Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > The Bulletproof Coffin #1-6

The Bulletproof Coffin #1-6

vendredi 19 octobre 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / David Hine / Shaky Kane)

Lu en numérique.


Steve Newman est un G-Men. Son boulot, vider les maisons des morts au bénéfice de la ville. L’avantage pour Steve qui est un collectionneur, c’est qu’il peut récupérer
tout ce qui n’a pas de véritable valeur marchande. Et de valeur marchande, le tas de comics qu’il va découvrir n’en a pas. Pour cause, il s’agit de numéros inédits de séries qu’il a
lu étant gamin et dont l’éditeur Big 2 n’a pas poursuivi les parutions. Il y a aussi cette étrange télé qu’on doit alimenter à coups de pièces de 25 cents. Bref, cette maison est un véritable
paradis pour ce geek. Le seul souci, c’est que la télé montre des choses qui se sont passées comme l’identité de l’assassin du fan de comics dont Steve a visité la maison.
Des hommes avec des lunettes noires, style menaçant.

Avec la parution de la seconde mini-série récemment chez Image Comics, The Bulletproof Coffin a récupéré sa réputation très flatteuse.
Autant dire qu’après avoir lu les six numéros, ce récit est du grand n’importe quoi en matière de "4ème mur". David Hine va aller très très loin dans le concept de barrière qui va séparer le monde
des comics du monde réel, la séparation entre les héros et leurs créateurs. En effet, Newman va devoir rencontrer les créateurs des comics qu’il a découvert et qui ne sont donc que
David Hine et Shaky Kane eux-mêmes. Autant dire qu’en matière de traitement réversif ou de mise en abyme, on atteint une démarche très jusqu’au-boutisme. Et ça fonctionne avec un final loin du happy end
qui laissera le lecteur acteur du bouquin dans un dernier clin d’oeil. Lecteur qui aura le plaisir de voir quelques détails évoluer comme le nom du héros qui changera au fur et à mesure de la mini-série.

Maintenant, si l’histoire est excellente, il faut quand même s’accrocher pour apprécier les dessins de Shaky Kane. La ligne est claire, les personnages parfois extrêmement détaillés, et la lecture du coup très claire.
Kane est à la fois un dessinateur qui y met du sien sur certaines planches ayant pas mal de patate et qui se limite au minimum syndical sur d’autres. Son style ne peut pas être écarté des comics underground qui s’affranchissent
donc d’un esthétisme séduisant. Sa Ramona a beau être assez mignonne, le dessin de Kane n’est pas ce qu’il y a de plus agréable à regarder. Ceci étant, le dessinateur créé un univers graphique à la mesure du scénario délirant et
avec un style plus mainstream, l’alchimie n’aurait peut-être pas fonctionné.

Avec un ton revendicatif assez méchant et défendant les droits des créateurs, The Bulletproof Coffin remercie ses lecteurs avec une histoire riche et un final qui explique véritablement tout. Un petit plaisir pour lequel il faut faire
l’effort de se plonger dedans.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Sur Amazon.com :

Sur Amazon.fr :