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Dial H #1

dimanche 27 mai 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / China Mieville / Mateus Santolouco)


Nelson Jent et son pote Darren sont partis faire un petit jogging de nuit, histoire d’essayer de perdre les kilos superflus qui les font ressembler à des sacs à patates. Mais même si les deux hommes sont gros, Darren voit d’un mauvais œil la pente glissante sur laquelle se trouve son ami : tabac, malbouffe, j’en passe et des meilleurs. Forcément, le reproche tourne vite à la joute verbale et Darren s’en va. Nelson a des remords et quand il cherche à rejoindre son ami pour s’excuser, il le voit en train de se prendre une rouste par une bande de loubards. Si Nelson souhaite défendre son pote, il ne fait pas le poids (enfin si, mais euh, bon ... vous voyez où je veux en venir) et tente d’appeler la police depuis une cabine téléphonique. Seulement en composant le numéro, il se passe quelque chose d’étrange et c’est Boy Chimney, créature filiforme manipulant la fumée de charbon qui fait son entrée et qui va rapidement mettre les agresseurs hors service.
Mais les loubards n’étaient pas complètement là au hasard. C’étaient plus des hommes de main qui devaient faire passer un message à Darren et vu que certains d’entre eux ne rentreront pas chez à la maison, les deux amis ont finalement éveillé de gros soupçons et ce sont fait des ennemis grande taille.

Dial H est parue dans la série House of Mystery pendant les années 60 chez DC Comics. Par le biais d’un appareil fantaisiste composé de quatre touches formant le mot HERO, un personnage se transformait en héros différent chaque mois, les héros étant des propositions de lecteurs. Forcément, ça allait dans le franchement n’importe quoi et la série a tout de même traversé les années 70-80 avec plus ou moins de bonheur. Il faudra ensuite attendre 2003 pour que Will Pfeifer accompagné de Kano, de Dale Eaglesham et d’autres dessinateurs, remette le principe au goût du jour dans une superbe maxi-série de 24 numéros.
Une franchise ne pouvait pas se perdre et en ces temps de liftings, DC a décidé de relancer son concept avec à bord China Miéville et Mateus Santolouco. China Miéville est un auteur de romans étranges qui ont visiblement pas mal de succès. Dans le domaine des comics, il a déjà écrit un numéro pour Hellblazer. Et le voilà débarqué sur une nouvelle série, avec un premier numéro, où il nous présente les principaux personnages aussi du bon que du mauvais côté avec leur lot de mystère, les grands méchants appartenant visiblement à une organisation mystérieuse qui a déjà son lot de super-héros ennemis. Du côté des deux super-héros, on a droit à Boy Chimney et Captain Lacrymose. Les concepts sont assez amusants (et le Boy Chimney fait véritablement penser au Mask) mais on est dans une ambiance qui n’est pas forcément très très fun et qui sombre rapidement dans des détails peu ragoûtants et une certaine violence. (A ce titre, H-E-R-O était nettement plus fun.)

Il faut dire aussi que les dessins de Mateus Santolouco (Cover Girl, un récit lié à X-Necrosha) fournit des cases détaillées mais avec des personnages qui ne sont vraiment pas des gravures de modes. Sachant donc que tout ce petit monde baigne dans la nuit et les décors insalubres, autant dire que le climat visuel n’est pas à la rigolade. Mis à part cela, les cases sont bien pleines mais ne rendent jamais la lecture de la page compliquée. On a donc droit à du travail solide et qui ne laisse pas d’impression de vide.

Dial H est donc un premier numéro qui ne me convainc à moitié, parce que je garde un souvenir très agréable de la précédente incarnation de ce générateur de super-héros aléatoire. Maintenant, il faut voir dans quelle direction la série va partir, ce qui sera visiblement plus noir et plus violent que ce qu’on a pu lire par le passé.


Mes petits paris :
Envie de lire la suite ?
Oui, modérément.
Parution de la suite ? Je dirais que c’est très étrange. Soit Miéville réussit à convaincre les lecteurs par son pitch (suffisamment noir pour attirer le chaland), soit DC pense à une publication librairie par la suite ... Personnellement, je me demande si la série va vivre longtemps.
Publication du recueil ? Sans aucun doute, au moins pour le premier.
Traduction de VF ? Franchement, je préférerais lire la version Pfeifer que celle de Miéville mais comme l’auteur a pas mal de ses romans parus en français, il ne serait pas étonnant qu’Urban suive la logique de DC et lance le bouquin en espérant convaincre les lecteurs des romans.

1 Message

  • Dial H #1 27 mai 2012 08:54, par Artemus Dada

    Salut !

    Pour ma part j’ai bien aimé ce premier numéro, "à suivre" donc en ce qui me concerne. [-_ô]

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