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Retrovirus

lundi 26 novembre 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jimmy Palmiotti & Justin Gray / Norberto Fernandez)

Lu en numérique.

Zoe Wallace est une scientifique experte dans le domaine des virus. Elle participe souvent à des conférences afin de prévenir les pouvoirs politiques et les grandes entreprises pharmaceutiques des dangers de la création, du clonage et de la propagation de différents virus qui pourraient tous bien nous achever un jour ou l’autre. Lors d’un colloque, elle est approchée par deux hommes en costume qui représentent Biopharm et qui l’intriguent au plus haut point. L’offre est alléchante : un virus étrange, une belle enveloppe financière et bien entendu une liberté totale avec la promesse qu’elle ne travaillera pas pour développer une nouvelle arme bactériologique. Si Zoe a quelques doutes sur l’honnêteté de l’offre, elle l’accepte d’autant plus que son fiancé a des troubles comportementaux, qu’il a décidé d’arrêter de prendre ses médicaments et qu’il a mis son appartement à sac. Du coup, la voilà partie en Antarctique, une semaine plus tard, à s’engager dans une forteresse très bien protégée. Et pour cause, Biopharm travaille sur de l’ADN d’homme préhistorique. Autant dire que toutes les découvertes concernant ses humanoïdes aux caractéristiques ultra-développées pourrait attiser les convoitises. Quand bien même ses hommes préhistoriques seraient à la limite du berserk. Une menace tout à fait contrôlable en quelque sorte ...

Le duo Palmiotti et Gray s’engage dans la voie Kickstarter après le succès du financement de Queen Crab. La donne est la même, un album cartonné avec une histoire de 64 pages plus quelques pages de bonus, essentiellement quelques sketches de l’artiste. Au programme de Retrovirus, un danger relativement plausible, une base concrète aussi bien technologiquement qu’humainement et une femme au caractère bien trempé plongée dans tout cela. Le duo d’auteur ne s’est jamais caché concernant les récits de genre. S’ils ont déjà tâté du récit zombie (Last Resort) et même du récit de microbe (Prototype), ils poussent le bouchon un peu plus loin dans Retrovirus avec un mix entre les deux genre précités auquel ils ajoutent le film préhistorique. Alors non, il n’y a pas de dinosaure mais avec la scène d’ouverture du bouquin, vous devriez avoir votre lot de sauvagerie d’autant que les cro-magnons vont se faire une joie d’exprimer tout leur amour envers leurs descendants en les dépeçant comme il se doit.
Côté aventure et action, le compte est bon. Côté fond de l’histoire et message anti-militaire, on a là aussi de quoi faire, même si on est plus dans le cas classique d’une erreur de film d’horreur que d’un message politique.

La partie graphique est l’affaire de Norberto Fernandez qui a déjà travaillé avec Gray & Palmiotti sur le one-shot The Tattered Man (non chroniqué ici). Le dessinateur est doué, ses hommes préhistoriques ont une classe et une sauvagerie qui en font le point central de l’histoire et une force incontrôlable particulièrement efficace. Ceci étant, je suis moins convaincu par son travail sur Retrovirus. Il y a des cases qui sont absolument superbes, même pour les personnages modernes dirons-nous, et d’autres, qui le sont moins. Techniquement, c’est très réussi, il n’y a pas de problèmes de proportions ou même de mise en scène. Seulement, je suis moins client de son style dans les expressions du visage de Zoe notamment.

Ma première réaction en lisant Retrovirus a été cette impression régulière chez Gray & Palmiotti que l’histoire se termine un peu trop rapidement. Pourtant, en faisant plus attention au découpage, on se rend compte que l’histoire est bien équilibrée et que c’est la fin au rythme nettement plus rapide qui amène le lecteur à en vouloir plus. Ceci étant, je ne pense que 10 pages de carnage de plus aurait changé grand chose. Mais peut-être que quelques rebondissements de plus dans ce final très orienté action aurait donné une valeur ajoutée. Ceci étant pour ceux qui veulent de la bande dessinée distrayante, bien fichue et violente, Retrovirus est un bon choix.

Lien : le projet Kickstarter initial


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