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Jim Henson’s Tale of Sand

samedi 30 juin 2012, par Mathieu Doublet

(Archaia / Jim Henson, Jerry Juhl, Ramon K. Perez / Ramon K. Perez)


Un homme se retrouve dans une fête : tout le monde s’amuse, tout le monde sourit, tout le monde danse, tout le monde boit, tout le monde ... sauf lui. Et puis on le porte comme le héros de la soirée jusqu’au sheriff des lieux, le sheriff Tate qui l’incite à rentrer dans sa cahute pour récupérer ses instructions. Au moment de lui allumer la cigarette qu’il lui offre, il lui retire l’allumette de sous le nez. Il lui donne une carte à suivre en lui disant qu’il sera sain et sauf s’il atteint le rocher en forme d’aigle, un sac à dos plein de provisions, et même dix minutes d’avance. Au moment où il est l’heure, le sheriff lui précise un dernier truc : "Ah, au fait, ne fait pas confiance à la carte ! Maintenant, cours, mon garçon !" Avec la clé de la ville et un bouquet de fleurs, l’homme va devoir courir ... et vite.

Tale of Sand a tout du grand n’importe quoi : il s’agit d’une longue course-poursuite complètement improbable où le héros va se retrouver pourchassé bien entendu par un adversaire avec un bandeau sur l’œil mais aussi par des barbares, des joueurs de foot américain et un chasseur de safari dans un monde où les maisons sont plus petites à l’extérieur qu’à l’intérieur et ou les vieilles dames donnent des sifflets bien utiles aux gens qui les aident. Alors du grand n’importe quoi d’accord mais quelque chose d’aussi très bien maîtrisé avec une logique de récit qui n’apparaîtra qu’à la toute fin, mettant une petite claque au lecteur qui aura eu l’audace de lire ce bouquin. On retrouve toute la magie des œuvres de Jim Henson (les Muppets bien sûr mais aussi Dark Crystal ou Labyrinth) et de son compère Jerry Juhl (qui sera crédité sur la plupart des épisodes des Muppets) mêlée à un grand récit d’aventures à l’Américaine avec beaucoup d’images d’Epinal provenant des Etats-Unis et un récit plus intime sur le devenir de l’homme.

C’est l’artiste Ramon K. Perez (pas mal de choses, dont Dazzler, Deadpool Team-Up, JSA : Classified, Resistance, War of Kings ou encore WildCats) se charge donc de l’adaptation d’un script signé par le papa de Kermit. Il devient donc à la fois dessinateur mais aussi quelque part auteur du scénario puisqu’il semble impossible de traiter tel quel un scénario au pied de la lettre. L’artiste a un trait très glamour qui siéra à merveilles à tous ses personnages aussi bien masculins que féminins. Niveau mise en page, il y a là aussi un sacré travail qui n’aidera pas toujours le lecteur : il est difficile de vraiment reconnaître les double-pages des pages simples présentées en vis à vis. Mais au final, c’est l’occasion de refaire tour sur les pages en questions et ne perturbe pas tellement le rythme du récit qui est très rapide puisqu’il contient finalement assez peu de texte. Dès qu’il y a du texte, il est d’ailleurs amusant de voir qu’il apparaît en partie comme un scénario tapé à la machine donnant un petit effet rarement vu ailleurs. Il faut aussi signaler le superbe boulot sur les couleurs qui explosent mais ne font pas mal aux yeux.

Tale of Sand est donc un bouquin bourré d’action dont la finition en couverture dure est à signaler tellement le bouquin semble joli dès sa couverture. Archaia signe encore un grand coup avec un de mes bouquins préférés de l’année.


Pour acheter ce livre :

En VO :

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Sur Amazon.fr : (pour le coup, là, ça a l’air d’être l’inverse.)