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Amazing Spider-Man #602-611

jeudi 31 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Fred Van Lente, Brian Reed, Joe Kelly & Mark Guggenheim / Barry Kitson, Javier Pulido, Yannick Paquette, Mike McKone, Marco Checchetto & Luke Ross)

Lu sur Comixology.


Alors que Peter Parker vit péniblement avec une colocataire qu’il a emmené au mariage de Tante May et se retrouve au service de J. Jonah Jameson qui est maintenant maire de New York, le jeune photographe doit faire face à une nouvelle menace. Non seulement le maire a décidé de créer une nouvelle équipe de policiers spécialement créés pour capturer l’Araignée (avec la bénédiction d’anciennes armures conçues par Stark Industries) mais Parker lui-même est enlevé par le Caméléon, un super-vilain qui a tendance à dissoudre ses victimes, à prendre leur visage et leur voix afin de tirer avantage d’une petite vie. Et vu que le super-vilain a un agenda bien précis, il est fort possible qu’il travaille pour quelqu’un de plus haut placé.

Quand Comixology et Marvel font des promos, c’est toujours assez tentant. J’ai loupé celle sur la période One More Day / Brand New Day qui redistribuait les cartes pour le Tisseur après cette histoire bizarre de mariage annulé et de pacte démoniaque. Enfin, bref, il n’est pas trop compliqué de remettre les wagons en place d’autant que chaque numéro mensuel dispose d’une page d’introduction qui permet de connaître les grandes lignes de l’intrigue et de ne pas être trop perdu.
Lors de ces 12 numéros, il y a plusieurs intrigues qui vous seront proposées :
- tout d’abord celle avec le Caméléon. Fred Van Lente joue sur la corde raide avec un scénario qui frôle l’invraisemblance et qui se révèle avoir une bonne idée concernant la survie de Peter Parker. C’était chaud mais le scénariste ne s’en sort pas trop mal. Il développe aussi tout le petit monde autour du photographe ce qui permet de bien prendre ses marques quand on est un nouveau lecteur. Pour le reste, c’est du classique de chez classique avec des situations cocasses qui mettent Peter dans l’embarras.
- le #605 est un numéro pause qui met plus en scène Mary Jane Watson, histoire de mettre en perspective sa rupture avec Peter et un des mini-récits permet d’introduire l’un des prochains arcs.
- Joe Kelly prend ensuite la main et exploite la vie sentimentale assez désastreuse de Peter en lui donnant en échange quelques avantages comme la présence de Felica Hardy (aka Black Cat) qui a ses pouvoirs de malchance boostés un maximum. De quoi jouer la carte de l’humour et du fun sans mettre de côté de dangereuses péripéties. Avec le numéro spécial Deadpool (le #611) où on sent bien que Kelly se fait bien plaisir en reprenant le mercenaire mutant, ce sont les numéros qui m’auront le plus plu du lot.
- Mark Guggenheim signera ensuite 3 numéros qui mettent en scène à la fois la super-vilaine accroc aux nouvelles technologies, Screwball, ainsi que les clones de Peter Parker, que ce soit Ben Reilly ou Kaine, alternant les passages du passé et du présent. Sachant que la période des clones est pour moi une période où je n’ai absolument pas suivi ce qui arrivait dans la vie de Spider-Man, autant dire que je n’avais strictement rien à faire de ces numéros et que Guggenheim a loupé son coup s’il devait me convaincre d’avoir une pensée pour les personnages. C’est violent, pas fun pour deux sous, et pose la question de la destinée de Spider-Man mais bon, faire croire qu’être meurtrier est une histoire de gènes et que Parker pourrait avoir le cran de tuer quelqu’un, c’est assez decevant.

Côté dessinateur, ça assure pas mal : Barry Kitson permet de digérer l’histoire du Caméléon avec de jolis personnages, Javier Pulido a un style particulier mais qui fonctionne bien, Luke Ross est toujours aussi agréable avec un côté très sexy et Yannick Paquette a toujours un style massif que j’aime beaucoup, le tout lorgnant parfois du côté d’un Terry Dodson. Mike McKone réussit de jolies minettes et des visages très expressifs "à la Maguire" serais-je tenté de dire. Un trait assez fin lui permet de donner un joli cachet à tout ça, même si justement les visages ne sont pas toujours très réguliers. Je comprends tout à fait qu’on puisse aimer le travail de Marco Checchetto qui allie comics avec une légère inspiration mangaïsante, un peu comme on pouvait le voir chez Humberto Ramos à ses débuts. Mais j’avoue que ses planches n’ont pas réussies à me faire apprécier l’histoire du clone. Je préfère d’ailleurs le boulot de Luke Ross sur ces numéros. Pour le numéro consacré à Deadpool, il fallait un artiste hors-norme et le choix d’Eric Canete est bien trouvé : proche des designs d’Aeon Flux avec des petites touches de Bachalo, le dessinateur donne toute la folie nécessaire au numéro.

Globalement donc, ces dix numéros ne m’ont pas franchement emballé et je suis bien content de n’avoir payé qu’un dollar par numéro. D’autant que c’est aussi une période où les éditeurs pensent qu’il faut faire des private jokes entre eux qui ne m’ont absolument pas fait rire ... Kudos quand même à Joe Kelly qui fait des épisodes funs à lire.


Pour acheter ces livres :

En VO : Red Headed Stranger reprend les épisodes 602 à 605 ; Return of the Black Cat reprend les épisodes 606 à 611 ainsi que le Web of Spider-Man #1 non lu.

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