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Spaceman #1-9

vendredi 28 décembre 2012, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Brian Azzarello / Eduardo Risso)

Orson est une créature humanoïde, presque humaine tout en étant proche du singe. Monstrueux, musculeux, il vit de ce qu’il peut trouver dans des épaves
afin de se faire quelques crédits qui lui permettront de payer entre autres les services d’une prostituée en ligne en face de laquelle il coupe la caméra
de la video-conférence. Vivant dans le ghetto d’une cité déjà pas très reluisante dans un monde détruit à la façon "post-apocalypse", il se souvient aussi de
sa vie sur Mars, quand il terraformait la planète en compagnie de quatre de ses frères, des humains génétiquement crées pour la tâche. Mais même la prise d’une
drogue "maison" ne pourra pas le préparer à ce qu’il va découvrir en allant un peu plus loin que permis dans sa recherche d’épave. Le voilà embarqué, bien contre son
gré, dans une histoire d’enlèvement d’enfants le tout lié à la plus grande émission de télé-réalité.

Brian Azzarello (100 Bullets, Superman : For Tomorrow, ...) tâte donc du récit futuriste avec Spaceman en allant toucher du doigt pas mal de sujets de société. Manipulation
génétique, télé-réalité, réseaux sociaux et connectivité des humains, mais aussi climat social délétère où les habitants du ghetto doivent se serrer les coudes pour pouvoir survivre.
De ce côté, on retrouve l’amour du scénariste pour les petites frappes qui vont avoir du mal à aller jusqu’au bout de leur plan, sachant que les adversaires sont nettement plus énormes
qu’eux. Mais Spaceman, heureusement, n’est pas qu’une histoire de fripouilles dans un décor à la Blade Runner. Non, à travers Orson et ses frères, il sera aussi question d’amour, de pardon
et de compassion. Azzarello nous propose dans Spaceman deux intrigues qui ne se déroulent pas au même moment mais qui sont toutefois présentées en parallèle avec des enchaînements en voix-off
réussis. De quoi gagner en intérêt pour le personnage principal, espèce de monstre au croisement d’un Hulk et d’un Mr Hyde de la Ligue Extraordinaire. Il sera au centre d’une intrigue policière
elle aussi très bien menée où les personnages se croisent de façon fort logique et où les Deus Ex Machina sont peu nombreux.

C’est son comparse de 100 Bullets ou encore Jonny Double qui l’accompagne, à savoir Eduardo Risso. Le résultat, merveilleux. Des splash-pages de situation qui plantent le décor,
des personnages avec leur propre personnalité (même si les différences entre enfants sont subtiles) et des héroïnes sexys comme il faut. Orson, là encore, est superbement représenté
et ses émotions sont palpables, on ne peut que se prendre de sympathie pour un tel personnage. Alors forcément, Vertigo oblige, ça envoie sec notamment dans les scènes de fusillade et
le monde dans lequel les personnages évoluent est particulièrement craspec.

Cela n’empêche, j’ai avalé les neuf numéros de la mini-série d’une traite. Le récit prend un peu de temps à réellement entrer dans le corps de l’intrigue (deux bons numéros en ce qui me concerne)
mais ensuite, ça n’est que du bonheur. Une très bonne mini-série avec une conclusion un tantinet mélancolique. Si vous la lisez en VO, sachez aussi que l’argot d’Azzarello a encore pris un petit coup
dans la tronche, ce qui fait que tout n’est pas complètement compréhensible. Une fois qu’on a compris de quoi les personnages parlaient, ça n’est que du bonheur.


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En VO : (damned, je sens que je vais me le reprendre en version Deluxe)

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