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Hell Yeah #1-5

mardi 26 mars 2013, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Joe Keatinge / André Szymanowicz)


Ben Day est un adulescent qui a des soucis à bien s’intégrer. Dans un monde plein de super-héros, le jeune homme cherche la bagarre là où il le peut, caché par toute la gloire de son père, un ancien marine sauvé par les premiers super-héros qui ont littéralement changé la face du monde. Si son père décide de le laisser tranquille, parce qu’il le considère comme un adulte et qu’il est donc responsable de ses actes, heureusement que Ben a pour amie une jeune fille appelée Sara, qui se trouve être un des filles les plus intelligentes qui soit. Une manière de contre-balancer son amour pour les filles du groupe All New All Differents qu’il ne manque pas d’aller voir sur scène. Mais Ben devrait se méfier : non seulement il a un tatouage dans le cou un peu particulier (un code-barre et le nombre 1992) mais quand des filles font exploser son lycée en se téléportant et lui annoncent qu’il est le seul ’lui’ de tout le multi-univers, ça sent clairement le roussi.

Joe Keatinge est l’éditeur des anthologies Popbot chez Image Comics. Quand on aime le comics autant que ça, on se prête forcément à entrer aussi dans la légende en écrivant ses aventures à soi et c’est ce qu’il fait dans Hell Yeah, sous-titré The Last Generation of Heroes. Pour le coup, la scène d’ouverture est pile poil dans l’ambiance que donne le titre avec un décollage de mandale bien puissant comme on n’en voit souvent que chez Mark Millar, effet outrancier et rock’n’roll à l’appui (dommage que cette entrée en scène disparaisse dès le numéro 3). Par la suite, on sent chez le scénariste un réel savoir-faire mais aussi une envie de faire dans la décompression.
Dès le départ, on sait que Hell Yeah va être une mini-série probablement au moins de quinze ou dix-huit numéros minimum, la série étant annoncée comme découpée en livres puis en chapitres. Prions simplement pour qu’un recueil corresponde bien à un livre et que celui-ci contienne cinq à six parties maximum. Pourquoi prier ? Parce que le titre a un côté sympathique indéniable : héros looser, caractériel, rebelle ; héroïnes sexy ; univers parallèles et conspirations. Bref, il y a tout pour que ça fonctionne mais au final, a contrario d’une série comme The Strange Talent of Luther Strode, si il n’y a pas de suite au bout des cinq premiers numéros, on n’aura pas le droit à une histoire complète et c’est bien frustrant.

Andre Szymanowicz est un artiste qu’on a déjà rencontré par ici puisqu’il a contribué à la série Elephantmen ou bien lui aussi à l’anthologie Popbot. Ses personnages sont bien conçus avec une préférence visible pour les héroïnes qu’il prend soin de bien dessiner et qui sont finalement plus variées que ses personnages masculins. Pour l’instant, je serais assez circonspect sur la régularité de ceux-ci à moins que le premier super-héros ne soit volontairement proche physiquement de Ben Day, ce qui peut être un point d’intrigue fort logique. Le fait que les univers parallèles soient décrits en même temps que la réalité que l’on suit au départ sans qu’on nous mentionne dans quelle réalité on est demande des points communs entre personnages même d’une réalité alternative à une autre. Et pour le coup, le dessinateur s’en sort assez bien puisqu’il est facile de reconnaître qui est qui sans avoir à repasser par les pages précédentes du bouquin.

Au final, malgré un facteur sympathie important, je me demande où va bien pouvoir aller Hell Yeah dans le concept du post-superhéros. Je préfère ce titre à Last of the Greats et je ne quitterai pas la série avant qu’elle n’arrive à sa conclusion ou qu’elle ne soit annulée (je ne suis pas sûr d’avoir précommandé le numéro 6 et la série connaît pas mal de ralentissements). Mais pour l’heure, difficile de voir si c’est une série qui mérite le coup d’oeil ou simplement un titre correctement réalisé.

Mise à jour suite au numéro 5 qui conclut le premier tome : Le goût final de ce premier arc est effectivement agréable sans être énormément enthousiasmant. Le souci majeur que je vois est que j’ai lu il n’y a pas longtemps The Infinite Vacation et que le trip "personnage unique dans le multivers qui va le détruire si on le l’élimine pas avant" est quelque chose que j’ai déjà lu. Voilà tout le souci des séries d’un même genre qui sont proches dans leurs sorties et qui sont trop décompressées : elles n’ont pas le temps d’afficher leur propre personnalité et leur différence.

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