Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Marvel Comics > Avengers vs X-Men #1-12

Avengers vs X-Men #1-12

vendredi 8 février 2013, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Brian Michael Bendis, Jason Aaron, Ed Brubaker, Jonathan Hickman, Matt Fraction & Jeph Loeb / John Romita Jr., Olivier Coipel, Adam Kubert, Frank Cho & Ed MacGuinness)


A 80 000 années lumières, Nova arrive auprès de la planète Birj pour prévenir son tyran, Terrax, que la planète doit évacuer tous ses habitants. Qu’est-ce qui oblige une telle nécessité ? La force Phénix bien sûr, prête à annihiler une planète pour lui fournir un redémarrage digne de ce nom. Terrax ignore le flic de l’univers et périt avec tous ses sujets mais la force Phénix ne s’arrête pas là et Nova se rend compte qu’il doit prévenir les humains. Une arrivée catastrophique qui allume tous les détecteurs spatiaux de la planète. Mais comme Nova s’écrase bien entendu en plein New York (belle visée, n’est-ce pas ?), ce sont les Vengeurs qui sont les premiers à l’accueillir. De l’autre côté des Etats-Unis, Hope ressent l’appel du Phénix et Cyclope est prêt à passer à cette nouvelle étape dans le renouveau du monde mutant.
Les Vengeurs, plutôt moins, et Wolverine est d’accord avec eux : le Phénix ne doit plus s’incarner, ni en Hope ni en personne d’autre au risque de vivre une nouvelle catastrophe. Avis divergents, grosses équipes avec des poids lourds, taupes insérées dans différentes positions et forcément, quand les Vengeurs arrivent sur Utopia pour récupérer Hope afin d’éviter que le Phénix s’incarne, c’est la baston.

Au moins, il n’y a pas mensonge sur la marchandise, c’est écrit en gros sur la couverture : les Vengeurs contre les X-Men. Et c’est bel et bien ce qui va se passer. Bien entendu, au fur et à mesure des batailles, les camps vont légèrement évoluer. Mais grosso modo, beaucoup de mal sera fait, certains personnages seront déchirés entre leurs liens familiaux et d’autres plus biologiques, il n’y aura pas vraiment de gentils et pas vraiment de méchants et tout le monde va en prendre pour son grade.
C’est finalement le sentiment qui ressort de ces pages : de l’aventure fun avec des bastons qui en mettent plein la vue ? Non. Des personnages qui règlent des rancoeurs qui traînent depuis des années ? Oui. De l’explosion en veux-tu en voilà ? Oui, beaucoup, à tel point qu’on se demande parfois d’où elles peuvent bien sortir. Je veux bien que le Phénix perturbe l’ordre des choses jusqu’à la Nature elle-même mais quand même, il y aura un bel abus des effets pyrotechniques pour la simple raison que ça fait joli. Des bonnes idées pour relancer l’intrigue, enfin je veux dire, la suite incessante de combat ? Ben, le problème, c’est qu’il y en a, elles sont bonnes mais pas assez nombreuses. L’effet de décompression se fait sentir, on est sur 12 numéros taille large, les scénaristes ne peuvent ou ne veulent pas sortir du rail qui leur est donné. Donc oui, bien sûr, il y a quelques idées intéressantes par rapport au Phénix et aux personnages qu’il touche, mais quand on voit que la solution du problème est si simple, on se demande franchement pourquoi ça dure 12 numéros.

