire jouer sur deux tableaux (le personnage cornu est pour l’instant très ambigu dans sa motivation).
Tout cela n’est pas forcément très drôle même si le scénariste place de temps en temps quelques blagues, quelques vannes ou quelques références brisant le quatrième mur. C’est déjà plus amusant dans Short Stories où on s’intéresse de près au personnage de Pip, vis à vis de qui X-Factor devrait être plus reconnaissant (c’est lui qui tient la baraque à flot). Si cela a l’air anecdotique, cela ne l’est absolument pas et cette intrigue en rejoindra d’autres pour terminer sur un cratère surgi en plein zoo avec des démons partout. Ca donne envie, hein ? Pour souligner encore que David a tout prévu (ou réussit à le faire croire), vous pourrez noter que le taxi que Layla Miller recherche est celui dans lequel elle monte très régulièrement.

Sous nos yeux, nous aurons aussi droit au travail de dessinateurs réguliers sur la série. Leonard Kirk se charge du gros du travail avec l’essentiel des numéros. L’artiste est capable du meilleur comme du pire. Le numéro qui ouvre le seizième recueil montre que Kirk est visiblement méchamment à la bourre, signant des planches proches d’un croquis sur lesquelles le coloriste Matt Milla va devoir travailler et donner un peu de profondeur. On est assez proche de ce que pourrait faire un Daniel Acuna mais avec encore moins de traits. Comme je vous le disais, ce ne sont que quelques passages et pour le reste, Kirk réussit de superbes dessins, des personnages aux visages travaillés et une mise en page toujours aussi limpides. Je suis nettement moins client de Paul Davidson avec son trait inspiré des mangas et de son style. Je le trouve encore trop peu solide sur la longueur. Le travail de Neal Edwards m’a beaucoup plus séduit avec des héroïnes au meilleur de leur forme et si jolies.

Tout cela montre qu’X-Factor reste une excellente série avec son jeu d’aller-retours sur des points d’intrigue et une belle maîtrise narrative. Reste que les recueils sont vraiment très chers pour le contenu qu’ils offrent (presque plus chers au recueil que de les prendre en individuel). D’autant plus dommage que la firme est bien embêté pour suivre le découpage mensuel pensé par le scénariste. Mais si vous réussissez à vous les procurer à pas cher ou bien que vous vous rabattiez sur la VF (actuellement vendue en kiosque), alors foncez, la qualité du titre est toujours au rendez-vous avec un peu moins d’humour et un peu plus de mélancolie.


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