samedi 5 mai 2012, par
(DC Comics / Grant Morrison / Howard Porter & Mark Pajarillo)
Ce recueil contient les épisodes 22 à 26 et 28 à 31 ainsi que l’épisode 1.000.000. Le numéro 27 est apparemment scénarisé par Mark Millar et met en scène Eclipso si je ne m’abuse. Cela renforce l’impression que les Deluxe Editions ne reprendront que les épisodes signés Grant Morrison.

Les choses ont bien changé dans le monde de Michael Haney. Pourtant les choses ne sont pas différentes : les forces de l’ordre patrouillent et les gens comatent toujours devant leurs télévisions. Pourtant il manque quelque chose, quelque chose comme un super-héros en costume bleu et cape rouge avec un diamant sur le devant, rouge lui aussi, comme le slip par dessus les collants et les bottes. Le souci, c’est qu’il y a ce motif d’étoile récurrent. Une étoile avec un oeil unique qui le surveille et qui aimerait bien que Michael cesse de rêver à des super-héros.
Ailleurs, la JLA a fort à faire avec pas mal de monde qui s’endort et qui ne se réveille pas. L’inquiétude des gens les mènent à créer des émeutes sympathiques à gérer. Alors forcément quand le Sandman rend visite à l’équipe des super-héros car ils semblent être la solution au problème qui secoue le royaume des rêves, il va falloir gérer l’équipe avec finesse pour s’occuper de la menace sur tous les fronts.
Après cette aventure en deux parties avec Starro (qui n’a pas encore de nom), Morrison est obligé de passer par la case 1.000.000, un événement qui traverse tout l’univers DC et qui permet surtout d’introduire la Justice League Alpha (une JLA du 853ème siècle) ainsi que l’androïde Hourman qui sera à la fois la menace et le détenteur du destin dans les numéros suivants, dont l’attaque de l’Ultramarine Corps et la menace de la cinqiuème dimension avec des génies nettement moins cools que M. Mxyzptlk, ennemi de Superman dont la mission est plus d’embêter le monde que de le détruire.
On retrouve pas mal de choses intéressantes dans ces numéros de la JLA. Morrison traficote déjà avec des éléments qu’il reprendra plus tard sous diverses formes. L’ultramarine Corps refera son apparition dans le premier arc de JLA Classified ; il y a le concept de cité de superhéros, Superbia ; Orion et Big Barda des New Gods qu’on retrouvera dans Seven Soldiers of Mystery ou bien Final Crisis ; ou encore la cinquième dimension, qui relance le personnage de J.J. Thunder et de son génie (on les reverra dans la série JSA) mais aussi cette cinquième dimension qui dépasse tout ce que l’humain peut comprendre et qui ressemble à s’y méprendre à l’univers du créateur, contenant de fait un côté méta-comicquesque évident.
Si Morrison développe dès ses premières armes super-héroïques des éléments qui l’obsèdent, autant dire que ces numéros de la JLA sont loin d’être ce que le scénariste a écrit de mieux. Il est d’ailleurs qu’après 20 ans d’expérience, Morrison ne soit pas capable de fournir un récit fluide. Il y a encore des ellipses malheureuses, des passages de cases en cases qui sont loin d’être évidentes, des personnages qui se retrouvent à un endroit sans qu’on comprenne bien pourquoi. Bref, c’est loin d’être carré comme ce que Morrison peut fournir maintenant. Même si ces oeuvres actuelles sont complexes, il ne s’agit pas du même sentiment d’incompréhension dans ces numéros de la JLA.
A moins que ... à moins que le souci ne revienne à Howard Porter, dessinateur attitré de la série qui a nettement moins d’expérience que son scénariste. Je ne lui jetterai pas la pierre mais j’avoue que j’ai beaucoup de mal avec son style. Capable parfois de cases très stylées, ses personnages ont des visages que je n’apprécie pas du tout, dès que le cadre se rapproche d’eux et que les détails se font trop présents. Pour le reste, le dessinateur envoie de la puissance dès qu’il y a de la baston et les effets pyrotechniques sont nombreux, de quoi faire plaisir à l’amateur de grand spectacle même si les corps ne sont pas toujours au top de leur forme et que les poses sont parfois un peu forcée. Mark Pajarillo ne démérite pas même si son Superman montre un manque de pratique.
Au final, comme pour le volume précédent, le sentiment général est plutôt bon même s’il faut toujours un moment d’adaptation avant de rentrer dans le bain. Du Morrison donc mais du Morrison loin des grands jours.
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