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Batman & Robin : Dark Knight, White Knight HC

lundi 26 mars 2012, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Paul Cornell, Peter Tomasi & Judd Winick / Scott McDaniel, Patrick Gleason, Guillem March, Andrei Bressan, Greg Tocchini & Andy Smith)

Ce recueil comprend les numéros 17 à 25 de la série régulière. Il n’y donc que le numéro 26 à ne pas être compilé avant le reboot.

Un mariage qui tourne mal, les invités ont tous des battes de baseball, le prêtre a le marié avec un flingue dans le cou, bref tout ce beau monde est bel et bien armé, les petites boules à pointes remplaçant les confettis. Il ne manque plus que le dynamique duo pour son entrée en fanfare. Une entrée bien entendu prévue par les membres du mariage, le tout étant le chaînon plus ou moins final débutant par l’exhumation
du coups d’Una Nemo, l’une des anciennes maîtresses de Bruce Wayne mais comme celui-ci est au Japon, c’est à Dick et Damian de s’occuper de l’affaire.
A part ça ? Une fois qu’ils auront défait le mystère lié à Miss Nemo, ils devront s’occuper d’un vengeur d’une nouvelle trempe ainsi que de Jason Todd qui fait encore des histoires même en prison.

Que faire, que faire, quand quelqu’un comme Grant Morrison quitte un titre ? Un titre créé spécialement pour lui d’ailleurs. Deux possibilités s’imposent : arrêter le titre parce qu’on ne trouvera pas mieux ou tabler sur l’habitude du lecteur et tenter de capitaliser sur la création du nouveau titre. Devinez quelle solution ont choisi les pontes de DC ? Pourtant, le résultat est loin d’être désolant, même s’il est plus proche d’un Legend of the Dark Knight que d’un titre régulier. En effet, dans ce recueil, ce sont trois récits différents avec des équipes qui sont elles aussi différentes. Autant dire que ces formats s’imbriquaient parfaitement dans feue la revue LOTDK.

Pour The Sum of her Parts, Paul Cornell se rapproche des numéros précédents en écrivant une histoire ciblée le côté détective / énigme de Batman & Robin qui vont devoir suivre un raisonnement quelque peu alambiqué. Leur ennemi est aussi dans un contexte assez Morrissonien, inquiétant et plus fin qu’il n’y paraît. Le scénariste utilise aussi un peu d’humour qui est vraiment rafraîchissant et qui permet de montrer les liens qui unissent Dick Grayson et Damian Wayne.
Au dessin, c’est Scott McDaniel qui officie. Je ne suis pas un grand fan de l’artiste mais je lui reconnais une mise en scène efficace et quelques bonnes cases avec des idées sympas (voir Damian en train de siroter son thé est une image qu’on n’a pas l’habitude de voir souvent.)

S’en suit le récit éponyme au recueil, Dark Knight / White Knight. C’est Peter Tomasi qui écrit les trois numéros, attendez-vous donc à une ambiance plus pesante avec un taré qui transforme des innocents en anges. Si le contraste entre Batman et son nouvel ennemi est particulièrement bien fichu, le fait que ce soit moins détendu m’a un peu gêné. Ceci étant le récit est lui aussi très solide, logique et créé un nouvel adversaire qui peut s’avérer redoutable.
Patrick Gleason (artiste vu sur Aquaman ou sur Green Lantern Corps) se charge des planches et celles-ci sont fort réussies, le White Knight ayant droit à quelques superbes moments avec son arbre géant. On voit que l’artiste tente des choses sur certaines cases. Ça n’est pas toujours réussi mais on voit qu’il y a du boulot et de l’expérimentation. Un dessinateur à continuer de suivre très attentivement.

Pour terminer, The Streets Run Red reprend l’un des personnages du run de Morrison en la personne de Scarlet, une jeune fille qui a vu son père tomber sous les coups de feu de Mr Pyg qui a eu droit au traitement "poupée freak" du vilain. Cette jeune fille est enlevée pour faire sortir Jason Todd de son trou. Et de trou, il en est bien question puisque le second Robin est tout de même en train de moisir à l’asile d’Arkahm. Judd Winick signe un récit classique et très porté sur l’action avec un Red Hood des plus efficaces, même sans armes. La mise en scène est parfois un peu facile (Todd peut éliminer des prisonniers sans jamais déclencher une alarme) mais le tout se laisse lire.
D’autant que les artistes à bord sont loin d’être des manchots. Guillem March a déjà fait ses preuves (notamment sur Gotham City Siren) et est soutenu par un Andrei Bressan dont le style est vraiment homogène. On remarque que c’est un poil moins bon mais de pas grand chose. Là encore, un dessinateur à suivre s’il arrive à trouver son propre style. Malgré le fait que Greg Tocchini ne réalise pas tout le boulot graphique, il ne peut pas se charger des deux derniers numéros seuls. On voit bien qu’il a besoin de plus de temps si on veut avoir un résultat proche de celui de Last Days of American Crime. Ici, c’est nettement moins précis, notamment au niveau de l’encrage. C’est parfois un style qui fonctionne bien, parfois pas du tout. Pour finir, Andy Smith a quatre planches qui sont pour le coup, complètement pas dans le même ton. Étant donné qu’il s’agit de la conclusion du récit, c’est moins embêtant à la lecture que si son passage était arrivé en milieu de numéro.

Dark Knight / White Knight est donc une lecture agréable avec des côtés différents et complémentaires du duo que nous connaissons. Les complétistes en seront par contre pour leurs frais puisque DC a décidé de faire l’impasse sur le numéro 26 de la série qui est le dernier avant le reboot. Quand on sait qu’il y a des planches de Greg Tocchini, on comprend que le numéro avait sa place dans le recueil. Gageons que DC ne pouvait pas réaliser un bouquin avec 20 pages de plus tout en restant rentable. Dommage.


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