Onirique Comics 7.1

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Far Arden

vendredi 30 novembre 2012, par Mathieu Doublet

(Top Shelf / Kevin Cannon)

Army Shanks est un loup de mer, ancien de la RCAN (Royal Canadian Army Navy), accompagné par Hafley. Leur but, récupérer le navire Areopagitica vraisemblablement surveillé par ces enflures de soldats canadiens.
Sauf qu’à bord du navire, Army retrouve Fortuna, son ancien amour qu’il pensait être noyée. Tout comme Pinho, lui aussi censé être mort, et pourtant bel et bien marié à Fortuna. Le couple ne cherche qu’une chose : le plan de Far Arden, une île paradisiaque et mythique en plein pôle Nord. Autant dire que si Army Shanks est le seul à connaître encore l’emplacement de l’île grâce à une carte qu’il a mémorisé, cela fait de lui une personne d’importance. Alors maintenant, pourquoi prend-il en charge un orphelin dans sa fuite à face à Fortuna et Pinho ? Que viennent faire dans toute cette histoire un couple de jeunes adultes, messagers d’une étrange lettre ? Pourquoi y a-t-il un étrange cirque itinérant qui tourne autour de ces personnages ? Vous le saurez en lisant Far Arden.

Autant dire que Kevin Cannon, en publiant son comic-book sur Internet, y est allé franco : ça commence sur les chapeaux de roues avec une bagarre de bar dans la plus grande tradition des westerns et autres comics de Batman, et ça ne s’arrête tout simplement plus. Dès que l’intérêt a la moindre petite occasion de retomber, une nouvelle péripétie arrive et relance tous les personnages. Cannon a beau sembler y aller à l’improvisation sur les débuts, les éléments se raccrochent au fur et à mesure et mènent à une conclusion qui aura le bon goût de bien marquer le lecteur. Alors oui, il y a un nombre improbable de péripéties ; oui, les personnages semblent guidés par des Deus Ex Machina bien commodes, mais le monde dans lequel ils évoluent est petit et il peut sembler logique qu’ils se rencontrent fréquemment. Ceci dit, l’auteur ne cherche pas à duper ses lecteurs et joue clairement avec les clichés et les codes du récit d’aventure. On peut d’ailleurs noter qu’à chaque fois qu’on atteint un moment crucial et épique de l’histoire, il y a la petite note qui fait s’écrouler le château de cartes. A partir du moment où tout cela est voulu, il n’y a plus qu’une chose à considérer : le fun !

Et Far Arden en contient une bonne, de dose de fun. Sauf qu’elle est rarement là où on l’attend et qu’elle se mélange avec des épisodes plus sérieux (notamment avec le thème récurrent de la mort), ce qui fait qu’elle est encore plus agréable quand elle arrive. Le dessin de Cannon y est d’ailleurs pour beaucoup. Le style est assez particulier, assez brut de décoffrage et montre pourtant tout le savoir-faire que possède l’illustrateur, ça a un rythme endiablé et c’est fluide comme les personnages dont beaucoup font preuve d’une étonnante élasticité, surtout pendant les scènes de bagarre où Army Shanks devient le plus destructeur des surhommes. A cela, Cannon ajoute un travail sur les onomatopées qui vont être des descriptifs d’action, un peu comme on peut le retrouver chez Brandon Graham par exemple (King City, Multiple Warheads, Prophet) : plutôt qu’un "Pow !", vous aurez droit à un "Face Punch" qui fonctionne à merveille, la puissance des mots soulignant l’action illustrée.

Far Arden est donc une très bonne surprise, presque 400 ans qui défileront à toute allure et qui montrent que l’auteur a le sens du drame et du feuilleton épisodique. Le récit possède donc une fin mais si vous savez lire l’anglais, je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur la revue numérique Double Barrel lancée par Zander & Kevin Cannon (aucun lien de parenté). Cette revue contient entre autres, Crater XV, qui reprend le personnage d’Army Shanks après les événements de Far Arden. Et autant vous dire que c’est toujours aussi bon.

L’avis en musique de B.O. BD

Et vous pouvez même le lire en ligne gratuitement sur le site de l’auteur


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