Onirique Comics 7.1

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The Girl Who Owned a City

dimanche 3 juin 2012, par Mathieu Doublet

(Graphic Universe / O.T. Nelson & Dan Jolley / Joëlle Jones)

Un terrible virus anéantit toute personne ayant atteint la puberté en la transformant en tas de cendres. Plus d’adolescents, plus d’adultes, seulement des enfants, douze-treize ans maxi. Comment ces enfants peuvent-ils survivre ? Peut-être parce que certains d’entre eux, les plus âgés, décident de prendre les choses en main. C’est le cas de Lisa qui se débrouille pour aller à différents endroits afin de trouver de quoi la nourrir, elle et son frère Todd. Alors que les autres enfants se sont rués sur les différentes confiseries, elle a pensé à varier ses repas et à chercher des biens non périssables. Du coup, les deux enfants sont toujours en bonne santé, ce qui n’est pas le cas de tous les enfants du quartier. Cependant, la situation a évolué depuis suffisamment de temps pour que des micro-sociétés commencent à s’établir avec en tête, le modèle du gang. Vous nous rejoignez ou vous faites tabasser et on vous prend tout ce qui vous appartient. Quelque chose qu’une jeune fille comme Lisa ne peut accepter. Quand elle tient tête au gang local qui a profité de son absence pour frapper son petit frère, elle s’engage dans une certaine responsabilité qui va la mener sur le chemin de l’héroïne mais aussi de la despote.

The Girl Who Owned a City est donc un roman écrit par O.T. Nelson qui a visiblement eu suffisamment de succès pour être adapté en comic-book par Dan Jolley, auteur qui écrit un peu dans tous les domaines. le père de l’excellent Bloodhound (damned, quand va-t-on revoir cette série anciennement parue chez DC ?) doit aller à l’essentiel et faire que le roman tienne en 125 pages de bande dessinée. Au final, Jolley ne s’en tire pas si mal que ça. Alors oui, les choses se passent très vite, on aimerait avoir un peu plus de détails sur les personnages (celui de Todd semble avoir nettement plus d’importance dans le roman, en tout cas, c’est ce que la BD suggère), on peut penser qu’il y a un deuxième tome qui continue de raconter les aventures de Lisa. Ceci étant, le récit est complet, Lisa va devoir surmonter son lot d’épreuves et le tout est suffisamment bien raconté pour qu’on sente le temps qui passe et qu’on n’ait pas l’impression de lire un résumé.

J’adore le travail de Joëlle Jones, elle dessine des doodles ou des pages de fausses pubs absolument sublimes et commence à se faire un style bien particulier qui permet de reconnaître son travail aussitôt. Ceci étant, je préfère quand elle travaille entièrement en noir & blanc avec sa gestion des ombres (comme elle l’a fait sur Douze raisons de t’aimer ou You Have Killed Me). Pour The Girl Who Owned a City, elle est dans des lignes relativement claires. Les personnages sont bien rendus, les planches se lisent avec plaisir et la coloriste Jenn Manley Lee fait en sorte que les cases aient une certaine densité. Ceci étant, je trouve que Jones est bien meilleure quand elle doit dessiner des personnages adultes que des enfants. Si je comprends que le message du bouquin est que Lisa est une jeune fille qui apprend les responsabilités et devient une adulte, j’ai eu du mal à la voir changer de taille au fil du bouquin, ce qui me gênait par rapport à l’âge qu’elle est censée avoir. Aussi bien au niveau de son visage que de son corps, il y a quelque chose qui cloche.

Malgré ce léger bémol graphique, The Girl Who Owned a City est un récit qui m’a bien plu, classique et bien fichu, qui m’a donné envie de relire Seuls, la série franco-belge qui part sur un principe assez proche et qui m’a rappelé le peu que je sais de Son seigneur des mouches. S’il y a suite, je serais partant pour le prendre.


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