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Des choses fragiles

mardi 29 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Au Diable Vauvert pour la VF / Neil Gaiman)

Après American Gods, Anansi Boys ou encore Coraline mais avant L’étrange vie de Nobody Owens, Au Diable Vauvert a publié le second recueil de nouvelles de Neil Gaiman (le premier étant Miroir et Fumées). Qu’y trouve-t-on au sommaire ?
31 textes qui sont essentiellement des nouvelles de tailles diverses, quelques poésies (dont Instructions qui fut illustrée par la suite par Charles Vess) et le monarque de la vallée, un récit qui met en scène Ombre, le héros d’American Gods dont vous n’aurez pas besoin d’avoir lu le contenu pour profiter de ce court roman.

Tout ce petit monde est littéralement embrassé par Neil Gaiman qui débute le bouquin par une introduction expliquant l’origine de ces textes. Intéressants, amusants, expliquant les diverses collaborations que Gaiman entretient avec ses amis artistes ou chanteurs, ce sont des textes que l’on peut aussi bien lire en début de livre ou auxquels on peut se reporter une fois qu’on a lu la poésie ou la nouvelle en question. Ayant une mémoire de poisson rouge, il m’a fallu retourner à la description de Goliath pour me rappeler qu’il s’agissait bien d’une nouvelle écrite pour faire la promotion du film Matrix. (La nouvelle est d’ailleurs excellente.)
A la fin du bouquin, après le court roman, il y a un entretien avec Gaiman. Cette conversation ne manque pas de charme mais n’évite pas les répétitions avec l’introduction des textes. Ceci étant, il est toujours agréable de lire du Neil Gaiman, qu’il écrive ou qu’il parle.

Parmi les nouvelles, c’est toujours ce mélange de faits réels (ou appelés comme tels comme dans Le chemin caillouteux du souvenir), de fantastique qui s’immisce au dernier moment (L’heure de la fermeture) ou encore d’univers fort en symboles et créatures étranges (La vérité sur le cas du départ de Mlle Finch, mis ensuite en images par l’excellent Michael Zulli) qui font les ingrédients de base des histoires du papa de Sandman. Si tout ne m’a pas plu (j’ai trouvé Quinze cartes peintes du tarot vampire ou La Saint-Valentin d’Arlequin plus faibles que les autres textes), il y a aussi de véritables pépites comme les poèmes Ma vie, Instructions ou Le jour de l’arrivée des soucoupes. Fins, courts, expéditifs, pan dans ta face ou magiques, les poèmes de Gaiman m’ont enchantés. Dans les textes de plus longues tailles, j’ai une petite préférence pour Nourrir et manger avec ce vieil ami d’enfance retrouvé complètement amaigri alors qu’il était un vigoureux jeune homme ou encore Les épouses interdites des esclaves sans visage dans le manoir secret de la nuit du désir redoutable, même si ce texte contient moins d’originalité que d’autres.
J’ai aussi apprécié les histoires moins fantastiques, plus réelles, comme Les bons garçons méritent des récompenses ou encore l’expérimentation sur Le croup de l’inventeur de maladies (non, il n’y a pas de coquille) qui montrent, si besoin était, que Gaiman est à l’aise dans beaucoup de domaines.

Bien entendu, Des choses fragiles contient aussi son lot d’humour, même si c’est de l’humour bien noir et fort cynique. Bref, Des choses fragiles, ce sont des jolies expériences de lecture par un écrivain qui en a sous le crayon et la machine à écrire.


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