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Cautionary Fables & Fairy Tales

samedi 8 décembre 2012, par Mathieu Doublet

(Autoproduit / Mary Cagle, K.C. Green , Kate Ashwin, Katie & Shaggy Shanahan, Lin Visel, Kory Bing, Kel Mc Donald, Joe Pimenta)

lu en numérique, fichier PDF reçu suite à la participation au projet Kickstarter

"Encore une anthologie ?" me direz-vous et oui, c’est bien de cela qu’il s’agit. 200 pages, noir & blanc, format digest et surtout huit contes ou fables refaites à la sauce "tiens, je vais y apporter une nouvelle idée". Et ça marche quand même très bien : au programme, des choses assez connues comme Raiponce, le joueur de flûte de Hamelin, Jacques et le haricot magique ou encore le Chat Botté, mais aussi d’autres histoires que je ne connaissais qu’assez peu voire pas du tout : Bisclavet, Tatterhood, Nixie and the Mill-Pond, ou The Singing Bone.

8 contes donc qui seront entièrement adaptés par un artiste en roue libre qui va véritablement s’approprier le matériau de départ et en faire ce qu’il en veut. Au final, c’est quand le conte va jusqu’au bout du concept que le récit est le plus réussi. Le chat botté, par exemple, héros manipulateur et sans scrupule, va aller jusqu’au bout de son raisonnement à la fin du récit. La plupart, du temps, les contes sont tout de même bien raccourcis, ce qui pourra poser quelques soucis aux fans qui en auront trop peu pour leur soif. Il faut dire que ces 200 pages se lisent et se relisent à toute vitesse car la plupart des auteurs réussissent à faire de la bande dessinée efficace avec un nombre assez réduit de cases et surtout un texte bien taillé comme il faut, se concentrant sur l’essentiel. Par exemple, dans son conte, Jacques ne fera pas trois voyages chez l’ogre mais un seul, ça casse franchement la structure répétitive du conte mais on peut aussi le comprendre en matière de bande dessinée qui joue simplement sur des idées graphiques.

Et graphiquement, on passe d’un style mignon tout plein style manga (Jacques) à un style plus cartoon-trash. Les ambitions cartoonesques sont aussi de la partie pour le Chat Botté proche à mon humble avis d’une école à la Don Bluth. Tatterhood est peut-être ce qui pourrait nous sembler le plus familier avec des personnages qu’on pourrait très bien avoir vu dans d’anciens numéros de Spirou. Raiponce fait lui aussi dans un dessin d’inspiration japonaise mais est peut-être celui qui fait le plus amateur sur certaines cases. Le conte Nixie and the Mill-Pond sera quand à lui représenté de façon assez claire, avec une économie de lignes et des aplats gris qui donne une impression de vide malgré une narration très fluide. Arrive le Bisclavet de Kel Mc Donald qui est l’instigatrice du projet (elle en a même monté d’autres projets comme Fame & Misfortune dont je vous parlerai dans un futur plus ou moins lointain). Mc Donald est peut-être l’artiste la plus classique du lot, en tout cas, celle qui s’apparente le plus à la bande dessinée dans sa conception large. Pourtant son style reste très personnel et ne marque pas d’influence majeure. Pour finir le Joueur de flûte de Hamelin clôt le livre avec des planches magnifiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Skottie Young sur le magicien d’Oz. Ceci étant, Joe Pimenta a lui aussi un côté propre et ne se contente pas de repomper d’autres styles.

Avec des contes comme Raiponce ou le Joueur de flûte de Hamelin, il est tout de même à noter que Cautionary Fables & Fairy Tales n’est pas forcément destiné à un jeune public, les histoires allant parfois très rapidement à leur conclusion tragique. Leur traitement très visuel peut être assez impressionnant. L’amateur de contes qui apprécie qu’on les triture en aura lui pour son argent. De mon côté, je l’ai lu deux fois et l’ai beaucoup apprécié lors de ces deux lectures.


Pour acheter ce livre, en VO, disponible en papier et en version numérique, il vous suffit d’aller sur http://cfft.bigcartel.com/