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All You Bastards Can Go Jump Off A Bridge !

dimanche 24 février 2013, par Mathieu Doublet

(Milk Shadow Books / J. Marc Schmidt)

All You Bastards Can Go Jump Off A Bridge est un livre impossible à résumer puisqu’il s’agit d’une suite de saynètes, des histoires qui ne ressemblent pas, qui parfois se suivent, et qui mettent en scène des personnages récurrents à commencer par le démon de procrastination. De quoi faire rager le dessinateur qui aimerait avancer dans son boulot mais qui ne peut pas. On y rencontrera une nymphomane qui se dit athée, des visages qui se parlent, pas mal de gens d’origines différentes (dont pas mal d’asiatiques), un héros appelé Low Bro qui n’est pas sans rappeler ce que Rob Liefeld pouvait nous offrir sur son label Extreme (ou Awesome comme vous voulez), une artiste qui peint de la merde, des points qui parlent, une médecin phallocrate, une aviatrice amatrice pendant la première guerre mondiale ou encore une détective privé très bourrine et sans scrupules.

Et de quoi parlent tous ces gens ? Ben surtout de la nature humaine, des doutes que l’on ressent, de la colère, des erreurs que l’on commet. A travers ses personnages, J. Marc Schmidt va vous raconter tout ce qui lui passe par la tête. Ca n’a parfois aucun sens logique et c’est souvent complètement étrange. Mais l’auteur parle de ce qui l’interroge visiblement, à savoir son boulot, la religion et le sexe. Pour son travail, c’est toutes les scènes avec le démon de la procrastination et son frangin, celui de la dépression. Pour la religion, il y a bien entendu les aventures régulières de la nymphomane mais aussi une bande dessinée sur l’athéisme (avec à mon humble avis, un léger contresens sur le propos) et puis le sexe ? Hé bien, il va s’inviter très très régulièrement tout au long du bouquin. D’ailleurs, les personnages sont souvent nus et représentés avec leurs attributs sexuels bien visibles (heureusement, Low Bro ne sort pas son engin, mais il en parle et il en est très fier !). C’est souvent cru et pourtant ça passe, notamment son personnage à poil qui pourrait bien représenter la vérité toute nue. En tout cas, celle de l’auteur. C’est aussi très souvent cruel, drôle d’une certaine manière, ce qui pourrait rapprocher ce livre des affreusetés de Douglas Paszkiewicz dans Arsenic Lullaby.

Si j’ai choisi de prendre ce bouquin, c’est bien parce que J. Marc Schmidt est le dessinateur des Sixsmiths. En allant voir l’article sur cette famille de satanistes sympathiques, vous vous ferez une idée du trait de l’artiste. Dans AYBCGJOAB (ouf !), le tout est agréable à lire. L’auteur réalise des personnages cartoons mais toujours bien proportionnés, se permet une mise en scène tout à fait correcte et même quelques passages de collage ou bien de caricatures au crayon à papier.

Au final, pourrais-je vous conseiller ce livre ? Peut-être pas, parce qu’il est véritablement très particulier. Le fait que les titres soient absents des histoires diminue un peu leur effet et leur conclusion très abrupte pourra en rebuter plus d’un. Ceci étant, j’y ai globalement trouvé mon compte : c’est amusant (à défaut d’être drôle), c’est acide (à défaut d’être méchant) et c’est aussi parfois assez attachant.
Mais très très très particulier. Voilà, vous êtes prévenus.

Pour vous faire une idée du graphisme, la page de vente de l’éditeur avec quelques dessins dedans.


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