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Monty Python, petit précis d’iconoclasme

lundi 21 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Patrick Marcel / Les moutons électriques)


Qu’est-ce qu’un petit précis d’iconoclasme ? Si on croit le dictionnaire, il s’agirait d’un "ouvrage qui expose brièvement l’essentiel du courant qui cherche à détruire tout ce qui est attaché au passé, à la tradition". Du coup, avouons que le livre a un titre plutôt inexact. Pourquoi ? Parce que, à mon humble avis, si les Monty Python sont précurseurs dans leur genre humoristique, si ils ont eu bien des soucis avec
les conservateurs britanniques, ils ne cherchent pas forcément la destruction des codes précédents mais plutôt une évolution, une appropriation de choses qui les ont tous ravi quand ils étaient plus jeunes.
Mais ça n’est pas par la jeunesse des Python que démarre le livre de Patrick Marcel. Non, pour être plus explicite par la suite, l’auteur va tout d’abord démarrer par l’époque de la seconde guerre mondiale qui va créer les pères spirituels des auteurs de "Sacré Graal" ainsi que par la présentation de deux grandes écoles anglaises (Oxford et Cambridge) dont les grands comédiens sont souvent sortis. Arriveront ensuite John Cleese, Graham Chapman, Michael Palin, Terry Jones, Eric Idle et Terry Gilliam.

Les six ne sont pas encore retrouvés et n’ont pas encore formé le Flying Circus mais cela arrive dans le chapitre suivant, ça tombe bien. L’occasion de voir comment la série télévisée a été créée, comment elle a évolué et comment l’équipe fonctionne dans une admirable expérience de démocratie qui fait que seuls les bons sketchs sont choisis pour l’émission. Chacun des processus est raconté avec une belle écriture qui apportera un lot d’informations énorme pourtant mis en page de façon très claire et logique. On continue donc de suivre les Python chronologiquement avec seulement une petite parenthèse sur les produits dérivés (disques, livres, ...) que produiront les comiques dès la fin de la seconde saison de leur série télé. S’il y a bien quelque chose qui sort les Pythons du lot, c’est qu’ils sont ouverts à tout, sont souvent plus que des comiques (et ont très tôt des envies qui dépassent le simple fait de faire rire le public) et ont envie de créer dans tous les domaines qui soient. Ce qui ne sera pas non plus sans créer quelques tensions avec la BBC elle-même ou entre collègues de travail.

Le petit précis continuera ensuite sur les deux autres saisons de la série qui montre qu’avec les envies individuelles, le groupe ne peut pas tenir dans le format qui les a popularisé. On arrive donc aux trois films des Monty Python : Sacré Graal, La vie de Brian et le Sens de la Vie. Chacun aura droit à son chapitre et chacun sera encore garni de nombres d’anecdotes passionnantes qui montreront que Gilliam, en tant que réalisateur, n’a pas attendu de faire ses films lui-mêmes pour que leur réalisation ne soit pas loin du cauchemar. Pour finir, il sera question de la mort de Graham Chapman (qui n’est qu’une des raisons pour lesquelles le Monty Python a cessé de fonctionner) et de voir comment les autres membres ont géré leur carrière ainsi que l’existence d’héritiers probables.

Patrick Marcel (traducteur de romans d’Alan Moore et de Neil Gaiman entre autres, chroniqueur sur Superpouvoir ancienne version) m’a donc convaincu avec ce guide, je le rappelle, très riche en informations (je ne connaissais ni le génie de Chapman dans le groupe, ni la starification de Cleese pre-Python, ni le fait que les comiques bossaient essentiellement deux par deux) qui garde un ton léger voire même humoristique même si le but n’est pas de faire rire le lecteur. A moins d’être un ultra-fan des Monty Python et d’avoir déjà lu les différentes biographies, autobiographies, livres sur le sujet (qui ne sont pas si courants en français), ce petit précis d’iconoclasme est tout simplement un formidable moyen de briller en société et de passer un bon moment de lecture.


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