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Chroniques du Grimnoir tome 1 : Magie Brute

dimanche 18 novembre 2012, par Mathieu Doublet

(L’Atalante pour la VF / Larry Correia)

Jake Sullivan est un héros de la première guerre mondiale qui a eu un souci de carrière, un incident de parcours, et qui a dû purger de longues peines à Rockville, un centre pénitentiaire pour les gens comme les
nuits, ceux qui un beau jour, sont nés ou se sont réveillés avec des pouvoirs. Car oui, Jake Sullivan est ce qu’on pourrait appeler un magicien, division Lourd plus précisément, ce qui veut dire qu’il peut modifier la gravité autour de lui. Sans être télékinésiste, on s’en rapproche. Si Jake veut voir ce qu’il y a en dehors de sa cellule, il est obligé d’obéir au FBI et d’aider les fédéraux à attraper d’autres actifs comme on les appelle. Aujourd’hui arrive le dernier ordre de mission, et forcément, Jake doit capturer quelqu’un qu’il connaît, une certaine Delilah Jones, une massive (pouvoir : augmenter la densité de son corps quitte à en faire de la pierre), avec qui il a eu une aventure. Ce dont Sullivan ne se doute pas, c’est que Jones n’est pas seule. Elle fait même partie d’un groupe d’actifs qui serait bien capable d’éviter que le Japon ne se décide à dominer toute la Terre. Mais ça, Sullivan va avoir le temps de l’apprendre.

Voilà l’une des entrées de Magie Brute, l’autre suivant une jeune fille élevée comme une fermière qui est une voyageuse (pouvoir : téléportation) dont le gentil papi d’adoption va se faire trucider pour avoir gardé un étrange objet. Les deux se recoupent forcément et permettent à Larry Correia de ne pas nous raconter un seul destin de sauveur de l’humanité mais deux. Pour le reste, tout est là : deux factions : les gentils et les méchants, une grosse menace inter-planétaire, des relations de famille compliquées, des gentils qui se mettent sur la tronche avant de se rendre compte qu’ils sont dans la même équipe, bref, nous sommes en terrain bien connu : celui des comics super-héroïques. Les mages du Grimnoir pourraient bien s’appeler les X-Men (ils vont même à un moment avoir la mission de sauver les actifs), les vilains de l’Empire japonais pourraient s’appeler la Confrérie des Mauvais Mutants, que cela ne changerait absolument rien à l’affaire. Tout juste y aurait-il une explication au pouvoir des mutants. D’ailleurs, sur ce coup-là, Correia s’en tire vraiment bien et s’il joue la carte du personnage bourrin qui est plus malin qu’on ne pourrait le croire, tout le système de magie est assez bien pensé et pourrait donner des intrigues intéressantes par la suite.

Malheureusement entre ce système de magie (qui n’est pas sans rappeler pas mal de systèmes de jeux de rôle) et la seule ambiguïté du bouquin (bien gérée, j’avoue avoir été berné jusqu’à la révélation), il n’y a pas grand chose qui vous fera gamberger : ce ne sont que des courses poursuites et des scènes de baston mettant en scène plus ou moins de personnages. Le scénariste varie bien son sujet de prédilection et écrit assez bien les scènes de grande bataille avec des armes de plus en plus puissantes aussi bien que les duels qui font penser à ceux de Matrix.

Magie Brute affiche plus de 450 pages au compteur avec une mise en place des personnages que j’ai trouvé un peu longuette. Le bouquin est parsemé de bonnes idées (le monde uchronique est souligné par les paroles de personnages célèbres comme Albert Einstein, Al Capone, Abrahma Lincoln mais forcément modifiées par le cadre de l’histoire) mais se raccroche beaucoup trop à des références diverses des mondes de l’imaginaire. Si je n’ai eu aucun problème à lire ce livre jusqu’au bout, j’avoue que je ne suis pas sûr d’attaquer une éventuelle suite (sortie l’année dernière en VO). En fait, les Chroniques du Grimnoir ont tout du parfait cadre pour jeu de rôle mais ça ne suffit pas à en faire un roman intéressant. Divertissant oui, intéressant non.


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