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Malinky Robot

jeudi 3 mai 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Sonny Liew)

Ils s’appellent Oliver et Atari, ce sont deux enfants qui vivent dans San’ya, le quartier des sans-abris et des travailleurs journaliers de Tokyo, en 2024. Autant dire que c’est la débrouille qui permet à ces deux gamins de survivre. La débrouille, certes, mais aussi une famille au sens très large qu’ils se sont constitués et qui sont plus comme des amis qui s’entraident. Avec des adultes qui se souviennent de leur vie de gosses, Oliver et Atari ont au moins droit à un peu de reconfort auprès des "grands". Quand leur quartier sent plus mauvais que d’habitude, ils apprennent que la ville est en manque de poisson-puant, un poisson qui recycle pipi et caca rejetés dans les égoûts. Forcément, avec la surutilisation des fonds marins et les diverses pollutions, le poisson pensé comme très commun est en réalité en voie d’extinction. Alors quand les deux garçons réussissent à en pêcher un, c’est un peu comme s’ils pouvaient sauver l’univers ...

Je vous parle de Malinky Robot (petit robot dans une transposition légèrement inexacte du russe) depuis sa version française parue chez Bao en 2009 (en fait aux éditions Paquet). Ce n’est que l’année dernière que Malinky Robot a eu droit à une version en anglais chez Image Comics. Il n’y a que peu de différence entre les deux versions, celle en anglais bénéficiant d’un récit supplémentaire, New Year’s Day, aussi paru dans le tome 8 de Flight. L’anthologie est l’un des endroits où l’on a pu suivre les aventures d’Atari et Oliver puisque le tome 5 en contient aussi une partie. Bref, si le cadre de Malinky Robot semble complètement désespéré, c’est pourtant un mélange de rêves de gosse, de quotidien merveilleux et d’amitié qui nous est donné à lire. Si ça n’est pas toujours rose (cf les origines fantasmées de M. Bonbon par exemple), c’est toujours attendrissant qu’il s’agisse du petit robot de M. Nobisco, du visionnage d’un film de robots géants ou d’un ballon de football donné par un copain qui a réussi à se sortir du quartier.

Et puis il y a ce trait si particulier de Sonny Liew que vous avez pu avoir ailleurs (l’excellent My Faith in Frankie ou bien l’adaptation en comics de Sense & Sensibility) : comme des croquis qui seraient colorisés, les planches ont à la fois la finesse de multitudes de petits traits ainsi qu’une force et un dynamisme sans pareil. La colorisation façon aquarelle renforce le côté "doux" de toute la bande dessinée. Ceci étant, Liew ne se borne pas à son style et propose dans "Bicyclette" tout un faux journal de bande dessinées avec différents courants artistiques : manga indépendant, comics de super-héros, strips plus ou moins anciens (j’ai repéré les évidentes allusions à Little Nemo ainsi qu’à Calvin & Hobbes), l’artiste prouve qu’il est tout à fait capable de changer de style et prouve qu’il est avant tout un excellent artiste.

Bref, si vous n’êtes pas trop déroutés par le côté "recueil de nouvelles" de Malinky Robot, vous passerez un très bon moment avec Oliver, Atari, M. Bonbon et Tête d’épingle et vous vous ferez du bien aux yeux.


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