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Fantastic Life

samedi 13 octobre 2012, par Mathieu Doublet

(Blurred Books / Kevin Mutch)


Adam est un jeune artiste qui vit son passage à l’âge adulte pendant les années 80. A force de consommer de la drogue et de l’alcool, les frontières du fantasme et de la réalité sont de plus en plus floues. Alors qu’il glandouille dans une soirée où il cherche une fille à sauter et à éviter quelques raseurs, Adam se rend compte par une suite de rêves éveillés qu’il ne sait absolument plus où il en est, jusqu’à douter qu’il est l’auteur des gigantesques peintures qui ornent ses murs. Reste Anna, une jeune femme blonde qu’Adam apprécie et qui semble rester à ses côtés malgré ses maladresses continues. A moins que ces maladresses ne soient des tentatives imaginaires et donc ne s’étant jamais déroulées. Il n’y a plus qu’à fermer les yeux bien fort et espérer qu’en les ouvrant, il obtienne ce qu’il souhaite sans être envahi de zombies dont il ne comprend plus s’ils sont réels ou le fruit de son imagination.

Kevin Mutch nous annonce dans sa préface que tout ceci est basé sur des faits réels (mis à part la consommation de drogues) et que ces divers éléments sont liés les uns aux autres pour le bénéfice de cette histoire qui va donc mêler instants vécus et tout un pan de philosophie qui va se frotter à la science par le biais, par exemple, du principe d’incertitude d’Heisenberg. Si cela vous paraît des plus abstraits, ne vous inquiétez pas, Munch va se faire un plaisir de vous raconter l’essentiel. De quoi comprendre l’état d’esprit d’Adam qui cherche au contraire à avoir des principes bien établis dans sa vie et qui la voit donc chamboulée. Ce qui est intéressant, c’est que dès cet instant, ce sont des théories de mécanique quantiques qui s’enclenchent et qui permettent à l’auteur de franchir une barrière fantastique. Le récit prend une drôle de tournure, jouant toujours sur cette idée de frontière dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler l’univers de David Lynch.

Mutch va allier à cette histoire (cette vie) fantastique un dessin mêlant le réalisme et le cartoon. Le dessinateur a un style certain (rendez-vous sur son blog pour vous faire une idée) mais garde un réalisme entier. Même s’il y a des zombies, le tout reste très cohérent et on sent bien par les expressions des personnages, les détails des décors, qu’il s’agit là du quotidien d’un personnage qui pourrait être n’importe qui. Au jeu de la comparaison, je dirais que Mutch se situe dans une école de comics underground. Les personnages détourée et certains regards m’ont fait penser à un Charles Burns "propre". Narrativement parlant, Mutch fait de l’excellent boulot et ne m’a jamais perdu pendant toute l’histoire, alors que le thème s’y prête fortement.

Fantastic Life est le genre de bouquin qui est fascinant si les ambiances étranges de personnages ne sachant plus vraiment s’ils ont perdu la boule ou pas vous plaisent. j’ai trouvé très agréable de me torturer légèrement les méninges à la recherche d’indices montrant où l’auteur veut en venir, grâce à une fusion entre le fond et la forme très bien orchestrée. Pour autant, ce livre n’est pas fait pour tout le monde, c’est clair.

P.S. A noter que Mutch a participé au magazine anthologie format tabloïd très intéressant Pood.


Pour vous faire une idée plus précise, vous pouvez visiter le site de Blurred Books qui propose quelques pages de Fantastic Life en couleurs alors que le bouquin est en noir & blanc.

Pour acheter ce livre :

En VO :

Vous pouvez aller directement sur la page "ventes" de l’auteur.

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Sur Amazon.fr :

Indisponible.

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