vendredi 27 avril 2012, par
(Vertigo / Douglas Rushkoff / Goran Sudzuka)

Aux Etats-Unis, il y a des conventions pour tout : films, comics, jeux vidéo, parfois même les trois en même temps. NextGen est une compagnie qui se consacre surtout au jeu vidéo façon FPS avec des enfants formés pour devenir des super-stars du domaine. Et visiblement, tout cela fonctionne. Enfin, à peu près. Car si Lionel et ses camarades de jeu signent moult autographes, le garçon reçoit des messages parasites quelque peu étranges. Quand on pense que cette sortie est la première des ados parmi les "Realworlders", on peut aussi comprendre qu’ils se sentent un peu décalé. Car les joueurs de NextGen ont un but dans la vie, devenir star pour enfin avoir accès au monde réel et rencontrer en chair et en os, ses vrais parents. Être bébé-éprouvette n’est pas toujours facile. Bien entendu, NextGen avec toutes ses jolies promesses a des buts bien plus réalistes et profite des jeunes gens ainsi que du docteur Wasseman qui va, elle, tenter de protéger le plus possible de ses "enfants".
Douglas Rushkoff est qualifié de "media-theorist" et il est l’auteur du déjà très techno Testament. A travers A.D.D., il prend le concept très répandu des FPS dont les tournois se retransmis sur grand écran avec un public très féru de ce genre d’animations. Si ça n’est pas encore très populaire chez nous (quoique des chaînes comme GameOne a diffuser des émissions matchs de ce type), ça l’est par exemple chez nos voisins asiatiques chez qui les joueurs sont de véritables stars. Et à ce concept très réaliste, il branche une histoire de bébés éprouvette qui développent des facultés spéciales, comme le héros de cette histoire, plus doué que les autres, qui voit à travers les messages de ses patrons, ce qu’il se passe réellement dans la vie. Si Rushkoff utilise un peu le concept d’Invasion Los Angeles (film de John Carpenter, datant de 1988), il réussira tout de même à créer un petit peu de nouveauté grâce à un final réussi où les choses ne sont pas ce qu’elles laissent paraître. Au petit jeu du retournement de situations, le final sera un joli exemple de bonnes idées s’entre-choquant pour former un tout cohérent et assez cynique, l’image prométhéenne étant très forte.
Si le nom de Goran Sudzuka vous dit quelque chose, c’est normal : le dessinateur a eu à certains moments la charge de dessiner des épisodes de Y The Last Man (damned, rien écrit sur cette superbe série, il faudra que je rattrape ça un jour). Sachant qu’il s’encre lui-même ou avec le concours de Jose Marzan, Jr (aussi sur Y), il n’y avait aucune raison de s’inquiéter sur la qualité du boulot. Et au final de la lecture non plus, c’est du bon boulot, assez classique, dont l’encrage au départ m’a un peu dérouté (trop gras à mon goût avec un effet de flou pas super plaisant) mais qui s’améliore par la suite. Dommage, que la colorisation soit si plate et n’arrive pas à relever de très jolis dessins. A la limite, ç’aurait carrément pu être du noir & blanc que ç’aurait été aussi plaisant.
A.D.D. est donc un récit d’actualité, avec beaucoup de références mais loin d’être un plagiat, le tout étant finement utilisé pour développer d’autres messages. Il y a de quoi réfléchir pendant et après sa lecture. Pour lecteurs aimant donc les petites prises de tête (le verbiage des membres d’A.D.D. est assez particulier au début du bouquin).
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