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Xenoholics #1-5

mercredi 9 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Joshua Williamson / Seth Damoose)


Bob est un Xenoholique. Pour lui, tout commence quand il est obligé de prendre le service d’un de ses collègues et en bon flic qu’il est, il rend service. Tout ça pour se retrouver devant une soucoupe volante, se faire embarquer par des extra-terrestres et subir quelques expériences qui impliquent la présence de sondes. Forcément, quand il retourne sur Terre, personne ne le croit, à commencer par sa femme qui décide de le quitter aussi sec. Voilà comment Bob se retrouve dans une réunion qui ressemble fort aux Alcooliques Anonymes mais avec des extra-terrestres à la place de la divine bouteille. Parmi ses camarades de jeu, il y a Maven un boxeur hors-pair ; Junior, un militaire ayant servi en Afghanistan ; Paige, une femme au foyer ; Ginger Glory, la rock-star et Kyle, dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’il pianote sur son ordinateur. Chacun d’entre eux a vécu des choses différentes avec diverses espèces d’aliens et le professeur Campbell tente de les aider à gérer leur "enlèvement". Mais quand des crop circles sont tracés dans le bitume de Manhattan, les choses prennent une tournure particulière, avec deux hommes qui se disputent la véracité et l’origine des faits : Xander Hall, défenseur de l’existence des E.T. et Robert Maze, scientifique sceptique de nature.

L’arrivée des crop circles ou plutôt des concrete circles (des cercles de béton) déclenchent toute une série d’événements à commencer par la disparition du professeur Campbell. Nos héros seront même pourchassés par d’étranges Men in White mais ça n’est pas leur plus gros souci. En réalité, beaucoup d’entre eux pensent avoir été enlevés par des aliens mais ne peuvent pas en fournir de preuves formelles si ce ne sont leurs propres souvenirs. Par contre, ils ont tous un bon paquet de casserolles à traîner qui pourraient diminuer la confiance qu’on leur donne.
Joshua Willamson, scénariste ayant officié chez Dark Horse, Oni Press, Image ou encore DC (Superman/Batman, Voodoo période New 52, ...) et Marvel (des back-ups pour Incredible Hulk), décide de prendre une poignée d’individus dont l’équilibre psychique est très fragile et de les confronter à la réalité de leurs fantasmes. De quoi en rassurer certains et faire peur à d’autres, de quoi détruire des vies ou bien leur donner un sens. De ce côté-là, Williamson écrit une belle série de portraits de personnages qui ressemblent à des loosers mais qui n’en sont pas. L’idée de placer un journaliste parmi eux est bonne mais ne me semble pas vraiment exploitée durant ces cinq premiers numéros. Il y a bien sûr plusieurs petits twists au cours de l’intrigue mais j’avoue que ceux-ci me semblent un peu trop vite expédiés. En tout cas, les deux grands retournements de situations à la fin de l’arc valent le coup et permettent à ce premier arc de donner à la fois le sentiment d’intrigue complète et suffisamment d’ouverture pour permettre de publier une suite naturelle.

C’est Seth Damoose, le dessinateur de I Hate Gallant Girl, qui se colle au titre. Son style est très nettement différent des couvertures de Dan Duncan pas toutes très réussies. Je l’écrivais déjà pour Gallant Girl et c’est toujours le cas pour Xenoholics, Damoose a un trait véritablement cartoon qui m’a rappelé d’anciens épisodes de Leisure Suit Larry. Les personnages sont donc très variés et très expressifs, l’hystérie, la menace, le dédain, la joie et l’horreur sont représentés avec autant de talent. Il n’y a pas à proprement parler de grandes scènes d’action dans Xenoholics et si l’action arrive, elle dure rarement plus d’une page. Cela montre moins la puissance du trait de Damoose mais quand elle est là, on la voit.

Xenoholics est donc une bonne petite série, pas forcément renversante mais qui vous fera passer un bon moment. Espérons que le titre ait suffisamment de lecteurs pour pouvoir poursuivre l’aventure et éventuellement régler les points d’intrigue laissés en plan.


Pour acheter ce livre : (à noter que la couverture du TPB est signée Seth Damoose contrairement aux couvertures de la série)

En VO :

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