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Tiny Kitten Teeth

lundi 24 décembre 2012, par Mathieu Doublet

(Autoproduit / Frank Gibson / Becky Dreistadt)

Mewsli est un jeune chat qui doit s’occuper de la boulangerie tenue par son père. Mais autant dire que l’adulescent n’est pas franchement ravi par la carrière qui se profile, d’autant qu’il n’est pas
très doué pour faire du pain. Alors quand son pote Tugboat lui parle de la possibilité d’aller à l’université, c’est une belle porte de sortie qui s’offre à lui. Ce qu’ignore Mewsli, c’est que cette
université rêvée se situe dans une grande ville où les règles ne sont pas forcément les mêmes que celles de son petit village. Heureusement qu’il va se faire quelques amis sur place car la vie de l’université
est remplie d’embûches, à commencer par la première, qu’y étudier ?

Projet Kickstarter qui a très bien fonctionné, Tiny Kitten Teeth est donc le fruit du travail de trois ans.
Frank Gibson & Becky Dreistadt se sont lancés dans l’aventure du comic-book disponible sur Internet (le début est ici) et avaient bien entendu envie
de passer à la version papier, luxueuse ceci étant. Et le résultat est absolument somptueux dans la forme : joli bouquin à couverture dure et toilée, marque page en tissu, joli papier et même un "bookplate"
à l’intérieur pour marquer l’édition limitée à 300 exemplaires, du bien bel ouvrage.

Seulement, à la lecture, c’est une autre paire de manches. C’est l’énorme point faible du bouquin : il n’y a pas d’histoire, pas de résolution au problème initial. En effet, on part avec Mewsli dans une quête
initiatique, où le héros doit d’abord trouver ce qu’il est, ce qu’il aime faire, tout en ayant la sécurité d’avoir l’entreprise familiale au cas où ses rêves ne l’emmèneraient pas où il l’espère. 134 pages plus loin,
où en est-on ? A peine a-t-on eu le temps de faire connaissance avec les personnages que le tout est terminé. Il y a deux intrigues dont je n’ai absolument pas compris le fin mot de l’histoire (ellipses beaucoup trop
importantes) et dont la finalité arrive sans que j’en ai véritablement été intéressé. Les personnages parlent beaucoup pour ne rien dire (avec un vocabulaire dont je me demande encore si je l’ai bien compris) et je n’ai finalement pas appris grand chose si ce n’est que la vie à l’université,
c’est vraiment le temple de la débauche. A ceux qui s’attendraient à un livre pour enfants, Tiny Kitten Teeth n’en est clairement pas un, tellement les personnages sont obsédés par l’argent et l’alcool. Dommage que les auteurs
n’ont visiblement pas eu envie d’aller plus loin, avec quelques vices en plus, la BD aurait atteint le domaine d’un Fritz The Cat et avoir un peu plus de fond.

Alors que tirer de bon de cet album ? Le graphisme pardi. Les personnages et les illustrations sont tout bonnement superbes. Alors oui, au niveau de la narration, il y a encore pas mal de choses à revoir, la mise en pages quatre cases
étant peut-être efficace en terme de webcomics et de périodicité mais endort à la lecture de livre papier. De jolies couleurs à l’aquarelle, des personnages mimis tout plein dont les expressions sont maîtrisées et qui seraient plus proches de
l’écurie Hanna-Barbera que de la Warner Bros et au final, une petite touche surranée vraiment pas désagréable. Becky Dreistadt est une artiste accomplie à qu’il manque simplement un cadre un peu plus libre dans lequel évoluer.

Hé oui, dans les projets Kickstarter, on peut aussi parfois se tromper et ne pas être fan du résultat final, sauf à considérer Tiny Kitten Teeth comme un artbook et une carte de visite super luxueuse pour l’artiste. A noter que les produits dérivés auxquels
j’ai eu droit étaient eux aussi de très bonne qualité.


Pour acheter ce livre :

Quelle bonne question ! En tout cas, le site officiel de la série et des créateurs se trouve ici : http://www.tinykittenteeth.com/