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Alpha Girl #1

mercredi 28 mars 2012, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jeff Roening & Jean-Paul Bonjour / Robert Love)

Judith Meyers est désormais quasiment une jeune femme. Clope au bec, une habitude qu’elle a prise chez la femme qui l’a "adoptée", elle va nous raconter comment le monde en est arrivé à sa perte : comprendre par là, qu’il est infesté de femmes ayant pris les armes ou plutôt les crocs et qui sont devenues des créatures à la limite du zombie. Tout cela débute dans une entreprise cosmétique dont deux scientifiques voient passer année après année leur chance de gloire, de notoriété et d’avancement. Alors qu’ils sont hautement qualifiés, on les replace dans le département "phéromones" où ils testent différentes choses. Après avoir vu qu’un de leur produit rend les cobayes très agressives et très fortes, ils se disent qu’en continuant d’expérimenter ils réussiront bien à trouver comment éliminer les inconvénients et ne garder que les avantages.

Voilà, ça y est, je vous ai raconté quasiment tout le premier numéro. Et c’est vraiment le gros souci d’Alpha Girl : on n’a en lisant ces 25 pages que le décor de l’action et pas ce qui va se passer. Si Judith Meyers paraît en bonne santé, c’est qu’elle est a priori immunisée au phénomène rampant mais quid d’autres femmes ? Quid de son frangin dont elle parle pour résumer sa vie ? Ça, on ne le saura qu’en lisant la suite. Alors que tout le monde se plaint de voir les ventes des comic-books baisser, il y a encore des auteurs qui tentent le diable en n’accrochant leurs lecteurs que sur le pitch de la série, même après un numéro entier. Heureusement, Alpha Girl a un style qui est plutôt porteur : le comique horrifique. On est bel et bien dans un récit de zombies mais de la façon dont la narratrice le raconte, il y a un second degré, une espèce de distance teintée d’humour noir qui fait que le tout est plutôt agréable à lire.

Au scénario de Jeff Roening, se marient les planches de Robert Love. Complètement raccord au niveau du style, le dessinateur va s’employer à faire une espèce de cartoon gore. Si les proportions des corps ne sont pas respectées, cela tient plutôt à un style particulier qu’à un manque de savoir-faire. Les personnages ont des expressions assez réussies et les personnages séduisants. Forcément, dès que le produit fait son effet, toutes les femmes prennent une allure véritablement menaçante qui est tout aussi réussie.

Alpha Girl est donc un comic-book horrifique agréable et rapide à lire. Dommage qu’il n’y ait pas un peu plus de matière dans ce premier numéro. Espérons que le reste du premier arc soit plus dense car si ça n’est pas le cas, je ne sais pas si on verra le bout de l’histoire.


Mes petits paris :

Envie de lire la suite ? Plutôt oui.
Parution de la suite ? Oui, au moins pour un premier arc.
Parution du TPB ? Possible mais je crois qu’il faut que la série connaisse un vrai succès pour qu’Image se laisse tenter par un recueil.
Traduction en français ? Non, je ne pense pas. Les histoires de zombies sur le marché français sont plus classiques que ça. Et il y a la question du style qui n’est sans doute pas du goût de tous.

P.S. Une petite recherche de la couverture me fait découvrir que le premier numéro de Alpha Girl est épuisé chez le distributeur. Espérons que ce soit un bon signe.

Lien : Le blog de Robert Love