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Tokyo Gore Police (2008)

mercredi 20 juin 2012, par Mathieu Doublet

un film de Yoshihiro Nishimura, avec Eihi Shiina, Keisuke Horibe, Itao Itsuji, ...


Ruka est une membre de la Tokyo Police Corporation, bref, la police privatisée japonaise qui a visiblement tous les moyens pour faire son travail : éliminer la racaille. Et la racaille en question a été affublée d’un petit nom, les ingénieurs. En réalité, ces criminels paraissent normaux jusqu’à ce que leurs élans psychopathes les amènent à tuer quelques civils. Quand la police arrive, elle fait feu de tout bois mais ne peut pas éliminer l’ingénieur en question tant qu’une tumeur en forme de clé et étant placé aléatoirement dans le corps n’ait été détruite. Du coup, les ingénieurs blessés sont d’autant plus dangereux puisque chaque blessure devient la source d’une nouvelle arme plus ou moins organique. Pour Ruka, c’est l’honneur de la famille qui est en jeu dans son travail de policière puisque son père était lui-même parmi les forces de l’ordre. Ceci étant, il a été abattu sous les yeux de sa fille et celle-ci bloque les souvenirs de l’événement. Pourtant, les diverses rencontres avec les ingénieurs vont réveiller des souvenirs très douloureux.

Le cinéma d’horreur japonais a connu des vagues différentes et sont souvent synonymes de bons gros nanars tapant dans la bidoche avec peu de moyens et des actrices plutôt jolies et plutôt incompétentes dans leur métier (à moins que là encore, il s’agisse d’un code propre au cinéma japonais et à l’attente de ses spectateurs). Tokyo Gore Police tranche dans le tas avec délectation, les scènes gore sont très nombreuses et ne cachent pas l’investissement fait en sang et autre liquide rouge à projeter partout. De ce côté-là, presque rien à redire. Si on n’est pas trop regardant sur la perfection des trucages, le tout passe très bien et se révèle être de bonne qualité surtout en considérant le budget qui ne devait pas être mirobolant. Et voir des gerbes de sang qui ne sont pas virtuelles, qui ne sont pas des espèces de masses gluantes créées par ordinateur, ça fait plaisir.
Mais si d’habitude, le cinéma gore est souvent à ranger dans le rayon du cinéma comique, ça n’est vraiment pas le cas de Tokyo Gore Police ou alors il faut avoir été complètement hermétique à toute l’ambiance du film et surtout au montage des scènes gores en elle-même. En effet, les meurtres ne sont souvent liés à une torture très prolongée, très explicite, très graphique, très sonore. Bref, si vous pensiez que Saw était le pinacle du torture-porn, think again ! C’est peut-être ce qui m’a finalement le plus gêné dans le film : c’est presque sérieux et souvent très malsain quand on comprend qui commet le crime. Ce qui peut être encore relativement compréhensible de la part des ingénieurs le devient beaucoup moins quand ce sont les policiers qui le font à leur tour. D’autant que la police est loin, très loin, d’être présentée sous son meilleur jour. Avec un chef qui se balade avec une fille aux membres coupés et à la tenue très sado-maso, ça n’est pas forcément l’image que l’on se fait de ceux qui doivent protéger les citoyens.

Et là où Tokyo Gore Police tire son épingle du jeu, c’est justement son cadre qui se retrouve aussi au centre de l’intrigue. Privatisation d’un service public, suicide et pratiques de scarification devenues futiles voire même agréables grâce aux spots de réclame, c’est ce monde inhumain que le film reflète. C’est forcément très japonais dans sa culture mais le message passe sans l’ombre d’une hésitation. Avec une héroïne plutôt femme de caractère qui va affronter ses ennemis les uns après les autres, morfler pendant le combat et en ressortir changée face au grand méchant du film (on est passé pas loin du super-sentai, je vous l’avoue), Tokyo Gore Police est un film punk tout simplement. Alors oui, les plans m’ont semblé parfois très ou trop long, ce qui m’a aussi fait ressentir un vrai malaise lors des scènes de torture et nul doute que je me serai endormi à certains moments si je n’avais pas été en forme. En tout cas, Tokyo Gore Police porte bien son nom et devrait filer une petite baffe aux amateurs du genre. Pour ceux qui n’aiment pas la bidoche, passez votre chemin, les actrices ont beau être jolies, ça charcle quand même sévère.


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