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Batman Vol.2 The City of Owls

lundi 27 mai 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder & James Tynion IV / Greg Capullo, Rafael Albuquerque, Jason Fabok, Becky Cloonan & Andy Clarke)

Ce recueil reprend les épisode 8 à 12 ainsi que le premier numéro annuel de la série régulière New 52.


Il s’en est fallu de justesse pour que Batman se prenne une raclée de la part du Talon, l’assassin engagé, élevé et entraîné par la cour des hiboux, une société secrète de notables gothamites. Vraiment en sale état, Bruce Wayne ne veut pas lacher l’affaire malgré les avertissements d’Alfred, son majordome. Il se pourrait que le justicier ait eu une bonne idée puisque très rapidement, ce n’est pas un mais plusieurs Talons qui débarquent dans le manoir familial. A vrai dire, c’était un peu chose évidente alors que la menace initiale (celle révélée par le peintre crucifié) visait bien le playboy et nullement son alter-ego super-héroïque. Si Wayne et Pennyworth connaissent le point faible de leurs ennemis, il va être difficile de mettre le plan en marche. D’autant que Wayne n’est peut-être pas le seul visé à Gotham.

Seconde partie dans ce grand chambardement au niveau Batmanien, The City of Owls ne m’a pas franchement beaucoup plus convaincu que son prédecesseur. Je vais spoiler un peu le volume précédent mais dans une belle balise pour n’effrayer personne.

Premier spoilers mais normalement, vous avez déjà lu le premier tome ...

On passera sur les moments de narration qui auraient pu être mieux mis en place, tout ce qui se passe entre le moment où Batman perd connaissance face au Talon et son arrivée dans le labyrinthe des Hiboux, y compris le passage à Gotham avec le commissaire Gordon. Il n’en reste pas moins que le combat final montre un Batman complètement perdu aussi bien physiquement que moralement, halluciné et en plus, ayant un couteau placé en plein ventre. Et paf, sous les coups, il regagne une espèce de lucidité par la vision du portrait d’un ancêtre qui redonne un sens à sa vie : piler des méchants. A partir de ce moment, c’est un super über über Batman qui nous est présenté et qui réussit à gagner son combat. Sauf que le super Batman ne peut pas se tirer d’une couche de glace. Les Hiboux lui ont confisqué son équipement mais pas une jolie petite plaque de pierre bien polie cachée dans la botte. Ils sont neuneus ou bien ? Donc le super Batman dont la force vive se trouve dans sa psyché et nulle part ailleurs a de la chance d’avoir des adversaires si bidons. Menaçants, avec un look bien cool, mais complètement novices visiblement en matière de justiciers.

Scott Snyder nous donnera à peu près dans le même registre au travers de ce second recueil. Il y l’attaque des Talons qui est assez jouissive vu comment Batman va leur apprendre la vie ; le passage avec Mr Freeze qui le réintègre dans le New 52 avec une version légèrement différente et en compatibilité avec les Hiboux, même si tout cela est assez long ; et puis, il y a le final avec LE vrai vilain, parce qu’il en faut bien un. Et là, c’est le drame parce que, d’une part, c’est d’un ridicule assez prononcé (ce twist scénaristique devrait être indiqué comme "à bannir à tous jamais" dans le manuel des scénaristes débutants) et d’autre part, parce que Bruce Wayne devient le pire détective du monde au moment où il faudrait vérifier une certaine information. Allez, je spoile à nouveau.

Là, c’est du spoiler pour ceux qui ont terminé ce tome.

Hum, Bruce Wayne doit vérifier l’identité d’un candidat à l’élection municipale de Gotham et il ne peut pas passer dans son bureau ou dans sa maison pour récupérer un peu d’ADN, comme un cheveu ou une goutte de bave sur une brosse à dents) ? Vraiment ?

Bref, tout cela fonctionne bien à l’esbrouffe mais n’est pas solide sur la longueur. Le récit sur le père d’Alfred est assez sympathique même s’il tire lui aussi un peu trop en longueur. Et graphiquement, autant dire que Rafael Albuquerque (partenaire de Snyder sur American Vampire) a déjà connu des jours meilleurs. Le second artiste qui n’est pas au top de sa forme, c’est Andy Clarke qui termine un numéro annuel démarré par Becky Cloonan. La dessinatrice sait ce qu’elle sait faire et le fait bien. Son style lui permet même de gérer une maîtrise variable de sa plume tandis que Clarke tout en précision et en réalisme a tendance à en perdre à la moindre erreur. Au rayon "pas mal mais faut se faire au style", il y a Jason Fabok qu’on a déjà croisé sur The Dark Knight. C’est classique et toujours aussi lisible (sauf peut-être la scène finale avec le jeune Freeze) mais j’ai du mal avec les visages de certains personnages dès qu’on prend un peu de recul. A côté de tout cela, on retrouve Greg Capullo, toujours aussi bon dans un style qui lui est propre.

J’attendais beaucoup de cette histoire de Batman, d’autant que le buzz a pris et que les critiques étaient plutôt bonnes. La lecture est certes agréable mais dès que j’ai pris un peu de recul face à l’histoire, j’ai bien ressenti le vide qui l’entourait. J’en ressors assez déçu et espère que John Layman (le scénariste de Chew) saura faire beaucoup mieux sur Detective Comics (à partir du numéro 13, et dont l’intrgue est coupée ? intégrée ? dans l’événement Death of the Family). J’ai le temps de voir venir.


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