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All-Star Western #1-6

lundi 17 septembre 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Justin Gray & Jimmy Palmiotti / Moritat, Jordi Bernet & Phil Winslade)


Gotham, sa crasse, ses prostituées, ses brigands et Jonah Hex qui déboule dans le quartier le moins bien fréquenté avec un cheval. Forcément, à un endroit où la population est si pauvre qu’un cheval vivant ressemble à une entrecôté bien juteuse garantie pour une semaine, ça attire l’attention. Mais le chasseur de primes n’est pas vraiment à ça près. D’autant qu’il vient à Gotham aussi pour rendre visite à l’inspecteur Lofton qui a fait appel à lui pour une étrange affaire. En effet, depuis quelques temps, des prostituées sont assassinées régulièrement avec le mot "peur" écrite en lettres de sang et à chaque fois dans une langue différente. Ce qui implique à la fois quelqu’un de très costaud et de très cultivé ... ou deux personnes. Hex se met aussitôt à la recherche de l’assassin, talonné par un Amadeus Arkham qui voit en Jonah Hex, un cas très particulier de psychologie. De quoi le fasciner, lui qui veut ouvrir son propre hôpital psychiatrique.

All-Star Western est donc la version "New 52" du titre Jonah Hex et se trouve toujours scénarisé par la paire de scénaristes Jimmy Palmiotti et Justin Gray. Afin de changer un peu la donne, le fonctionnement de la série repose maintenant sur des histoires à suivre. En l’occurence, si tout est filé il y a deux grandes histoires de trois numéros chacune (ce qui est déjà arrivé par moments pour Jonah Hex). Une histoire de meurtres et une autre qui concerne la disparition d’enfants. Si la première s’inscrit visiblement dans un cadre historique pour l’univers DC (on entend à nouveau parler de la Crime Bible), l’autre a tout de même des allures de déjà-lues. Gotham apporte du coup un information bien plus utile et transforme cette répétition en charge sociale à la sauce western. Le tandem Arkham-Hex fonctionne assez bien mais j’ai trouvé assez maladroit que dans les deux récits, Arkham sauve Hex in extremis un peu de la même façon. Si les récits avaient été espacés, cela aura certainement moins sauté aux yeux mais en lisant les récits à la suite, l’effet est évident. Pour le reste, les différences entre les deux hommes sont évidentes et permettent des scènes sympathiques, sachant qu’Arkham n’est pas qu’un simple faire-valoir à Hex et qu’il a aussi l’avantage d’être quelqu’un de connu à Gotham.
Qui dit All-Star Western dit que Jonah Hex n’est pas le seul héros mis en scène dans la série. D’une part, on retrouve en annonce de la prochaine histoire à venir le couple Nighthawk et Cinnamon qui feront équipe avec le défiguré mais aussi El Diablo et la Barbery Ghost dans des récits en back-ups qui justifient en quelques sorte le prix élevé de 3.99$ par mois.

C’est Moritat qui se colle aux dessins de l’aventure de Jonah Hex et le bougre s’en sort très bien, d’autant plus quand on sait comment il travaille. Ses originaux sont des feuilles A4 sur lesquelles sont dessinées des double-pages. Autant dire qu’au format comic-book, il est nécessaire d’agrandir et donc de produire des traits plus flous que les originaux. En général, le processus est inverse et les artistes produisent des planches nettement plus grandes que ce que l’on peut lire. Pourtant, l’artiste que l’on a déjà pu lire sur Elephantmen s’en sort très bien. Il faut dire que ses originaux sont absolument minutiueux de détails et très impressionnantes. Du coup, l’agrandissement ne gêne absolument pas. On retrouve toujours de belles scènes d’action et une ambiance très pesante grâce aux couleurs de Gabriel Bautista. Les personnages sont tous bien conçus même si les méchants se ressemblent parfois. Amateurs de jolis personnages féminins, vous serez servis. Prostituées, nonnes ou bien notables, elles sont toutes très jolies mais ont des allures heureusement différentes.
En back-ups, ce sont des habitués que l’on retrouve. Jordi Bernet a de nombreuses fois contribué à la série Jonah Hex et ce nouveau récit d’El Diablo avec des zombies à l’intérieur confirme tout le talent du dessinateur espagnol. Quand à Phil Winslade (dont le Monolith ressort en recueil), il est lui aussi très efficace avec son héroïne chinoise en quête de vengeance.

Au final, si ce n’est l’impression de redite sur certains points, All-Star Western vaut le coup toujours pour cette qualité d’écriture et les dessinateurs qui sont à bord. C’est d’ailleurs la seule série que je suis mensuellement à 3.99$ chez DC Comics. Une indication comme une autre.


Pour acheter ce livre : (à noter que les back-ups sont apparemment inclus dans le bouquin)

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