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Justice League International Vol.1 : The Signal Masters

mardi 3 juillet 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Jurgens / Aaron Lopresti)

Ce recueil reprend les numéros 1 à 6 de la série régulière New 52.


Andre Briggs, chef des renseignements des Nations Unies, a un coup en tête. Comme la Justice League est composée de super-héros n’en faisant qu’à leur tête et sauvant tout le monde, Briggs se dit qu’avoir une équipe de super-héros liée aux Nations Unies leur donnerait un peu plus de poids et de bénéfice d’image auprès du public. L’idée serait de composer une équipe avec des héros qui agiraient à découvert et dont les identités secrètes seraient parfaitement connues de tous. Là encore, pour éviter l’effet "masque" qui développe une méfiance chez l’homme de la rue. Il lui faut donc convaincre les trois chefs d’Etat qui se trouve pour le moment décisionnaires des Nations Unies à savoir l’Angleterre, la Russie et la Chine. Tout cela ne se fait pas sans mal mais une équipe est constituée : Booster Gold, star des médias dans le futur, est désigné comme chef ; viennent ensuite, Tara Olafsdotter - Ice, Norvégienne ; Mari Jiwe McCabe - Vixen, du Zambesi ; Beatriz Bonilla Da Costa - Fire, Brésilienne ; Gavril Ivanovitch - Rocket Red, Russe ; Zhifu Fang - August General In Iron, Chinois ; Guy Gardner - Green Lantern, Américain et Dora Leigh - Govida, Anglaise.

Mais trois soucis se présentent rapidement à notre fine équipe. Le Hall de Justice qui est censé être le QG de la JLI est réclamé par les hommes et femmes du quartier : il n’y a aucune raison que cet endroit destiné aux contribuables se voit accaparé par une équipe de super-héros. L’équipe est déjà sur une mission alors qu’elle n’a pas eu le temps ni de faire connaissance, ni de s’entraîner. Et que dire de Guy Gardner qui ne supporte absolument pas qu’un clown comme Booster Gold soit chef. Toujours est-il que l’équipe est envoyée au Pérou sur une mission toute simple qui est de retrouver une équipe de scientifiques mystérieusement disparue. Le bon point, c’est que Batman, pourtant mis à l’écart par les politiques des Nations Unies, s’incruste ; le mauvais point, c’est que du trou où est tombée l’équipe scientifique, sortent des créatures de terre animées et belliqueuses ainsi qu’un robot géant ...

Reprendre le concept de la JLI est difficile : il faut faire avec une équipe de seconds couteaux, leur faire vivre des aventures, gérer plus ou moins la dimension de politique étrangère qui est importante dans la création de l’équipe et puis, si on veut se rappeler aux bons souvenirs des vieux de la vieille, signer un titre amusant voire carrément comique comme ont pu le faire Keith Giffen et J.M. DeMatteis. Dan Jurgens ne s’y trompe pas et esquive un peu le tir en faisant de son titre une série très portée sur l’aventure avec un côté "vannes" entre super-héros présent mais pas forcément très prononcé. On retrouvera donc dès le départ les patriotismes de General In Iron et Rocket Red et bien entendu le sale caractère de Gardner mais Booster Gold aura droit à une image nettement moins navrante que par le passé. (Est-ce que la partie Flashpoint l’aura métamorphosé ? C’est bien possible.)
L’aventure donc, c’est l’Aventure avec un grand A et histoire de mettre l’équipe franchement dans l’embarras, le scénariste décide de confronter à la JLI des robots géants qui vont réduire la planète en poussière avec bien entendu quelqu’un derrière. Les héros sont complètement dépassés et si le constat de l’auteur est bien développé (l’héroïsme est-il compatible avec la politique ?), le côté "plus grand, plus haut, plus fort, plus dangereux" m’a franchement dérangé. Dans le monde des comics, rien n’est logique, j’en suis fort conscient. Ou plutôt il y a une logique interne qui fait qu’on accepte certaines et qu’on n’en accepte pas d’autres. Dans The Signal Masters, la menace est digne des dernières Crisis ou Blackest Night en date avec la disparition de la Terre entière. Et pourtant, on ne voit si Justice League (il y a bien Batman mais il ne fait pas partie des héros les plus puissants de l’univers DC), pas de Green Lanterns (alors qu’on aurait dû avoir aussi sec les deux sheriffs de l’espace sur place), et tout ceci, bien sûr, sans aucune explication. Si je comprends bien que l’histoire aurait été complètement différente si les big guns étaient sortis, je trouve soit que Jurgens aurait dû trouver une explication à cette absence, soit qu’il choisisse une menace moins imposante.

C’est Aaron Lopresti qui officie sur le titre et il nous propose de très bon boulot : dessins réguliers, action trépidante, scènes de destruction massive, expressions de visage réussies sans que ce soit le plus important dans la série. Il y a bien quelques cases un peu faciles où les personnages posent beaucoup alors que la situation ne s’y prête pas vraiment ou bien un design déjà vu pour le grand méchant mais rien de bien méchant qui ne fasse sortir le lecteur du bouquin. Par contre, attention les yeux, la colorisation de Hi-Fi pète bien, surtout le costume de Booster Gold qui se trouve être véritablement doré.

Au final donc, j’ai passé un bon moment avec ses six premiers numéros de JLI. D’après ce que j’ai lu sur le Net, la série est déjà prévue pour s’arrêter, les ventes n’étant pas à la hauteur de ce que DC attendait. J’espère simplement que les six autres numéros seront aussi compilés, histoire d’avoir la série complète d’autant qu’elle ne change pas d’équipe créative. On devrait donc avoir quelque chose de cohérent jusqu’au bout.


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Sur Amazon.fr : (wow, le bouquin a déjà bien baissé sur le Marketplace ...)

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