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Cowboy Ninja Viking #6-10

mardi 18 septembre 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / A.J. Lieberman / Riley Rossmo)

Ghislain et Blaq, les deux scientifiques, ont maintenant leur propre équipe de Triplets, ces patients souffrant de personnalités multiples entraînés pour être des assassins. Et pour Duncan, le Cowboy Ninja Viking, les choses se sont sensiblement compliquées : en effet, il est maintenant coincé entre la fugueuse passion qu’il entretient avec Grear, une autre Triplet, et Nix, l’agent embauchée par Ghislain pour travailler avec Duncan. Autant dire que la Karateka Chef Cuisinier Tireuse d’Elite n’aime pas vraiment la tournure des choses. Ghislain non plus et il décide donc d’envoyer Duncan aller voir un psychiatre, son bon ami le docteur Meyeroffer. Ce dernier devrait réussir à aider le Triplet à régler tous les problèmes qui le troublent. Mais le psychiatre semble avoir trop bien fait son travail puisqu’en pleine opération à Bangkok pour récupérer une tête nucléaire, Duncan se rend compte d’un truc : plus personne ne parle dans sa tête, il est guéri !

A.J. Lieberman démarre la seconde partie de sa série après avoir réglé d’une certaine façon le cas des Triplets. Mais cela ne résout pas tout et surtout pas la question des nombreuses taupes qui sont placées un peu partout dans la hiérarchie secrète qui relie les Triplets aux pouvoirs politiques américains. Du coup, il faut essayer de dégraisser un peu tout ça et rien de tel qu’une opération ordinaire qui foire pour révéler qu’il y a quelque chose de pourri (au royaume du Danemark ou ailleurs). Le scénariste va donc mélanger ce petit monde en donnant tout d’abord pas mal de dynamisme à son récit en jouant sur des flash-backs et des flash-forwards qui fonctionnent bien. Les scènes d’action sont toujours aussi explosives et violentes et gardent toute leur intensité même si le gros des numéros est occupé par des discussions entre les personnages dotés de leurs personnalités multiples bien entendu. De quoi multiplier les échanges et leur donner humour et croustillant. J’ai trouvé d’ailleurs assez agréable que les moments intérieurs aux Triplets ne soient pas si bien délimités que ça. Cela laisse la porte ouverte à bien des interprétations sur les dialogues de chacun et sur le fait que les autres peuvent les entendre ou pas.

Riley Rossmo est toujours aux commandes des pinceaux et pour ce second arc, il change un peu la donne. En effet, dans le premier arc, il utilise un jeu de couleurs très restreint puisqu’il y a du noir & blanc ainsi qu’une seule couleur. Pour les cinq numéros qui nous intéressent, les palettes augmentent en nombre de couleurs. Alors non, on n’est pas dans le cas d’un comic-book ordinaire et les couleurs sont toujours traitées par blocs et sont rarement plus de 4 sur une page. L’effet graphique est donc le même au niveau de l’efficacité et gagne même en richesse. C’est le cas dans le numéro 6 où les teintes permettent de savoir à quel moment de l’histoire on se trouve. Une aide à la lecture comme une autre qui n’est ni négligeable, ni déplaisante.
Le style de Rossmo est donc le même : avec un mélange de traits très précis et d’autres très esquissés. Les détails sont toujours quand il y en a besoin et dès que la scène prend un peu de recul on comprend bien ce qui se passe sans avoir trop d’informations. L’occasion pour le dessinateur de manipuler ses personnages en caoutchouc ce qui ne manque pas de leur donner dynamisme et un poil d’humour cartoon. Car si CNW est une bande dessinée avec ses moments gores, tout cela n’est vraiment pas à prendre au sérieux et les dessins de Rossmo véhiculent parfaitement l’ambiance souhaitée.

Alors, le gros souci de CNW, c’est que la série a été annulée suite à des ventes trop faibles et peut-être un concept trop bizarre pour les lecteurs américains (avec un format comics silver age, plus grand qu’habituellement, les auteurs et Image Comics n’avaient pas fait les choses pour brosser les fans dans le sens du poil - ceci dit, ça n’a pas dérangé la série King City de Brandon Graham publiée dans le même format). Du coup, à la fin du numéro 10, il y a un retournement de situation qu’on attendait depuis un petit moment qui est trop rapidement réglé pour être entièrement honnête. La dernière page, qui se déroule "douze numéros plus tard", est assez amusante, laisse le lecteur se faire une idée de ce qui a pu se passer et surtout replonge Duncan dans des ennuis qu’il ne connaît que trop bien. Une fin qui est à l’image de toute la série : unique mais qui aurait gagné à être un peu mieux conçue dans sa mise en page. Ceci étant, comme je le disais, Cowboy Ninja Viking est une lecture hors-norme et mérite votre attention.


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