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Comeback #1-5

dimanche 11 décembre 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics - Shadowline / Ed Brisson / Michael Walsh)


Reconnect est une entreprise un peu particulière. Vous avez un ennui ? Vous avez des sous (beaucoup) ? Appelez-les donc afin que ces derniers jouent un petit tour d’espace-temps (dans un créneau de 2 mois) et ils le modifieront afin que vous soyez satisfaits. Attention, paiement à moitié quand vous avez commandé le service et l’autre moitié quand vous avez obtenu ce que vous souhaitez. Mais avec le paradoxe temporel, il se peut que vous ne soyez pas prêts à payer (ce qui est normal puisque la catastrophe n’est jamais arrivée) alors Reconnect doit faire appel à des techniques particulières et financièrement coûteuses (les accidents doivent tout de même arriver). Et cela implique des mesures extrêmes que certains agents ne sont peut-être pas prêts à accepter.
Comme toute cette entreprise est en majorité illégale, il ne faudrait qu’une petite taupe de rien du tout, une indication infime pour que tout le système se casse la figure. Forcément, vu l’argent en jeu, les dirigeants sont prêts à faire ce qu’il faut pour sauver leur affaire.

Comeback est l’une des mini-séries comme le sous-label de Shadowline en produit souvent (Cownboy Ninja Viking, Harvest, Green Wake, The Infinite Vacation, ...) : à savoir un bon concept un peu fantastique-SF dans un cadre familier et ordinaire. Ed Brisson ne change pas la donne en présentant son univers par le biais d’un couple d’agents qui vont effectuer un saut dans le temps ... et qui vont louper leur mission, faute d’informations suffisantes. Et hop, on est tout de suite dans le bain avec tout ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut pour intriguer, même si avouons-le, le premier numéro est un poil léger et s’attarde dans sa scène d’introduction. Pour le reste, ça fonctionne assez bien avec des personnages et des réactions classiques. La mini-série va et vient entre deux équipes d’agents et on comprend rapidement que Reconnect dispose aussi d’un département "Black Ops" pour gérer tout ce qui ne se passe pas comme prévu. Ce qui va inévitablement lancer la course-poursuite.

Aux dessins, Michael Walsh fait du bon boulot dans ce récit finalement très pulp. Avec des planches qui ne sont pas sans rappeler celles de Tonji Zonjic sur Who is Jake Ellis ?, le comic-book possède un climat assez soyeux avec des cases qui sont plus lâches et peut-être plus nerveuses que celles du titre précité. Avec un style réaliste et un travail sur le contraste, Walsh fait du bon boulot.

Certains lecteurs trouveront peut-être que Comeback est trop classique aussi bien du point de vue de l’histoire que du graphisme. En ce qui me concerne, c’est suffisamment bien emballé pour que je suive avec intérêt cette série.


Mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Oui.
Parution de la suite ? Oui.
Parution du TPB ? Très probablement. La série possède un bon niveau de bouche à oreille même si le deuxième numéro a connu une baisse au niveau des ventes relativement importante.
Traduction en français ? A priori non, on trouve ce genre de séries chez nous, en tout cas au niveau ambiance. Il faudrait que la mini-série connaisse un énorme succès pour qu’un éditeur français s’y intéresse.


Mise à jour suite à la lecture de la mini-série :

Au final, j’ai passé un bon moment avec cette série grâce, notamment, aux dessins de Michael Walsh. Ceci étant, dans le cas qui nous intéresse, cinq numéros, c’est bien trop peu. Il est tout à fait possible que Brisson ait compris que sa série n’allait pas pouvoir survivre bien longtemps et a donc décidé de conclure son histoire en prenant le chemin le plus court.
Ce qui, pour une histoire à propos de paradoxes temporels, n’est pas forcément la meilleure solution. De mon côté, je me suis laissé porter par le récit et je n’ai pas cherché à trouver des failles dans ce dernier.

Que ce soit la volonté des auteurs ou non, avec ce côté très raccourci, Comeback donne l’image d’un synopsis de série TV action fantastique avec tous les ingrédients pour tenir le spectateur en haleine. Dommage qu’en version bande dessinée, la sauce soit un peu courte.

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