Onirique Comics 7.1

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Batman Vol.1 The Court of Owls

mardi 26 juin 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder / Greg Capullo)

Ce recueil reprend les épisode 1 à 7 de la série régulière New 52.

Pour Batman, il faut toujours bon faire un petit tour à Gotham surtout quand un flic chargé de la surveillance est véreux et qu’il laisse toute la faune de cinglés prendre leurs aises en dehors de leurs cellules. Bref, un peu d’exercice, ça fait toujours du bien. Si l’effort physique ne fait jamais défaut, il faut parfois que Bruce Wayne aborde des domaines plus intellectuels ou psychologiques, comme tout ces galas de bienfaisance ou de présentation de nouveaux projets. Comme la construction de nouvelles tours censées redonner un peu d’espoir à la ville, comme avait pu le faire en son temps son arrière-arrière-grand-père Alan Wayne. L’occasion de rencontrer d’anciennes connaissances comme Vicky Vale ou bien de nouveaux visages comme Lincoln March, un des candidats à la mairie. Mais pour l’heure, Batman va avoir quelques soucis : la découverte d’un cadavre planté de quelques couteaux bien placés est accompagné de celle d’un message secret. "Bruce Wayne meurt demain." Une phrase que le héros ne peut bien entendu pas prendre à la légère et qui va lui faire rencontrer les personnages maléfiques d’une comptine : la cour des hiboux, censée vivre en secret à Gotham depuis bien longtemps.

The New 52, reboot sans en être de l’univers DC, permet de faire un tour de passe-passe sur les deux titres les plus marquants de la chauve-souris. En effet, Tony Daniel et Scott Snyder échangent simplement les titres des séries qu’ils écrivaient avant le grand changement et continuent leur petit bonhomme de chemin. Pour Snyder, qui a réussi à écrire une très chouette histoire dans The Black Mirror, il s’agit de continuer à explorer Gotham City et les relations qui l’unissent avec son héros. En plaçant un ordre secret dans l’histoire de la ville, le scénariste attaque directement la fierté du héros qui est bien vexé de ne pas connaître ce qui se trame dans sa ville (a fortiori si toute la saga The Return of Bruce Wayne de Morrison est toujours valide). Des lors, ce sera une belle descente aux enfers pour un Batman qui n’en demandait pas tant. Dans la chute, tout va bien. C’est le réveil du héros qui m’a finalement gêné. Drogué, à bout de forces, Batman se relève sans, semble-t-il, faire le moindre effort et finit son adversaire sans que j’ai bien saisi en quoi il avait l’avantage. De quoi présenter Batman comme une créature monstrueuse ayant des pouvoirs véritablement surhumains. Un peu dommage pour une histoire qui se déroule sans accroc. A noter aussi que la version du Batman de Snyder est celle d’un être très sérieux, limite coincé, et assez sec avec ses proches, y compris avec Dick Grayson qui a repris le costume de Nightwing. Quand on sait ce que Dick a fait dans le passé, Batman ferait bien de lui parler avec un peu plus de respect à mon avis. Voilà toute la limite du reboot, il peut y avoir parfois des incohérences avec lesquelles il faudra faire avec.

Greg Capullo est l’un des dessinateurs stars à faire un véritable carton plein avec un succès toujours énorme (il n’y qu’à voir les longues files d’attentes dans les conventions pour se rendre compte de l’aura que possède le dessinateur). Cela fait bien longtemps que je n’ai rien lu de lui et c’est avec un oeil tout nouveau que je découvre ses planches. Rien à redire, c’est efficace, le spectacle est au rendez-vous dans les scènes d’actions avec un petit supplément sur la violence qui rapproche Batman un peu plus de sa version über chère à Frank Miller. Dès que les masques tombes, on remarque qu’il y a nettement moins de trait qu’à l’époque de Spawn. A la limite, j’ai trouvé que Capullo était parfois assez proche d’un Andy Kubert, ce qui ne peut que ravir le lectorat standard de comics. Je ne m’en plains pas non plus et ai apprécié les planches de ce recueil même si j’ai trouvé que le septième numéro dénotait un peu du reste.

Au final, The Court of Owls est une bonne lecture, d’autant plus importante qu’elle est la base du crossover des titres Batmaniens qui approche. Malgré un Deus Ex Machina et un version de Batman très sèche, il s’agit d’un très bon nouveau début.


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