mercredi 23 mai 2012, par
(Tor Books / Will Pfeifer / German Torres)

Zack est un livreur de pizza dont le quotidien est celui d’un esclave du monde moderne : son patron n’a aucune sorte de respect pour lui et s’il n’arrive pas à livrer sa pizza en 30 minutes, il doit la payer de sa poche. Pourtant, cela peut aussi faire vivre d’étranges expériences. En effet, alors qu’il semble que la Lune émet une espèce de flash et que tous les appareils électriques tombent en panne, y compris sa voiture, Zach se fait aborder par une bande de voyous qui sont très déçus de ne trouver sur lui que 8 dollars. Mais quand ceux-ci prennent le portable du livreur alors que la machine contient le numéro de téléphone de la jeune femme de ses rêves, Zach se sent pousser des ailes et arrive très facilement à se débarrasser de ses trois assaillants. Une véritable surprise pour lui qui n’a rien d’une machine de guerre. Rentrant chez lui, il voit apparaître un symbole étrange juste au moment où il ouvre les yeux. Symbole qu’il n’avait jamais vu avant et qui se trouve sur un poster du groupe Orson Arson que Zach adule par dessus du tout. Il décide donc de retrouver l’artiste en charge de l’affiche afin d’en savoir plus. Zach va recevoir un accueil plutôt étrange, accueil qui va faire basculer sa petite vie tranquille.
Will Pfeifer est un scénariste qui a surtout officié pour DC (Aquaman dans sa période Sub Diego, Catwoman dans son combat contre un amateur de films notamment, ou encore l’excellent série H-E-R-O qu’on sous-estime beaucoup trop souvent). Étant très client de ce scénariste et n’étant pas particulièrement chaud pour lire une série sur laquelle il n’aura signé qu’un seul numéro, j’attendais avec impatience son prochain comic-book. C’est chose faite avec le creator-owned The Advance Team. Un héros un peu geek, des pouvoirs, la mission de sauver l’univers, il y a tout ce qu’il faut pour faire une bonne aventure classique. Et c’est ce à quoi on a droit : Zach va se retrouver dans de beaux draps et être obligé d’aller de l’avant et de faire confiance à quelqu’un qu’il ne connaît que très peu jusqu’à arriver à la position
si convoitée d’ennemi public numéro un.
C’est peut-être là que le scénariste va un peu vite en besogne. Zach va commettre des actes très illégaux et immoraux mais ne va pas (ou très rarement) remettre en cause ce qu’on lui demande de faire. Ceci étant, cela aurait considérablement rallongé le bouquin et l’oncle "mentor" n’avait peut-être pas beaucoup plus de moyens de donner confiance à son poulain qu’on ne nous le montre. A part cela, c’est une lecture très agréable qui passe par des scènes obligatoires de dialogues bien fichus et de scènes s’enchaînant sans souci, voire même un peu trop vite, malgré la présence de flash-backs qui interrompent le récit pour exposer les quelques doutes qui subsistent dans l’esprit de Zach ou bien pour raconter le grand plan des vilains.
German Torres signe des planches très réussies dans un style qui n’est pas sans m’avoir rappelé Crisse ou Carlos Trillo. Pour cet artiste espagnol qui a exercé différents postes (dessinateur, encreur ou coloriste) pour des séries diverses (Gene Simmons House of Horrors, Speed Racer, Doctor Who, G.I. Joe ...), la narration n’est pas un problème, les cases s’enchaînent très bien et la mise en scène est variée, multipliant les points de vue. Discussions, scènes d’action, objets du quotidien comme vaisseaux spatiaux, chaque case comporte son lot de détails et ne semble jamais vide sachant qu’étant en noir & blanc, le joker de la colorisation n’est pas utilisé.
The Advance Team n’est donc pas le récit qui bouleversera le cours des comic-books. Le tout va parfois un peu vite mais, au final, l’histoire classique est très bien racontée et bien dessinée.
Pour acheter ce livre :
En VO :
Sur Amazon.com :
Sur Amazon.fr : (Un peu cher sur Amazon, le bouquin vaut carrément le coup sur le Marketplace)