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Swamp Thing Vol. 1 : Raise Them Bones

lundi 8 avril 2013, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder / Yanick Paquette, Marco Rudy & Victor Ibanez)

Ce recueil contient les numéros 1 à 7 de la série régulière.


Alec Holland a eu un accident dans son laboratoire et s’est réveillé dans les marais sous une forme monstrueuse, gigantesque, verte et en relation avec la nature. En tout cas, c’est ce qu’il croyait et c’est ce que tous les héros de l’univers croyaient aussi. Alors que la réalité est un peu plus subtile : en réalité, les esprits du Vert avaient besoin d’un avatar, tout comme ceux du Rouge et ceux de la Pourriture. Alors une fois qu’Holland a eu son accident, son essence humaine a servi de terreau pour créer la créature des marais tandis que le corps réel d’Holland continuait à reposer tout en ayant la bonne idée de ne pas se décomposer. Cela fait six mois qu’Holland a ressuscité. Et il n’est pas vraiment content parce qu’il garde des souvenirs confus de la créature, tout en sachant que ce ne sont pas les siens mais garde toujours un lien avec la Nature. A tel point qu’il l’entend se manifester et qu’elle n’hésite pas à venir lui taper sur l’épaule quand personne ne regarde. Alors quand Superman lui-même vient chercher Holland pour obtenir des informations sur la mort soudaine de centaines d’animaux, celui-ci ne peut que claquer virtuellement la porte au nez du Kryptonien, il a suffisamment à faire avec sa vie toute dérangée. Pourtant, il va bien falloir qu’il y mette de l’ordre car la Pourriture a déjà lancé ses soldats à ses trousses ainsi qu’à celles d’Abigail Arcane, l’ancienne maîtresse de la créature, contre laquelle les esprits du Vert mettent Holland en garde.

Pas une surprise du tout, Raise Them Bones est bien entendu lié à ce qui se déroule dans la série Animal Man avec l’arrivée d’un avatar du Vert, en tout cas, la tentative de naissance de celui-ci. Il y a vraiment beaucoup de parallèles à faire avec la série de Jeff Lemire, à se demander s’il est bien utile de suivre cette série. Je dirais que oui et ce, pour plus plusieurs raisons. La première, c’est que c’est Scott Snyder qui est à bord et que son boulot aussi bien sur American Vampire que sur Batman a montré qu’il en avait sous le coude. Donc, l’histoire se suit avec plaisir et bénéficie heureusement de traits propres. Il y a forcément le travail de distanciation tout en étant respectueux du travail fait par Alan Moore notamment sur la série à l’époque où le label Vertigo venait d’être créé. Ca permet de donner ce sentiment de continuité au New 52 tout en étant accessible aux nouveaux lecteurs. Ensuite, il y a le personnage d’Alec Holland, tragique en diable, romantique, et étant victime de l’amour. Un personnage bien plus passif que Buddy Baker dans Animal Man ce qui va tout changer dans la façon dont le récit va se dérouler. A noter du coup, que Swamp Thing a un ton complètement différent d’Animal Man, l’humour n’étant absolument pas présent (notamment les soldats de la Pourriture).

Mais attention, tout cela reste complètement dans une veine horrifique grâce à une ambiance très Vertigo et au soin apporté par Yanick Paquette et Marco Rudy. Paquette, c’est l’artiste canadien qui a le vent en poupe après un passage remarqué chez Marvel (notamment sur Ultimate X-Men) et son boulot avec Morrison sur Return of Bruce Wayne. Avec Swamp Thing, ses lignes solides et carrées bénéficient toujours aussi d’une certaine rondeur, donnant un côté très séduisant à ses dessins, à la fois assez réalistes et légèrement cartoony. La mise en scène est tout autant réussie avec des passages très classiques et des passages psychédéliques qui renvoient au passé de la créature. Les aficionados de la série auront plaisir à retrouver quelques clins d’oeil que Paquette a glissé dans ses planches, qu’il s’agisse de la caricature de Michel Lacombe (un encreur avec lequel il a beaucoup travaillé) ou bien des enseignes au nom des grands auteurs qui ont pu tâter de la créature des marais.
Marco Rudy et Victor Ibanez ne sont pas en reste. Même si l’on sent clairement la différence entre les dessinateurs, il n’y a pas de sentiment de rupture au cours du récit. Rudy et Ibanez ont un trait moins épais que celui de Paquette. Et au petit jeu du "j’aime plus / j’aime moins", je préfère le travail d’Ibanez, me semblant moins brouillon que celui de Marco Rudy qui excelle dès que la pourriture est mise en scène.

Au final, Raise Them Bones me semble plus nécessaire pour comprendre ce qui arrive à Alec Holland en tant que personnage que pour suivre les événements liés à Rotworld (où Animal Man et Swamp Thing vont réellement) se croiser. Un premier tome d’introduction nécessaire pour les nouveaux lecteurs et suffisamment accrocheur pour avoir envie de lire la suite.


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Messages

  • Je l’avais trouvé sympa. Mais comme je n’ai pas du tout accroché à Animal Man et que les séries sont très liées, j’ai choisi de couper dans le vif et de stopper les deux dès le premier tome.
    Un peu à regret pour Swamp Thing car Paquette fait du très bon boulot.

    • Perso, j’ai aimé le premier tome d’Animal Man (critique ici) presque autant que celui de Swamp Thing (critique ici), mais je me suis posé quand-même la question de poursuivre. Le problème, c’est que les deux séries, en jouant sur le même tableau, me paraissent un peu redondantes. Or, comme il y a crossover à l’horizon, on peut difficilement poursuivre l’une sans l’autre. Finalement, j’ai commandé les deux tomes 2 et on verra à partir de là si je me lance dans le crossover.