Dans des gros blockbusters comme ça, il faut à défaut d’une histoire super solide de bons dessinateurs et au vu des noms cités ci-dessus, on pourrait penser que Marvel frappe fort. Dans l’annonce oui, dans les faits un peu moins : je passe sur les sept pages réalisées par McGuinness, et on commence avec le numéro de Frank Cho. Dès la scène d’ouverture, on sent que quelque chose ne va pas. Les véhicules sont loupés, la perspective étrange et les scènes suivantes avec les personnages ne sont pas des plus réussies. Oui, dès qu’il y a une splash-page ou bien des personnages en premier ou gros plan, on retrouve le dessinateur au meilleur de sa forme mais dès qu’on passe au second plan, c’est le drame, d’autant que j’ai bien l’impression que Cho ne sait pas dessiner des personnages masqués en dehors des couvertures. En tout cas, le résultat est loin de m’avoir convaincu.
Arrive ensuite la locomotive Romita Jr à qui on peut reprocher à peu près les mêmes choses qu’à Cho, si ce n’est que même les gros plans ou les personnages de premier plan sont parfois eux aussi loupés. Comment est-ce qu’un dessinateur avec autant d’expérience peut se permettre des planches pareilles ? Soit il a salopé le boulot, soit on ne lui a pas laissé beaucoup de temps. C’est ce deuxième point qui me semble à privilégier quand on regarde le travail d’Olivier Coipel, l’artiste que j’ai préféré sur ce bouquin. Coipel semble vouloir changer son trait, on reconnaît moins son style même s’il réapparaît de temps en temps. C’est tout à son honneur de vouloir intégrer d’autres choses dans son style mais ça coince parfois et rend le boulot moins lisse. Quant à Adam Kubert, je n’ai jamais été un grand fan, donc je ne peux pas réussir à apprécier tout ce qu’il fait. A noter, comme c’est le cas avec Romita Jr., que les planches que j’ai le plus appréciées chez Kubert, sont des planches où les héros sont en civil.

12 numéros ! Pourquoi est-ce que cela dure 12 numéros ? C’est bien simple : les personnages sont arrivés à un tel point de complexité dans leur personnalité qu’ils ne peuvent pas changer de caractère du jour au lendemain. Il leur faut donc le temps et les épreuves pour arriver à modifier ou non leur idée de la vie. Et pour le coup, Avengers vs X-Men est complètement dans la droite lignée de ce qui se fait depuis le début surtout chez les X-Men, cela ne pouvait pas se passer autrement. C’est peut-être ça le véritable drame, cette histoire était nécessaire et devait prendre son temps pour être racontée même si elle ne contient que peu d’intérêt. Les fans de la continuité qui auront longtemps vécu avec les personnages auront certainement des frissons en lisant cette saga. Ceux qui veulent voir ce qui se passe dans l’univers Marvel n’auront pas droit à quelque chose au niveau de Civil War. Plus intéressant que Siege ou Secret Invasion mais aussi nettement plus long, Avengers vs X-Men est une lecture qui peut bien se résumer en quelques phrases. Je vous les mets en spoiler ci-dessous.

Spoiler

La sorcière rouge arrive et essaie de retourner au manoir des Vengeurs mais ces derniers la renient. Jusqu’au moment où le Phenix arrive et qu’ils sont bien obligés de la reprendre puisqu’elle est la seule à pouvoir le contre-carrer. Quand Iron Man attaque le Phénix, celui-ci s’incarne dans cinq X-Men différents au lieu de Hope : Cyclope, Emma Frost, Namor, Colossus et Magik. Si les X-Men changent le monde pour le mieux au début, ils sont corrompus subtilement au fil du temps. Quand ces derniers sont battus, la force Phenix les quitte pour se concentrer uniquement dans Scott Summers qui devient le Phénix puis le Phenix Noir. C’est la combinaison des pouvoirs de la Sorcière Rouge et de Hope (entraînée dans la cité de Kun L’un) qui réussira à exploser le Phénix en millions de morceaux se répandant sur Terre et relançant la création de mutants, limités en nombre depuis que Wanda Maximoff avait pété les plombs dans House of M. A part ça, les X-Men possédés sont en taule et le Professeur Xavier a été tué par Cyclope.

Ah, j’ai essayé de faire fonctionner les passages en Réalité Augmentée (là, où il y a le logo AR) et ça n’a pas fonctionné avec ma tablette.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com : (couverture rigide qui contient la maxi-série plus la mini-série AvX : Vs)

Sur Amazon.fr : (pas trouvé l’équivalent, seulement un couverture souple avec la maxi-série seule)

En VF :

Le récit est paru en kiosque. On peut compter sur Panini pour publier plus tard un bouquin en librairie.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0